Vendredi 26 jun 09
à 11 h 17
Je réagis à votre article à propos de la petite édition, et en particulier sur ce passage : " Alors, il est peut-être plus facile d'être petit éditeur aujourd'hui, enfin, moins difficile que d'avoir à se battre à coup de millions d'euros. Habitué à courber l'échine, à gagner chaque millimètre de terrain "à la main", le petit éditeur verra moins de fluctuations que le gros. Comme dans toute grande période difficile, beaucoup vont disparaître."
Deux éléments sous-jacents à peine contenu par le vocabulaire employé me gêne beaucoup :
Tout d'abord - comme d'habitude - le côté terroir du petit artisan qui aime à cultiver son pré carré et qui vivrait, à vous lire, d'amour et d'eau fraîche, mais âpre à la tâche. Relisez cette phrase à la lueur de la métaphore agricole : Habitué à courber l'échine, à gagner chaque millimètre de terrain "à la main".
Désolé, mais ce faisant, vous véhiculez les mêmes clichés que l'on nous serine à longueur de salons ou d'interviews journalistiques : "Comment ? Vous êtes en PROVINCE et vous vous intéressez à la littérature ? Comme c'est étonnant..." ou bien, et cette remarque est véridique (salon du livre de Paris 2008) : "Mais enfin, si vous êtes tous des éditeurs de Bourgogne, vous devriez faire des ouvrages qui se ressemblent, ce serait bien plus facile de s'y retrouver, là, ça part dans tous les sens !"
Sans commentaire.
Quant à la vie plus facile, j'en connais beaucoup de ces éditeurs qui ont choisi la liberté de faire l'édition, avec cette passion viscéralement attachée au corps, et qui se sont retrouvés à travailler avec deux plein temps, et ne croyez pas que ces activités annexes soient toujours reluisantes : nettoyer les aires d'autoroute en 2x8, décharger des camions à quai, le tri du courrier la nuit, ceux qui s'en tirent le mieux ont pu être gardien de nuit. Et je ne parle pas de la chaîne, de l'usine.
Oui, l'édition est un secteur professionnel intellectuel et commercial, mais qui ne suscite pas, loin s'en faut, toutes les attentes que l'on serait naïvement en droit d'attendre. Et pour maintenir la maison à flot, que de sacrifices !
Est-ce qu'un seul de ces grands éditeurs a hypothéqué sa maison pour un livre auquel il croit ?
Autre chose en ce qui concerne les spécialisations, les collections : Vous avancez le chiffre de 5 spécialisations. C'est beaucoup trop.
Durant le printemps des éditeurs, et même au cours des années 1970, la moyenne n'était pas de 5 mais de 4,7, en pleine croissance.
Au début des années 1990, ce chiffre de spécialisation s'est affiné pour se réduire à 2,8 !
La crise nous oblige à nous recentrer sur nos fondamentaux, tout à fait. Quant à l'approche de la diffusion et de la distribution, le problème n'a JAMAIS changé en ce qui concerne la petite édition. Rien de bien neuf sous le soleil : regardez l'exemple d'Hypérion.
Je l'ai dit, j'ai déjà correspondu plusieurs fois avec d'autres membres de la rédaction et j'apprécie votre approche documentée et impertinente.
Au final, on ne comprend pas bien ce que vous désirez avancer d'autant plus qu'il y a des points maladroits qui nous hérissent FONDAMENTALEMENT.
L'édition est une et non seulement parisienne !
Je suis sûr que vous ne vouliez pas dire cela, mais je ne suis pas certain de ne pas le voir transparaître au travers de vos lignes.
Je vous souhaite une bonne continuation et ne prenez pas mal ce qu'un Zola aurait appelé "la belle humeur",
Bien cordialement,
D. DEMARTIS
Internet remet de l'ordre dans tous les systèmes de distribution, chaque créateur bientôt pourra gérer seul de chez lui sa création initiale jusqu'à la livraison en limitant les intermédiaires. L'auteur et le lecteur seront en direct dans cette chaîne professionnelle, et enfin ce seront les lecteurs qui feront enfin le marché et qui diront ce qu'ils veulent, ce qu'ils aiment, ce qu'ils pensent, et qui feront les vrais prix littéraires.
Regardez le e-commerce dans de nombreux autres secteurs et ce qui se passe depuis des années, et qui prend de plus en plus de parts de marché chaque année....
Philippus
Vendredi 26 jun 09
à 15 h 39
"Deux lignes vont se démarquer : celle du classique, du long terme, du verbe, du style et celle de la technologie, de l'effet médiatique, de la marche forcée. Ces deux lignes existent déjà, mais la césure sera plus prononcée. Les auteurs en feront les frais, à chacun de choisir son "camp".
