Éditeur indépendant : du sacerdoce aux réalités du métier

Rédigé par Dominique LIN, le lundi 29 juin 2009 à 16h08

Les nouvelles tombent comme la grêle sur de jeunes pousses. Chaque jour ou presque, le monde de l'édition montre une nouvelle fissure, fait entendre un craquement, et ce n'est qu'un début. Billet proposé sur le site des Editions Élan Sud.

Des stratégies mercantiles

On avait déjà connu cela dans le monde de la musique ou du cinéma. Les Majors se battent à coup de rachats de catalogues, de prises de capitaux les uns chez les autres, de fuite en avant avec des sorties de titres de plus en plus nombreuses, bref, un scénario très classique de guerre commerciale, le tout sur fond de "littérature".

Il y a eu les transferts, identiques au monde du football. Certaines expériences ont défrayé la chronique lorsque tel éditeur a sorti un à-valoir de 150 k€ et un engagement de 80 k€ de publicité à un auteur dont le roman attendu ne s'est vendu qu'à 5 ou 10 000 exemplaires…

Certains éditeurs lancent des premiers romans comme on jette un bébé inuit dans l'eau glacée à la naissance où seuls les plus forts résisteront. Pas de corrections, pas de direction littéraire, on inonde le marché, on occupe les tables des libraires. Certains ont tenté le livre politique ou people, pensant qu'avec la couverture médiatique et un arrosage à 50 000 ex, la partie serait jouée… flop, flop, flop, 600 exemplaires vendus !

Courir, toujours courir, tête baissée, quitte à se prendre le mur

Et c'est ce qui se passe actuellement. Redressements judiciaires, liquidations, et pas chez les moins connus. Je pourrais les critiquer pour mauvaise gestion, pour erreurs de stratégie, pour course au tirage, mais ce serait trop facile. Toute guerre économique fait des victimes, et l'adage : « il n'y a que les bons qui restent » est totalement faux, si économie rimait avec déontologie, cela se saurait !

À trop tirer, ça casse


"La crise" est passée par là. On peut tirer un marché, on peut essayer de le tendre au maximum, mais un jour, l'élastique craque et certains en prennent plein la figure.

Le marché du livre est exactement le même que n'importe quel marché. Ce ne sont pas toujours les producteurs - créateurs - qui gagnent le plus, mais les grossistes et les intermédiaires. Actuellement, chez les éditeurs de petite taille - les indépendants -, la tendance est à se défaire des diffuseurs, dont certains tentent de dicter aux éditeurs la marche à suivre, d'autres imposent des quotas, pratiquent des tarifs exorbitants, rallongent les échéances de paiement… sous prétexte que sans eux, impossible d'être visible en librairie. Alors, les éditeurs, devant la - soi-disant - seule porte d'entrée des librairies, se laissent entraîner, tirent à des dizaines de milliers d'exemplaires pour des mises en place nationales, pour, au bout du compte - parfois un petit mois après-, rapatrier entre 50 et 80 % des titres ! Frais de port aller, stockage, distribution, frais de retour, on est vite dans le rouge. Tout cela sans compter les faillites de certains diffuseurs qui laissent derrière eux de k€ de dettes aux éditeurs, de quoi les faire plonger.

Tirer sur les diffuseurs n'est pas non plus la solution. Chacun se bat comme il peut sur ce marché, chaque entreprise pratique la politique qu'elle veut.

Une piste : la prudence


Une maison d'édition indépendante de petite taille doit garder les yeux ouverts. Bien sûr, chacune aimerait être visible, en première place sur les tables ou sur les gondoles. Chacune voudrait que le dernier titre fonctionne, dépasse les 5000 ex, tremplin vers la réussite, la reconnaissance, et, de là, la possibilité de passer à 10 ou 20 000 ex.

