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iPhone, BlackBerry : l'application, nouvelle manne de l'édition
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Depuis que Apple a lancé son App Store (magasin en ligne d'application), le marché pour ces applications (petits programmes à télécharger sur votre smartphone comme iPhone, Blackberry, Palm, etc. qui vous offrent d'autres fonctionnalités aux simples appels entrants et sortants) explose. Apple propose une offre actuellement de plus de 50 000 apps. Ces applications s'étendent du jeu arcade à la technologie GPS. Il existe bien sûr une application pour lire des livres sur votre téléphone. C'est même un des types d'applications les plus populaires.
Maja Thomas de Hachette Digital précise que « la plateforme mobile est là où nous récupérerons certains de nos lecteurs et d'autres nouveaux ».
Apple reste assez transparent sur le nombre d'iPhone vendus à travers le monde et quand le constructeur ne nous dit pas tout, les revendeurs des différents pays le font. Concernant le téléphone de la Pomme, nous apprenions en juillet dernier que les ventes avaient augmenté de 626 %, à 5,2 millions de modèles vendus.On peut sans peine compter prochainement aussi sur les modèles de téléphones tournant sous la plateforme Android, développée par Google, qui agrandiront plus encore le parc.
Des exemples d’applications de livre
Avec un marché aussi important, les éditeurs réinventent la notion de livre numérique, en créant des apps pour livre afin de permettre la lecture et d’améliorer leurs livres.
Simon & Schuster connaissent par exemple un bon succès avec leurs applications de jeux et d’utilitaires. Celui du nom de 365 mots croisés vous permettra à partir du gros catalogue de mots croisés papier de la société de vous adonner à votre passe-temps tous les jours de l’année. « Nous l’avons lancé en février, et cela fonctionne très bien », explique Ellie Hirshhorn, directeur du service digital et vice-président exécutif de Simon& Schuster. « Dès le 1er ou 2e jour alors que nous veillions attentivement, l’app était téléchargée non seulement aux USA mais également dans tout le monde. »
Chez Random House, le livret guide de jeu vidéo Prima Guidea sorti une base de données de « codes et triches » pour l’Iphone, et Matt Shatz, vice-président chez Random House Digital imagine déjà diverses applications pour le futur : « Guide de voyages Fodor, Langue vivante, certains livres pour enfants, certains pour parents, ce sont des exemples, aucun n’est encore sur le marché » explique Mr Shatz. « Imaginez ce que nous pourrions faire avec un guide de la femme enceinte : vous êtes enceinte de 7 mois, vous êtes au restaurant et vous voulez savoir si vous pouvez manger du formage de chèvre, vous n’avez qu’un coup d’œil à jeter. »Une société comme Lonely Planet semble être dans son élément face à au boom des applications, L’éditeur de guide de voyages a récemment sorti une version interactive de ses expressions toutes faites et guides de voyages sur la base virtuelle du magasin Apple et des autres. « Les expressions sont en audio, ce qui n’est évidemment pas disponible dans la version papier, et sur les guides de ville, nous avons des cartes avec GPS, » explique Todd Sotkiewicz, directeur de Lonely Planet pour les USA.
Comment crée-t-on une application et la rend-on visible ? Pour le moment, les éditeurs se sont cantonnés à deux approches. La première est la création d’app (applications) comme celles détaillées plus haut, des programmes qui utilisent le contenu des livres pour en faire quelque chose de nouveau. La seconde plus répandue, représente la transformation du livre papier en sa version numérique accessible sur iPhone, ce que Hirshhorn appelle « migrer le livre ».
Ceci est réalisable en transformant le texte en format ePub, puis en le commercialisant en tant qu’app sur les plateformes de vente en ligne comme Amazon ou eReader.
Une autre solution qui gagne en popularité est la mise à disposition du livre sous un programme autonome par l’intermédiaire de développeurs comme ScrollMotion. Beaucoup d’éditeurs restent prudents néanmoins, car les programmes autonomes restent encore nouveaux pour le consommateur. La plateforme de vente en ligne est divisée en catégorie : jeux, livres, style de vie, etc., et les applications y sont triées par ordre de date. Il est possible également de les chercher par nom d’application, mais cela reste peu pratique pour la recherche de livres.
« Je pense que les plateformes de ventes d’apps sont peut-être victimes de leur succès, car il ya tellement de choses » explique Ana Maria Allessi, vice-président de HarperMedia, « C’est comme aller dans une bouquinerie et trouver tous les livres rangés au hasard sur la même étagère. »
Ou et comment les utilisateurs vont pouvoir trouver les applications n’est cependant qu’une des interrogations des éditeurs. Pour nombres de livres contractés avant l’ère numérique, les droits sur la toile sont flous et la question se pose sur comment rémunérer les auteurs pour l’utilisation de leur contenu dans les apps. Le langage utilisé dans les contrats pour les auteurs devra être bien plus spécifique, mais avant tout l’étendue du territoire des applications devront être clairement définies.Les nouveaux contrats stipuleront-ils que le contenu sera utilisé par les apps ? Comment seront rémunérés les auteurs ?
Ce marché des portables aura également des répercussions sur le marché émergent des lecteurs de livres numériques dédiés. Comment les applications de livres sur smartphone vont impacter le future d’appareils comme le Kindle d’Amazon ou le Sony eReader ? Dépenseriez-vous 400$ pour un appareil qui se cantonne à la lecture ? Ou préféreriez-vous dépenser la même somme à peu près pour un appareil qui vous permette de lire, surfer sur le web sans restriction, appeler, voir des vidéos et écouter de la musique ?