Pourquoi choisir alors que les 2 peuvent cohabiter. Un éditeur indépendant (donc petit mais les regroupements peuvent se faire) peut maintenant seul, piloter une maison d'édition classique (tirage papier) et moderne (usage global de la technologie dans la fabrication du livre mais AUSSI de la gestion de sa maison, ET du markéting)
Il n'y a aucun problème et les outils logiciels sont la gratuits ET libres qui plus est (voir l'excellent logiciel l'oeuf ou la poule entres autres mais aussi tout outil que l'on peut trouver sur Framasoft) l'ordi de base, l'imprimante et le scanner peuvent se trouver a moins de 1000? le lot. Il faut juste des auteurs (bons) du temps et surtout un emploi sur. Car ce n'est pas avec cette maison d'édition que vous deviendrez riche ou que vous pourrez vivre de cette passion. ET C'EST TANT MIEUX !
On peut désormais avoir une passion libérée du fric... Éditer au compte goutte pour le plaisir travailler avec un auteur ou cinq max et les suivre pas a pas, les aider, les voir s'épanouir. En musique le divorce est depuis longtemps consommé, on trouve pleins de groupes qui donnent leur mp3 sur le net et se font un peu de flouze sur les concerts (http://www.thewoodsmen.net/ par exemple...)
En littérature on peut éditer virtuellement (pdf et consorts), en lecture immédiate (flash) avec son et images ou une écriture ADAPTÉE (putain relisez la maison de feuilles de Danielewski !) et faire imprimer a petit tirage ou mieux en impression a la demande (vous libérant du même coup des chaines de distributions et des librairies peu accortes - on peut bosser avec les sympas et les indépendants -, a vous de trouver AVEC L'AUTEUR - car il faut qu'il s'y mette aussi, les clients potentiels)
L'auteur n'a pas a choisir si ce n'est le bon sens mais s'il,pense juste écrire et qu'ensuite on s'esquinte la carcasse a faire publier son bouquin tandis que lui sera en train de penser au second, IL SE GOURE !
C'est fini bonhomme ! Tu vas te coltiner ton article sur le site de ton éditeur tu vas aider a la correction au tirage, aux contacts avec la presse, les médias, tu vas chercher tes clients tu vas aider a les séduire... Bref tu vas participer un peu plus a l'élaboration de ta propre gloire. Amen
Bref pour peu que l'on crée des synergies (des designers, des fêlés du web, des videastes, des personnes du monde du jeu électronique, des écrivains des vrais) le monde de la petite édition n'a jamais été aussi passionnant.
Un monde est mort, il fut bon un temps avant de devenir complètement pourri. Laissons le Titanic couler (avec le capitaine et l'équipage) et ramons de bon c?ur vers des iles plus chaudes et oh combien plus prometteuses !
Diogene
Les auteurs ont un contrat en bonne et due forme, l'engagement est littéraire et physique concernant les salons, et librairies.
@ Philippus
On est loin de la rentabilité en vente directe sur Internet.
Les ventes sont certes sans intermédiaire (hors La Poste), mais les quantités ne permettent en aucun cas de considérer cela comme un revenu, même partiel.
Même si on met un extrait de quelques pages, le roman ne se vend pas comme un disque, enfin, pas encore.
@ Diogene
Il est très difficile de tout gérer, de la sélection des manuscrits à la promotion des auteurs, en passant par la gestion de l'entreprise. Le travail à côté ou une activité complémentaire au ein de l'entreprise est bien entendue indispensable, mais plus le catalogue grandit, plus le temps manque pour tout faire et "faire à manger".
Si un éditeur a un bon retour sur les ventes par Internet, qu'il en parle, car même en ayant une présence accrue sur la toile (blog très fourni, réseaux, promo, ?) ça ne bouge pas vraiment. Pour les librairies, malheureusement, c'est très clair? peu jouent vraiment le jeu.
Côté auteur, c'est clair qu'il doit aussi aller au charbon.
Dominique
http://elansudeditions.over-blog.org/
Mon blog : http://le-metier-de-libraire.over-blog.com/


















Vendredi 26 jun 09
à 09 h 07
La littérature n'est pas cette ligne droite qui part d'un point A à un autre point B. "Rien ne sert de courir, il faut partir à point" dit la fable de La Fontaine.
Je vous remercie pour cette information sur votre existence d'editeur indépendant. Publiez-vous à compte d'auteur ou d'éditeur. Je n'ai pas les moyens de contribution financière à la publication. Comment faire pour être pris en charge par vous ?
Si vous voulez me lire, allez-y sur http://www.alas.blog.mongenie.com
/> La recherche des souvenirs légendaires et des mémoires en tant que matière première participent à la création artistique littéraire et historique.