Les Etymologies de J.R.R Tolkien

Rédigé par AuréHylien, le jeudi 22 octobre 2009 à 21h50

Que dire de neuf sur Tolkien qui ne l’aurait pas été ? Toujours délicat d’évoquer un auteur lu et relu, adulé par des générations entières, culte certainement voire même intouchable pour certains... et qui représente (là je parle à titre personnel – mais d’autres me rejoindront sur ce point) l’un des premiers auteurs qui nous ait offert ces premiers instants magiques de littérature.

Comment chroniquer par ailleurs un livre qui n’en est finalement pas vraiment un sinon un dictionnaire étymologiques de la langue elfique inventée par Tolkien ? Ou, peut-être, à moins de tenter des envolées lyriques telles « Remarquons le positionnement de la lettre N qui se détache résolument du lot entre le M, qui reste admirablement présente, et la lettre O, toute en rondeur... ». Pas sûr que ça fonctionne... Vraiment, il s’agit de considérer ce livre comme un recueil d’informations supplémentaires sur le monde enchanteur, un monde qui a annoncé un genre novateur dans la nébuleuse littéraire.

Finalement, Tolkien a créé toute une civilisation, une véritable culture dont la linguistique est logiquement la base. Certes, on peut retrouver certaines racines dans les langues celtiques, vikings (...) ; mais concrètement, un certain talent s’avère nécessaire pour créer et proposer un univers où les lieux, les noms et les pratiques soient nommés de façon mélodieuse, disons-le magiques et paradoxalement étrange. Qui a oublié les descriptions merveilleuses des mines de la Moria ou de promenades dans les forêts de Mirkwood et de Lórien ?

Ce que l’on peut attendre de cet ouvrage, c’est de mieux comprendre le monde du Seigneur des Anneaux, légendes elfiques, fondation du royaume des Nains, avènement des hommes grâce à l’étymologie proposée par Tolkien. On ne saurait conseiller ce livre aux non-initiés, voire même à un lecteur qui ne serait pas un aficionado de Tolkien. Les lieux, les objets, les rites et les noms des personnages continuent de faire rêver par leur nom et par le souvenir de leur description dans les écrits de Tolkien. L’intérêt de ce recueil se trouve moins dans le glossaire que dans le commentaire qu’en fait Christopher Tolkien, son fils qui a repris son œuvre et continue de la compléter (à tort ou à raison).

Ici vous apprendrez que J.R.R Tolkien était un écrivain boulimique, à écrire sur n’importe quel support à portée de sa plume. On savait qu’il avait cette imagination débordante, mais pas à en noircir des pages et des pages. Jusqu’à l’impossibilité de pouvoir être relu tant il était incapable de délivrer une version définitive du monde auquel il avait donné naissance... comme à le rechercher de la perfection (elfique ?) comme but premier et ultime.


 

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Prix : 14 €

ISBN : 9782267020533

Pages : 156 pages

Editeur : Christian Bourgois



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Jeudi 22 oct 09
à 21 h 50


Il est incorrect de dire que Christopher Tolkien « a repris [l']?uvre [de son père] et continue de la compléter ». Les seules occasions où Christopher est allé jusqu'à réécrire un texte laissé à l'état d'ébauche chez Tolkien se trouvent dans le Silmarillion, publié voilà plus de 40 ans (essentiellement le chapitre décrivant la mort de Thingol, événement majeur et nécessaire à la compréhension de la suite de l'histoire, mais que Tolkien n'avait malheureusement jamais écrit in extenso).

Depuis, Christopher Tolkien s'est cantonné à éditer et commenter les manuscrits de son père. Même le texte des Enfants de Húrin est entièrement de la main de Tolkien père, Christopher n'ayant fait que réordonner les manuscrits existants pour leur donner la forme d'une histoire cohérente.
 
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