Mais avant tout, une maison d'édition doit impérativement garder une ligne éditoriale claire, cohérente et limitée à son savoir-faire. Beaucoup ont cru qu'en sortant des titres dans tous les genres, elles arriveraient à percer dans un ou l'autre. Erreur, cinq collections, c'est suffisant, plus facile à identifier, à construire, à étayer.

Lorsqu'on annonce un tirage de 1000 exemplaires, certains pensent que c'est trop peu : faux !


Il vaut mieux être très bien implanté sur un secteur restreint que de se retrouver en fond de librairie dans toute la France. Sortis de la poignée d'auteurs visibles dans les médias, les autres sont obligés d'être sur le terrain : signatures en librairies, salons du livre, conférences publiques. Ils doivent construire un lectorat, garder le contact avec lui, et cela prend du temps. Si les lecteurs acceptent deux premiers romans avec bienveillance, le troisième sera l'étape décisive, la bascule vers le rejet ou la reconnaissance, à moins que ce ne soit le quatrième ou… le huitième !

Privilégier le long terme


Voilà pourquoi, un éditeur doit privilégier la qualité et le long terme, à moins qu'il ne fasse dans l'éphémère, l'événementiel, le spectaculaire*. Lorsqu'il accepte un auteur, un éditeur mise sur lui, on peut même dire qu'il investit. Le premier roman ne sera pas rentable, à peine le deuxième. Un contrat d'édition va bien plus loin que les termes techniques et financiers. C'est un pari que tiennent les deux parties : l'auteur et l'éditeur. C'est le début d'une aventure qui ne peut être gagnée qu'à deux. Si être éditeur relève du sacerdoce, passer d'auteur à écrivain prend du temps, de la volonté, de la maturation - sans oublier le talent.

Sur 1000 manuscrits reçus, deux peut-être seront éditables, après un travail de plusieurs mois avec l'auteur. Il ne s'agit pas d'éditer « le livre d'une vie à l'intention de ma belle-mère », mais de savoir si l'auteur est prêt à se remettre en question, à entamer un parcours dont personne ne connaît la destination finale.

Une petite maison d'édition sort entre 5 et 20 titres par an, dont une majorité est issue des auteurs de son catalogue.

éditeur en 2009, 201…

Certains noms de l'édition, gravés dans la mémoire collective, riment avec engagement. Il suffit de voir la liste des auteurs qu'ils éditaient dans les années cinquante à soixante-dix pour s'en rendre compte. Ils ne sont plus là ou ont changé de stratégie. Même si le temps n'est plus aux grandes idées, l'engagement pour un style est encore très compliqué.

Quand je lis dans certaines revues que le marché du livre se porte bien… je me demande lequel. Sur la quantité, peut-être, dans quelques niches sûrement. De quel marché parlent ces chroniqueurs ? Celui des offices en rotation permanente ou celui de la Littérature ?

Cela n'empêche pas les journalistes en quête de sensationnel de titrer :
  • Les éditions Anne Carrière en redressement judiciaire ;
  • L'ancien éditeur de Paulo Coelho au bord de la faillite ;
  • Après les éditions du Rouergue, Actes Sud serait en train de racheter les éditions de l'Aube ;
  • De nouveaux licenciements dans le monde de l'édition ;
  • L'éditeur Pan Mcmillan va mettre 64 employés à la porte ;
  • L'éditeur Panama serait en cessation de paiement ;
  • Des plans de restrictions budgétaires chez Simon & Schuster, Houghton Mifflin Harcourt et Thomas Nelson ;
  • etc.
Alors, il est peut-être plus facile d'être petit éditeur aujourd'hui, enfin, moins difficile que d'avoir à se battre à coup de millions d'euros. Habitué à courber l'échine, à gagner chaque millimètre de terrain "à la main", le petit éditeur verra moins de fluctuations que le gros. Comme dans toute grande période difficile, beaucoup vont disparaître.


