L'énigme du retour, Danny Laferrière

Rédigé par Sénami JURAVER, le lundi 09 novembre 2009 à 17h28

Courte est la route qui nous ramène aux origines. Pour Dany Laferrière, la fin de l'exil s'annonce par une sonnerie de téléphone. Ce coup de fil nocturne, qui lui apprend la mort de son père. Déjà, l'esprit se tend vers Haïti.

Après l'enterrement, dans un cimetière de Brooklyn, le fils devra ramener l'âme du défunt jusqu’à Barradères, son village natal. La terre qui couvre notre nombril ne tolère pas l'oubli. Il suffit de peu à l'exilé pour amorcer le chemin du retour : quelques lignes du Cahier d'un retour au Pays natal, un goût de rhum sur la langue, au fond d'une baignoire, à l'abri du sommeil.

« (…) je continue à faire le même rêve partout dans le monde (…) je tiens à ces rêves... c'est la seule chose qui me reste de ma vie d'avant... » L'énigme du retour possède la saveur douce amère d'un rêve : les bribes qu'on essaie de rassembler à la volée, au réveil, s'apparentent à ces souvenirs engourdis par une trentaine d'hivers à Montréal.

Danny Laferrière
Ils ressurgiront aux rayons de Port au Prince. Mais certaines images du passé supportent mal la comparaison avec le présent : les blessures infligées au pays par les Duvalier ont laissé de vilaines cicatrices. La violence et la misère. Et malgré tout, malgré la faim : l'art, la beauté des nuques fières et cette incroyable énergie.

Immobiles, au creux du tourbillon, attendent ceux qui sont restés sans cesser d'envisager l'ailleurs. Autour d'eux, le ballet, universel et continuel, de ceux qui sont partis et qui reviennent, de ceux qui partiront pour ne jamais revenir. L'enfant du pays mesure l'absence qui creuse les distances, nous rend étrangers à notre pays et pose, impitoyable, son empreinte sur le visage des êtres chers.

Dany Lafferière sillonne le pays de part en part, à la reconquête de son enfance et de ses sensations. Le recueil d'Aimé Césaire dont il ne se sépare jamais, fait partie intégrante de ce voyage. À ses côtés, son neveu, prénommé Dany par la famille qui ignorait si le premier reviendrait un jour.

Le jeune Dany rêve d'écrire et peut-être même de partir. Alors, juste avant de rejoindre Barradères, dernière étape de son périple, l’auteur « (a) glissé dans la sacoche de (s)on neveu / le vieux recueil gondolé par la pluie/ du Cahier d'un retour au pays natal./ C'est avant de partir qu'on en a besoin./ Pas au retour ».

Avec ses vers libres, d'une justesse et d'une grâce absolues, L'énigme du retour nous renvoie à nos départs avortés ou nos retours retardés. Il souligne surtout la relation particulière qui nous unit à notre pays d'origine. Si vous êtes sensibles aux thèmes de l'identité et de l'exil, vous allez vous régaler.


 

Retrouvez L'énigme du retour, de Danny Laferrière, en librairie.

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Prix : 18 €

ISBN : 9782246748915

Pages : 301 pages

Editeur : Grasset



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Gethro Rancy

Lundi 09 nov 09
à 17 h 24


Le prix Médicis 2009 du roman a été attribué mercredi au Canadien d'origine haïtienne Dany Laferrière, écrivain de l'exil et de l'espace nord-américain, pour "L'énigme du retour" (Grasset).

Dany Laferrière a été récompensé au 1er tour par 4 voix contre une à Alain Blottière pour le "Le tombeau de Tommy" (Gallimard) et une à Justine Lévy pour "Mauvaise fille" (Stock), a annoncé le jury.

Le Médicis du roman étranger a été décerné à l'Américain Dave Eggers pour "Le grand quoi" (Gallimard) au 1er tour et à l'unanimité. Le Médicis Essai a récompensé Alain Ferry pour "Mémoire d'un fou d'Emma" (Seuil), également au 1er tour.

Né en 1953 à Port-au-Prince, Dany Laferrière vit entre Montréal et Miami. "C'est un prix qui va bien à ce livre d'une forme un peu particulière, sans grand épanchement", a-t-il souligné après avoir été distingué pour ce roman dans lequel il mêle ses propres poèmes.

D'abord journaliste en Haïti, Laferrière a quitté l'île en 1974 pour s'installer au Québec après l'assassinat d'un ami journaliste par les hommes de main du dictateur Jean-Claude Duvalier. Son premier roman, "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer", paru en 1985, a été traduit dans plusieurs langues et adapté au cinéma.

A la fois romancier, poète, scénariste et cinéaste, Dany Laferrière a publié depuis une vingtaine de livres, dont "Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ?", prix RFO 2002, et "Vers le sud" (2006), également adapté au cinéma.

Dans "L'énigme du retour", l'auteur retourne en Haïti à la suite de la mort de son père, exilé lui-même dans les années 1960 par le dictateur Papa Doc, le père de Jean-Claude Duvalier. Une fiction dont le titre fait référence au livre de l'écrivain britannique V.S. Naipaul, "L'énigme de l'arrivée". "Les seules subventions que nous avons eues sous les deux Duvalier, c'était quand le dictateur ne nous mettait pas en prison", a souligné Dany Laferrière à propos des écrivains haïtiens.

Pour Charles Dantzig, son éditeur chez Grasset, Laferrière est "un écrivain de forme et de recherche, mais qui n'est pas là pour exhiber ses muscles littéraires, il a une grande élégance de forme".

Le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet s'est réjouit de l'attribution du Médicis à Laferrière le qualifiant de "virtuose de la langue française" qui prouve que "la littérature française est une littérature-monde qui a une portée universelle ".

Lauréat du Médicis étranger, Dave Eggers, 39 ans, a écrit "Le grand quoi" à partir du récit d'un enfant soudanais contraint de fuir les milices armées de Khartoum parmi des milliers de gamins. Après dix ans dans des camps de réfugiés, Valentino finit par obtenir un visa pour les Etats-Unis où il découvre d'autres formes de racisme et de violence.

"Le livre est bâti sur de constants allers-retours entre la violence à New-York et la tragédie au Soudan. C'est à la fois un témoignage d'une grande authenticité et un grand roman", résumait la romancière Christine Jordis.

La saison des prix se poursuivra lundi avec l'attribution du Femina.

Gethro Rancy

Lundi 09 nov 09
à 17 h 28


Dany, un romancier qui a une ecriture simple en litterature. il a pu deboucher sur la tete de la cruche, une joie preponderante pour lui. Il est un autre prefere pour moi a cause de la cadence des phrases dans son roman " L'egnime du retour" decrivant un homme exile de son pays natal i-e qu'il retrace la nativite au besoin social lie a Haiti. Encore, il a bien travailler.
Pour ceux qui aimes lire. Jeu le coup d'oeil sur l'oeuvre de Dany L. (L'egnime du retour) et l'oeuvre d'Anthony Phelps (La contrainte de l'inacheve) faites vous la comparaison de ces oeuvres. Apres ma lecture sur Dany. Je me disais qu'il merite ce grand prix pareille qui est aussi une fierte pour les Haitiens.
 
dessin du jour AcuaLitté