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Horacio Castellanos Moya : 'Je n'aime pas me répéter !'

Par Nicolas.G, le jeudi 25 septembre 2008 à 15:00:00 - 0 commentaire

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Elle était salvadorienne hier, la Maison de l'Amérique latine, alors qu'Horaio Castellanos Moya publié aux Allusifs, présentait son dernier livre Là où vous ne serez pas. Connu tout particulièrement depuis Le bal des Vipères, c'est son sixième livre à paraître, bien que sorti en 2003. On aime bouleverser les habitudes, aux Allusifs...

Quitter le Salvador, pour trouver la sérennité

De son premier livre Le dégoût, paru en 97 en Espagne, Horacio retiendra qu'il est facile de tuer quelqu'un dans son pays, le Salvador, et qu'il est préférable de se tenir loin des choses dangereuses. N'écrit-il pas que c'est un horrible pays, dans cette Amérique centrale où l'on ne sait que s'entretuer ? Certes, la tradition de critique à l'égard du Salvador est un thème littéraire choyé, mais la prudence est de mise : il a choisi depuis quelques années de s'installer à Pittsburgh, aux États-Unis. Il y enseigne la littérature d'Amérique latine.

Auteur de l'oreille, pas des yeux

Un point commun à tous ses livres reste le principe de monologue. Pourquoi ? C'est qu'il a besoin d'entrer dans ses personnages, de parler par leur voix pour leur donner vie. « Je ne suis pas un écrivain visuel, plutôt un écrivain de l'oreille », ajoute-t-il. Une des raisons qui le pousse à voyager vers Los Angeles pour retrouver l'oralité de sa langue, et lutter contre la perte de sa musicalité.


Justement, il décrit volontiers son oeuvre comme moins tragique que tournée vers la désolation et l'échec. Et si on le qualifie de mélancolique, il le reconnaît avec humour, mais ne sait pas d'où ça sort. Pour sortir de cette image, Horacio aime à rompre les formes, changer de style, varier les plaisirs de l'écriture. « Je n'aime pas me répéter », plaisante-t-il.

Horatio varie les formes de ses récits
« Je n'aime pas me répéter », dit-il

 
Interrogé sur les poèmes qu'il a pu rédiger, Horacio explique qu'il s'agit d'une auto-édition et que seul un ami en possède encore un exemplaire. C'est l'époque où il a découvert qu'il n'y avait pas de maison d'édition au Salvador. Quant à les republier, pas question ! Il a tout brûlé et son ami lui a promis comme une menace qu'il les diffuserait si jamais ils venaient à se brouiller tous deux.

L'inspiration ? Cela dépend en grande partie des livres

Et Le bal, alors, est-ce une histoire vraie ? Partiellement, en tout cas. Durant un séjour à Mexico, en 95, après la faillite d'un journal pour lequel il travaillait, il croisa « un clochard qui habitait dans une voiture déglinguée ». Et l'obsession de savoir ce qu'il y avait dans ce véhicule a donné lieu au livre, écrit d'une seule traite en quelques semaines. Un livre qui lui valut des critiques de la part de certaines amies, qui, sous les traits sensuels des vipères, ont cru se découvrir...
Deux ans sans écrire... la reprise est dure
 
 
Les conditions d'écriture de Là où vous ne serez pas furent très différentes. Certes le personnage principal est à moitié authentique, mais son expérience de la boisson et du delirium tremens dépasse largement celle d'Horacio. Mais le livre découle d'une période de deux ans passés sans écrire une ligne, alors qu'il était responsable éditorial d'un journal. Deux ans de travail acharné, qui, lorsque le journal disparut, le laissèrent seul face à une page blanche, quand il voulut se remettre au roman. « Je n'avais plus personne à qui donner d'ordre, je faisais les 100 pas dans mon appartement et rien ne sortait de l'ordinateur. » Descente immédiate vers une papeterie : il achète un stock de crayon et finalement, après une semaine, le livre vient progressivement.


« L'aura de l'écrivain qui peut exister en France
n'a pas cours
» en Amérique latine

Et comment est-il considéré en Amérique centrale ? « L'aura de l'écrivain qui peut exister en France n'a pas cours là-bas » et si la maison d'édition espagnole qui le publie diffuse ses livres outre-Atlantique, ces ouvrages restent chers. Le continent n'est d'ailleurs pas un très grand marché pour le livre qui reste globalement assez inaccessible. Pourtant, des initiatives comme le festival du livre à Parati montre une demande évidente. Mais c'est un certain marasme qui règne, et l'exemple du Venezuela, décrit par Juan Carlos Santaella est à ce titre plutôt significatif.

Par Nicolas.G, le jeudi 25 septembre 2008 à 15:00:00 - 0 commentaire

Mots clés :
Horacio - Castellanos - Moya - Salvador

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