« Au fur et à mesure, la lecture électronique se fera sur de plus en plus de supports » affirme Shatz. « Mais je ne suis pas convaincu que la notion d'application par rapport au livre ou même le smartphone par rapport au support de lecture dédié sera une distinction majeure ». En d’autres termes, on ne connaît pas encore le gagnant et le perdant.
Au final, les éditeurs pensent que ces apps leur offriront de nombreuses possibilités en terme de revenus et de publicité. « Le fait est que quand vous voyagez en train ou en avion, tout le monde avait pour habitude lire un journal ou un magazine. Maintenant la moitié d’entre nous lisent sur leur téléphone. C’est un nouveau canal qui progresse à pas de géants dans notre économie, c’est parmi les seuls choses qui progressent autant » explique Ruppel de McGraw-Hill's.
(article à retrouver en partie sur le site de Publishers Weekly)
Prochaine étape de notre dossier : Les applications dans le paysage de l'édition en France
Par JUBop, le mercredi 05 août 2009 à 10:00:00 - 4 commentaires
Mots clés :
applications -
iPhone -
Blackberry -
manne
Publié par Tousensemble
Sincèrement, je ne pense pas qu'on puisse réellement lire un livre sur ces appareils mobiles. Sur le Palm Pre ( http://www.webos-france.com ), l'écran est trop petit pour ce genre d'activité. Pour l'iPhone, même si l'écran est plus grand, la fatigue visuelle se fait sentir au bout d'un moment...
Pour moi, l'avenir est du côté des ebooks. Pour en avoir vu plusieurs en vrai, c'est une technologie géniale. Seul le prix me rebute pour le moment. Dommage
Publié par Jesus_was_a_robot_! YES_thats_the_truth !
Je ne pense pas que l'on puisse faire un jour quelque chose d'aussi agréable à lire qu'un livre, sous format numérique.
Publié par bertri
Depuis toujours j'ai pensé qu'on ne pouvait pas vraiment lire sur format numérique.
Aujourd'hui, 95% de ce que je lis est sous format numérique.
Publié par Patrick Altman
Et s'il n'y avait plus rien à télécharger ?
Conséquences :
- Fin du piratage en mettant l'Hadopi à la poubelle
- Un modèle économique qui fonctionne pour rétribuer les ayants droit.
La question se pose depuis que le réseau existe et se précise avec la facilité croissante de son accès dans un contexte de mobilité.
Les liaisons 3G et WiFi autorisent un accès direct au réseau depuis son Iphone, Blackberry et tous les autres smart-Toys qu'on inventera dans le futur.
A partir de cet instant un simple navigateur web disposant de quelques plug-in pour le son et la vidéo est nécessaire.
Toute la question réside dans les conditions d'un accès permanent. Mais on peut gager qu'elles ne peuvent que s'améliorer avec le temps.
Il va de soi que ça simplifiera grandement les choses pour les modèles économiques.
Il suffira d'avoir un simple abonnement dont le prix pourrait etre variable selon une consommation estimée de pages lues (un peu comme les abonnements à la téléphonie mobile) pour avoir accès aux plateformes et aux services développés.
Pour le texte on peut imaginer le scénario suivant :
Un éditeur vend à un "libraire" le droit d'offrir au client de sa plateforme un accès à son catalogue.
Le client se connecte sur la plateforme et consulte, joue, lit (roman, articles en tout genre, et même la vie de Georges Mandel par "parait-il" Nicolas Sarkozy"...)
Il ne stocke rien sur sa machine après déconnexion (et alors !!!, c'est ce qui se passe quand on lit la presse en ligne). Cela permettrait au libraire d'offrir (vendre) bien d'autres services au client dans tous les domaines et même pourquoi pas de réserver un billet de train ou de s'inscrire à un stage de développement personnel (version moderne de l'antique stage de macramé) dans l'Ardèche qu'il pourrait payer en ligne avec une petite ristourne histoire de
fidéliser le client sur la plateforme.
On résout en même temps le problème du piratage qui n'est plus vraiment possible et qui de toute façon n'a plus beaucoup d'intéret puisqu'enfin on paye un service global et pas une chose.
Ce sera alors à l'éditeur initial seul de rétribuer ses auteurs en fonction du nombre de clics comme on le fait pour les bannières de pub.
Si les éditeurs sont malins, ils pourraient instaurer une valeur du clic variable. Pour le lancement d'un nouvel auteur par exemple dont la valeur du clic augmenterait avec la notoriété et le nombre de clics. Ainsi la concurrence entre éditeurs jouerait toujours en faveur des auteurs -
Et sans oublier la publicité qui apparaitrait de temps en temps sur l'écran du client. Publicité évidemment contextualisé et donc ciblée puisque la "plateforme" connait le texte lu et de plus en temps réel.
Ca peut aller jusqu'à une vente flash de places de théatre pour le soir même si le client lit un texte ayant des relations avec la pièce (sujet, auteur...)
Il y a un inconvénient majeur à ce modèle mais il faudra bien un jour savoir dans quelle société nous voulons vivre.
Tout ce que le client aura lu sera pisté. Chaque page vue sera connue, on pourra même reconstituer un profil psychologique qui pourrait valoir de l'or auprès de chasseurs de têtes ou de marchands de n'importe quoi.
On peut aussi faire une loi interdisant ces pratiques. C'est plus simple à mettre en place qu'hadopi et ça ne coute pas un centime. Ca pourrait être la " loi du droit à l'oubli ".
A suivre....
Patrick Altman
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