Deux lignes vont se démarquer : celle du classique, du long terme, du verbe, du style et celle de la technologie, de l'effet médiatique, de la marche forcée. Ces deux lignes existent déjà, mais la césure sera plus prononcée. Les auteurs en feront les frais, à chacun de choisir son "camp". Il ne sert à rien de se plaindre, de regarder en arrière. Nous sommes en 2009, le siècle se met en place, il faut vivre avec, participer à sa construction. Il faut continuer de parier sur les valeurs qui nous animent, ce sont les seules qui nous aideront à avancer, à accepter l'adversité.

L'histoire est immuable

Quand certains ont les chiffres pour objectif, d'autres préfèrent la lettre ; l'éternelle dualité de l'avoir et de l'être.

En fait, rien n'a changé, si ce n'est le décor…


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* Quelques caricatures contemporaines…
7 millions $... Pour savoir comment GW Bush a choisi d'envahir l'Irak, de traquer Oussama - qui court encore - et d'arrêter de boire (?)... voilà une somme rondelette !

Une nouvelle tendance outre-Manche : la télé-réalité version "littérature" :
ITV.com : Si quelqu'un vous a dit - "il ya un livre en vous" -, alors vous pouvez entrer dans la compétition. Nous voulons des histoires que vous aimeriez partager avec le public britannique dont la source d'inspiration est issue de la vie réelle.
Le gagnant signera un contrat d'édition avec une avance de vingt mille livres. Tout ce que vous avez à faire pour participer est de nous écrire - nous en dire un peu plus sur vous-même, quelques pages de votre histoire et de soumettre plus de cinq mille mots décrivant certains des événements fascinants que vous avez vécus.
S'en suivra toute une série d'émission, à mi-chemin entre la Star'Ac et le Loft, où les auteurs (et leur écriture) seront mis à l'épreuve d'un jury, face aux caméras.


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AMAROUCHE

Vendredi 26 jun 09
à 09 h 07


Bonjour !

La littérature n'est pas cette ligne droite qui part d'un point A à un autre point B. "Rien ne sert de courir, il faut partir à point" dit la fable de La Fontaine.

Je vous remercie pour cette information sur votre existence d'editeur indépendant. Publiez-vous à compte d'auteur ou d'éditeur. Je n'ai pas les moyens de contribution financière à la publication. Comment faire pour être pris en charge par vous ?
Si vous voulez me lire, allez-y sur http://www.alas.blog.mongenie.com /> La recherche des souvenirs légendaires et des mémoires en tant que matière première participent à la création artistique littéraire et historique.

Bonjour à vous et à toute la rédaction,

Je réagis à votre article à propos de la petite édition, et en particulier sur ce passage : " Alors, il est peut-être plus facile d'être petit éditeur aujourd'hui, enfin, moins difficile que d'avoir à se battre à coup de millions d'euros. Habitué à courber l'échine, à gagner chaque millimètre de terrain "à la main", le petit éditeur verra moins de fluctuations que le gros. Comme dans toute grande période difficile, beaucoup vont disparaître."

Deux éléments sous-jacents à peine contenu par le vocabulaire employé me gêne beaucoup :

Tout d'abord - comme d'habitude - le côté terroir du petit artisan qui aime à cultiver son pré carré et qui vivrait, à vous lire, d'amour et d'eau fraîche, mais âpre à la tâche. Relisez cette phrase à la lueur de la métaphore agricole : Habitué à courber l'échine, à gagner chaque millimètre de terrain "à la main".

Désolé, mais ce faisant, vous véhiculez les mêmes clichés que l'on nous serine à longueur de salons ou d'interviews journalistiques : "Comment ? Vous êtes en PROVINCE et vous vous intéressez à la littérature ? Comme c'est étonnant..." ou bien, et cette remarque est véridique (salon du livre de Paris 2008) : "Mais enfin, si vous êtes tous des éditeurs de Bourgogne, vous devriez faire des ouvrages qui se ressemblent, ce serait bien plus facile de s'y retrouver, là, ça part dans tous les sens !"
Sans commentaire.

