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Asfored : "Être surveillé pour un commentaire sur Facebook, c'est beaucoup"
Par Nicolas Gary, le lundi 07 novembre 2011 à 13:19:23 - 0 commentaire
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Les turpitudes dans lesquelles s'est retrouvé plongé le BTS de formation aux métiers de l'Édition de l'Asfored continuent de faire des vagues. Association loi 1901, à but non lucratif, l'Asfored est un « centre de formation et d'expertise pour les métiers de l'édition, de la presse et de la communication », qui offre tout à la fois une formation continue et payante pour les professionnels et un BTS Edition sur deux années. L'examen a ce diplôme d'Etat a enregistré 100 % de réussite en 2010 et 2011. Suite du feuilleton...
Aujourd'hui, la promotion 2010-2011 est passée en seconde année. C'est elle qui avait découvert avec stupeur la disparition de certains formateurs pour des raisons encore imprécises - plusieurs sont d'ailleurs actuellement en procédure prud'homale à ce jour. Mais les élèves entrant en 1ere année pour 2011/2012 ne sont pas épargnés par l'ambiance tendue qui s'est fait jour depuis juin.
« Ce n'est pas parce que l'on n'a pas été directement concernés que l'on n'a pas d'oreilles, ni de connexion à internet », nous explique-t-on, en référence à la page de soutien ouverte sur Facebook, destinée à soutenir les formateurs de l'Asfored licenciés.
Marcher dans l'omerta du pied gauche porte bonheur ?
Après tout, les élèves de première année qui viennent d'arriver, ne sont pas « censés » savoir de quoi il en retourne, ni être au fait des détails, estime-t-on du côté de la direction. Mais mieux encore, si certains ont cherché à savoir, voire ont commenté le mur de soutien aux formateurs, ils n'ont pas manqué de subir des pressions. « En agissant ainsi, notre année prenait une mauvaise orientation, nous a-t-on fait comprendre. On ne savait pas, donc on n'avait pas notre mot à dire. Ce qui se tient, mais nous ne sommes ni dupes, ni aveugles. On a pu observer ce qui se disait. »

En cause, le comportement de la directrice, Aïda Diab, mais également du président, François de Waresquiel. Notons d'ailleurs que depuis nos premiers articles, aucun des deux n'a retourné nos demandes de rendez-vous ni de commentaires.
Se dire que l'on est surveillé pour avoir mis 'J'aime' sur Facebook,
c'est beaucoup.
Mais il existe, peut-être en dépit de la volonté de la direction, des relations entre la nouvelle promo et les promotions antérieures. Et où l'on parle, on échange, même si cela se fait en toute discrétion. D'autant que l'on rencontre facilement d'anciens élèves. « On n'est pas obligé d'aimer le groupe Facebook, on peut se contenter de le lire. Et de lire la presse. Alors oui, on a un certain recul, par rapport à notre situation, mais se dire que l'on est surveillé pour avoir mis 'J'aime' sur Facebook, c'est beaucoup. »
Flicage ? Non, probablement pas, mais il est facile de vérifier ce qui se passe sur le réseau social, et on peut rapidement faire la liste des élèves qui s'intéressent au sujet, en surveillant, même de loin, les commentaires.
Quant à la directrice, dont la gestion du BTS a pu être remise en question, en termes de relations humaines, « elle nous a offert un discours le premier jour, s'appliquant à lire sa copie, mais depuis, plus rien. Contrairement à la responsable de la formation qui s'implique bien plus, personne n'a senti d'échange possible ». Un ton et un comportement impersonnels, largement regrettés.
Et suite au « goûter » organisé par le président, destiné à apaiser les tensions, les élèves n'ont toujours pas digéré que François de Waresquiel tente d'inverser la tendance. « Il avait invité les élèves, et ils ont bien boycotté. Il pouvait toujours dire dans son discours que les gêneurs n'étaient pas présents, et qu'ils n'avaient pas été invités, ça nous a donné vraiment l'impression qu'il tentait de se rattraper aux branches. Ils n'ont pas reçu de carton, mais ils ont surtout manifesté leur mécontement en ne venant pas. »
On se pose de vraies questions sur le rôle du directeur
Bien sûr, il affirme son soutien à l'équipe dirigeante, mais peut-il réellement faire plus, se demande-t-on ? « Si le président ne nous entend pas, qu'il ne nous écoute pas, ou se contredit, et apporte son soutien à la directrice, on se pose de vraies questions sur son rôle.
D'ailleurs, il a fallu cette histoire pour que les élèves découvrent que l'Asfored avait un président. Mais son statut ressemble, de notre point de vue en tout cas, à un statut honorifique, qui ne nécessite pas d'implication. Peut-être une raison pour laquelle il apporte son plein soutien à la direction. Alors que si la situation avait impliqué une remise en question, la charge de travail aurait été plus importante... »
Cela dit, tout n'est pas noir : des réunions sont prévues, grosso modo trois dans l'année, pour échanger entre élèves et direction, conséquence directe des événements de juin. « Mais on garde une certaine angoisse de la menace lancée et de se faire griller auprès du métier, si l'on est un peu trop véhément. » En tout cas, on perçoit une volonté d'éviter que se reproduise le clash de l'an passé, en donnant un peu, aux élèves la possibilité de donner, en interne, leur avis.
Entre les élèves, l'ambiance serait plutôt à la solidarité. « On nous a dit que notre premier réseau, c'était notre promotion, et on l'a très bien compris et mis en application. Maintenant, on sait qu'il y a des choses que l'on ne doit pas dire quand la directrice n'est pas loin, alors on fait un peu attention. » Et la relation avec les nouveaux formateurs est plutôt bonne, « bien sûr, on ne sait pas comment c'était avant », mais pour la seconde promotion, on évoque des difficultés, du fait des remplacements effectués, un peu sauvagement. « Ce sont eux qui pâtissent le plus de la situation, c'est certain. »
Pour les promotions précédentes, on a aussi envie de protéger, en quelque sorte, les première année, en leur épargnant le récit de ce qui s'est déroulé. D'autant plus que la direction est toujours en place, et qu'il est compliqué de donner des arguments, qui pourraient mettre dans une situation délicate.
Une association gérée comme une entreprise, ça laisse rêveur
Reste que le fin mot de l'histoire ne s'écrira pas tout de suite. D'abord, il y a le passif, qui s'impose, et pour lequel le silence ne changera rien. De même, l'atmosphère est encore lourde à certains égards, et pour un établissement qui forme aux métiers du livre, et donc à un domaine où la liberté d'expression est essentielle, on se demande si l'on ne marche pas un peu sur la tête. Et puis, en mettant en rapport le BTS et la formation continue, ces professionnels qui viennent pour des formations, « et qui payent, eux », les élèves gardent une certaine appréhension. « On sait bien que la formation continue est plus importante pour la directrice - d'ailleurs jusqu'à maintenant, ils profitaient bien plus du matériel que nous, même si en première année, on a moins de besoins informatiques, notamment. C'était un des premiers griefs des élèves de l'année passée. »
L'histoire n'est pas achevée, et l'on devrait avoir quelques nouvelles informations sous peu. « L'Asfored, une association loi 1901, gérée comme une entreprise, pour faire du profit, ça nous laisse tout de même rêveurs... », conclut-on.
Pour approfondir :
Asfored, histoire d'un malaise que l'on cherche à étouffer ?
Par Nicolas Gary, le lundi 07 novembre 2011 à 13:19:23 - 0 commentaire
Mots clés :
Asfored -
BTS Edition -
formation -
métiers du livre
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