L'expérience Sony Reader : les ebooks et la lecture

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Rédigé par Florence Trocmé, le mardi 04 novembre 2008 à 11h00

À la question souvent posée : que contient votre liseuse, je répondrai que j’ai téléchargé ou enregistré trois types de documents :

Quels textes sur la liseuse ?


Des textes de référence du passé, de ces textes dont on dit qu’ils sont livres de chevet et dont on pourrait dire aujourd’hui qu’ils sont livres de liseuse. Ces grands textes que l’on reprend toujours, ou bien ceux à côté desquels on est passé et qui semblent ici trouver une nouvelle chance : cela va de Rabelais à Proust en passant par Montaigne, La Fontaine, Balzac, Nerval et bien d’autres au fur et à mesure des trouvailles ici ou là, sur le net (Expériences les plus concluantes avec Feedbooks, mais aussi le domaine public de publie.net – récupération de certains fichiers Gallica/BNF mais à condition de les reformater). Il existe par ailleurs de très nombreux sites proposant des ebooks gratuits.

Deuxième catégorie, et de loin la plus importante, la plus nécessaire, celle qui à elle seule justifie l’achat et l’usage de la liseuse, les fichiers personnels. Tous ces textes reçus par le mail, envoyés par des amis, poètes, écrivains (manuscrits, travaux en cours, notes, extraits de journal, etc.), ces fichiers récupérés sur le net dont on pressent qu’ils sont importants, mais qu’on ne peut lire en ligne (pour des raisons de temps souvent, mais aussi parce que finit pas s’installer une intense fatigue, de la position assise, des yeux, de la lecture verticale). Ces fichiers-là sont envoyés directement (parfois après formatage, j’y reviendrai) sur la petite machine à lire.

Peu de téléchargements payants

Enfin, last but not the least, mes seuls téléchargements payants : les livres publiés par publie.net qui depuis janvier 2008 s’est lancé dans l’aventure qu’est la création d’une vraie maison d’édition électronique (ce qui implique choix des textes, travail avec l’auteur, mise en forme, etc.), publie.net qui propose déjà un nombre impressionnant de textes importants qui n’auraient peut-être pas été publiés ou dans très longtemps. Textes de créations, notes de travail, essais, articles anciens et introuvables, etc. Je lis ainsi depuis hier un remarquable ensemble du poète et traducteur André Markowicz. Et le site Poezibao que j’anime, a publié une importante note de lecture d’Antoine Emaz sur La Voix de la mer de Jacques Ancet.

Je me refuse totalement à acheter sur les grands sites marchands des livres électroniques qui sont proposés à un prix à peine inférieur au prix du livre papier, alors que l’éditeur n’a plus à supporter les frais des postes impression, papier, diffusion/distribution. Par ailleurs, la réflexion sur la lisibilité et l’adaptation aux différents supports semblent encore indigentes chez la plupart des grands éditeurs. Là encore, l’expérience de publie.net a quelque chose d’exemplaire et de profondément novateur : les textes sont proposés en différents formats et l’éditeur assure une veille permanente sur cette question fondamentale de la forme matérielle à donner aux fichiers électroniques.

Beaucoup de livres dans un tout petit volume

Le choix des textes installés sur la liseuse n’est donc pas affaire de nature ou de longueur. Ce qui incite à y enregistrer des textes, c’est qu’ils deviennent ainsi d’accès plus facile et bien évidemment tout particulièrement pour lire en dehors de l’écran ce qui n’est disponible que sous forme électronique. Avoir à disposition dans un tout petit volume que l’on ne quitte plus, un nombre considérable de ressources, de données, de fichiers… (La fameuse question du choix pour l’île déserte s’en trouve transformée !).



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Aldus

Mardi 04 nov 08
à 15 h 25


Même constat que vous Florence, après plusieurs mois d'utilisation du Sonyreader, mes deux lecteurs occupent maintenant la moitié de mes lectures ; le même rapport qu'avec des livres finalement. Compensant la faiblesse de l'offre actuelle et les prix (que je trouve comme vous ahurissants), je formate rapidement d'importants articles trouvés sur internet (trop longs) que je ne lisais jamais auparavant, dont je décalais la lecture et que j'oubliais purement et simplement. Ma compagne est aussi devenue une inconditionnelle !
Rafaelle

Mardi 04 nov 08
à 16 h 50


merci pour cette analyse très complète sur le Reader de Sony. J'hésite à en acheter un mais cet article m'a plutôt convaincue. Néanmoins les réflexions sur le plaisir de tenir un livre réel ont trouvées un écho en moi et me paraissent très pertinentes. C'est sans doute une dimension différente de lecture.
Rafaelle

Mardi 04 nov 08
à 16 h 50


merci pour cette analyse très complète sur le Reader de Sony. J'hésite à en acheter un mais cet article m'a plutôt convaincue. Néanmoins les réflexions sur le plaisir de tenir un livre réel ont trouvées un écho en moi et me paraissent très pertinentes. C'est sans doute une dimension différente de lecture.
Vincent

Mercredi 05 nov 08
à 18 h 42


Bravo pour l'anlyse et en tant qu'éventuel acheteur merci.

Vincent
Maiashona

Jeudi 20 nov 08
à 13 h 27


Bonjour,
L'achat d'un tel objet m'intéresse, essentiellement pour lire des articles récupérés du web. J'ai pu lire que vous formatiez ce genre de fichier. En quel format et comment? La lecture est-elle agréable pour ce type de fichier (peut-on grossir par exemple les caractères?). Merci pour vos différentes contributions.
Salilus

Vendredi 06 mar 09
à 23 h 50


Bonjour,

Je suis également l'heureux possesseur depuis quelques mois de la "liseuse" Sony PRS-505. Je découvre tous les jours les capacités extraordinaires de cette petite machine sympathique.

J'ai effectué quelques recherches sur le formatage des textes que j'intègre dans la PRS-205. Le résultat que j'obtiens aujourd'hui me semble très bon.

J'utilise essentiellement le format pdf, généré avec le logiciel LaTeX, mais Open Office (ou Word avec une imprimante virtuelle pdf) devrait permettre d'obtenir un bon résultat.

L'optimisation semble être obtenue avec les données suivantes :

format 90mm x 120 mm
Marge 0,375
Helvetica (ou Arial) 12 pts
Espacement entre lignes 14,5 pt

Je transfère mes fichiers sur le PRS-505 à l'aide du logiciel (gratuit) CALIBRE, qui fonctionne autrement mieux que le logiciel SONY, et sous tous les systèmes d'exploitation courants (Windows XP, Mac OS X ou encore Linux).

Je tiens un fichier exemple à votre disposition pour le tester sur votre liseuse.

Bien cordialement
Bibi

Samedi 28 nov 09
à 12 h 14


Je travaille chez un petit éditeur et il faut savoir que l'on ne récupère que 30% du prix de vente HT, de ce 30%, 8% en moyenne correspond à l'auteur, il en reste donc 22% pour faire vivre la maison, et pour payer la diffusion, distribution, dépenses administratives, etc, etc.

L'e-book doit tenir compte de ces dépenses, c'est pour cela que l'on diminue de 30% seulement (frais d'impression), car toutes les autres dépenses restent les mêmes.
Autre précision, le livre que l'on compose sur Quark ou Indesign n'est pas celui que l'on trouve sur nos readers. Le processus de conversion au bon format et le rajout de protections diverses est lui-aussi très cher.

Pour une petite maison, le prix que vous voyez est exactement celui qu'il faut pour qu'elle puisse survivre, il faut le garder en tête.