Quant à la vie plus facile, j'en connais beaucoup de ces éditeurs qui ont choisi la liberté de faire l'édition, avec cette passion viscéralement attachée au corps, et qui se sont retrouvés à travailler avec deux plein temps, et ne croyez pas que ces activités annexes soient toujours reluisantes : nettoyer les aires d'autoroute en 2x8, décharger des camions à quai, le tri du courrier la nuit, ceux qui s'en tirent le mieux ont pu être gardien de nuit. Et je ne parle pas de la chaîne, de l'usine.
Oui, l'édition est un secteur professionnel intellectuel et commercial, mais qui ne suscite pas, loin s'en faut, toutes les attentes que l'on serait naïvement en droit d'attendre. Et pour maintenir la maison à flot, que de sacrifices !
Est-ce qu'un seul de ces grands éditeurs a hypothéqué sa maison pour un livre auquel il croit ?

Autre chose en ce qui concerne les spécialisations, les collections : Vous avancez le chiffre de 5 spécialisations. C'est beaucoup trop.
Durant le printemps des éditeurs, et même au cours des années 1970, la moyenne n'était pas de 5 mais de 4,7, en pleine croissance.
Au début des années 1990, ce chiffre de spécialisation s'est affiné pour se réduire à 2,8 !

La crise nous oblige à nous recentrer sur nos fondamentaux, tout à fait. Quant à l'approche de la diffusion et de la distribution, le problème n'a JAMAIS changé en ce qui concerne la petite édition. Rien de bien neuf sous le soleil : regardez l'exemple d'Hypérion.

Je l'ai dit, j'ai déjà correspondu plusieurs fois avec d'autres membres de la rédaction et j'apprécie votre approche documentée et impertinente.

Au final, on ne comprend pas bien ce que vous désirez avancer d'autant plus qu'il y a des points maladroits qui nous hérissent FONDAMENTALEMENT.

L'édition est une et non seulement parisienne !
Je suis sûr que vous ne vouliez pas dire cela, mais je ne suis pas certain de ne pas le voir transparaître au travers de vos lignes.

Je vous souhaite une bonne continuation et ne prenez pas mal ce qu'un Zola aurait appelé "la belle humeur",

Bien cordialement,

D. DEMARTIS
Philippus

Vendredi 26 jun 09
à 12 h 59


Bonjour
Internet remet de l'ordre dans tous les systèmes de distribution, chaque créateur bientôt pourra gérer seul de chez lui sa création initiale jusqu'à la livraison en limitant les intermédiaires. L'auteur et le lecteur seront en direct dans cette chaîne professionnelle, et enfin ce seront les lecteurs qui feront enfin le marché et qui diront ce qu'ils veulent, ce qu'ils aiment, ce qu'ils pensent, et qui feront les vrais prix littéraires.
Regardez le e-commerce dans de nombreux autres secteurs et ce qui se passe depuis des années, et qui prend de plus en plus de parts de marché chaque année....
Philippus
Diogene

Vendredi 26 jun 09
à 15 h 39


Très, très bon article. La fin me gênant un peu.

"Deux lignes vont se démarquer : celle du classique, du long terme, du verbe, du style et celle de la technologie, de l'effet médiatique, de la marche forcée. Ces deux lignes existent déjà, mais la césure sera plus prononcée. Les auteurs en feront les frais, à chacun de choisir son "camp".

Pourquoi choisir alors que les 2 peuvent cohabiter. Un éditeur indépendant (donc petit mais les regroupements peuvent se faire) peut maintenant seul, piloter une maison d'édition classique (tirage papier) et moderne (usage global de la technologie dans la fabrication du livre mais AUSSI de la gestion de sa maison, ET du markéting)

Il n'y a aucun problème et les outils logiciels sont la gratuits ET libres qui plus est (voir l'excellent logiciel l'oeuf ou la poule entres autres mais aussi tout outil que l'on peut trouver sur Framasoft) l'ordi de base, l'imprimante et le scanner peuvent se trouver a moins de 1000? le lot. Il faut juste des auteurs (bons) du temps et surtout un emploi sur. Car ce n'est pas avec cette maison d'édition que vous deviendrez riche ou que vous pourrez vivre de cette passion. ET C'EST TANT MIEUX !

On peut désormais avoir une passion libérée du fric... Éditer au compte goutte pour le plaisir travailler avec un auteur ou cinq max et les suivre pas a pas, les aider, les voir s'épanouir. En musique le divorce est depuis longtemps consommé, on trouve pleins de groupes qui donnent leur mp3 sur le net et se font un peu de flouze sur les concerts (http://www.thewoodsmen.net/ par exemple...)

En littérature on peut éditer virtuellement (pdf et consorts), en lecture immédiate (flash) avec son et images ou une écriture ADAPTÉE (putain relisez la maison de feuilles de Danielewski !) et faire imprimer a petit tirage ou mieux en impression a la demande (vous libérant du même coup des chaines de distributions et des librairies peu accortes - on peut bosser avec les sympas et les indépendants -, a vous de trouver AVEC L'AUTEUR - car il faut qu'il s'y mette aussi, les clients potentiels)

L'auteur n'a pas a choisir si ce n'est le bon sens mais s'il,pense juste écrire et qu'ensuite on s'esquinte la carcasse a faire publier son bouquin tandis que lui sera en train de penser au second, IL SE GOURE !

C'est fini bonhomme ! Tu vas te coltiner ton article sur le site de ton éditeur tu vas aider a la correction au tirage, aux contacts avec la presse, les médias, tu vas chercher tes clients tu vas aider a les séduire... Bref tu vas participer un peu plus a l'élaboration de ta propre gloire. Amen


Bref pour peu que l'on crée des synergies (des designers, des fêlés du web, des videastes, des personnes du monde du jeu électronique, des écrivains des vrais) le monde de la petite édition n'a jamais été aussi passionnant.

Un monde est mort, il fut bon un temps avant de devenir complètement pourri. Laissons le Titanic couler (avec le capitaine et l'équipage) et ramons de bon c?ur vers des iles plus chaudes et oh combien plus prometteuses !

Diogene
Dominique LIN

Vendredi 26 jun 09
à 18 h 37


@ AMAROUCHE
Les auteurs ont un contrat en bonne et due forme, l'engagement est littéraire et physique concernant les salons, et librairies.

@ Philippus
On est loin de la rentabilité en vente directe sur Internet.
Les ventes sont certes sans intermédiaire (hors La Poste), mais les quantités ne permettent en aucun cas de considérer cela comme un revenu, même partiel.
Même si on met un extrait de quelques pages, le roman ne se vend pas comme un disque, enfin, pas encore.

@ Diogene
Il est très difficile de tout gérer, de la sélection des manuscrits à la promotion des auteurs, en passant par la gestion de l'entreprise. Le travail à côté ou une activité complémentaire au ein de l'entreprise est bien entendue indispensable, mais plus le catalogue grandit, plus le temps manque pour tout faire et "faire à manger".
Si un éditeur a un bon retour sur les ventes par Internet, qu'il en parle, car même en ayant une présence accrue sur la toile (blog très fourni, réseaux, promo, ?) ça ne bouge pas vraiment. Pour les librairies, malheureusement, c'est très clair? peu jouent vraiment le jeu.
Côté auteur, c'est clair qu'il doit aussi aller au charbon.
Dominique
http://elansudeditions.over-blog.org/
IAGODA

Lundi 29 jun 09
à 16 h 08


Et quand on veut créer sa Maison d'édition numérique, on peut même devenir libraire et décharger les caisses de livres, placer les piles en rayon, et charger les caisses pour les retours...
Mon blog : http://le-metier-de-libraire.over-blog.com/
 
dessin du jour AcuaLitté