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L'âme d'un festival de BD est en train de naître à Alger
Par Canan Marasligil, le jeudi 13 octobre 2011 à 12:47:28 - 0 commentaire
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Du 5 au 8 octobre 2011 se tenait la quatrième édition du Festival international de la Bande dessinée d'Alger (FIBDA), présentant expositions, ateliers, conférences et une belle remise de prix, le tout sous une énergie créative contagieuse. Premier aperçu de cet événement clé de la bande dessinée algérienne et internationale.
« Alger, Bulles Sans Frontières » était le thème de cette édition du Festival international de la Bande dessinée d'Alger, dit le FIBDA. Sans frontières, il n'y a aucun doute vu le nombre impressionnant d'invités venus de 37 pays dont le Canada, les États-Unis, le Brésil, Cuba, Taiwan, l'Arménie, l'Espagne, la France, la Belgique, la Suisse, le Royaume-Uni, la République Démocratique du Congo, le Bénin, le Gabon, le Cameroun, le Maroc. Rassemblés pendant quatre jours sur l'esplanade Riadh El Feth, auteurs, dessinateurs, éditeurs, journalistes, et autres professionnels de la BD ont rencontré le public algérois autour d'un programme d'expositions, de conférences, de tables rondes, d'ateliers, de projections de films et de séances de dédicaces.
Le festival s'est clôturé le samedi 8 octobre avec une remise de prix dans trois catégories : meilleur Projet, meilleur Fanzine et meilleur Album, en plus d'une catégorie spéciale pour jeunes talents : le concours de la meilleure affiche.

La librairie.
Proximité et rencontres
Les deux premiers jours, le festival a accueilli en majorité un public de professionnels et d'initiés, mais dès le week-end –qui commence le vendredi en Algérie, familles et jeunes ont suivi avec affluence. Ce n'est pas exactement un hasard si le public a mis plus de temps que les éditions précédentes à se rendre au festival : quatre jours à peine auparavant se clôturait le Salon International du Livre d'Alger (SILA), événement de grande ampleur qui attire les Algériens des quatre coins du pays, parfois venant y acheter leurs lectures pour l'année. Cela n'a pas empêché au FIBDA d'accueillir un grand nombre de visiteurs à son tour, et de surtout permettre à ceux-ci de faire des rencontres avec leurs auteurs préférés, tels que les très grands noms de la BD algérienne Haroun ou Slim, et d'en découvrir d'autres.
Car si ce festival a bien une particularité, c'est son côté informel et son ouverture vers le public, où l'on peut croiser la ministre de la Culture Madame Khalida Toumi – dont le soutien envers le festival est indispensable et très apprécié– pendant sa visite prenant des photos souvenirs avec les enfants, et où de très grands noms de la BD internationale tels que José Muñoz, Oscar Zarate, ou encore Slim se baladent entre les visiteurs, s'assoient à leur table pour prendre un café et leur offrent une dédicace. Cette proximité avec le public est également très importante au sein des professionnels de la BD, qu'ils soient auteurs, éditeurs ou chercheurs, une telle ambiance permet de lever certaines barrières et de faire de belles rencontres, d'avoir de réels échanges et de partager cette créativité « sans frontières ».
Expositions et conférences
Un programme très ambitieux qui reste à taille humaine, le FIBDA offre à voir une diversité étonnante d'œuvres et de talents, jeunes et confirmés, à travers notamment de nombreuses expositions. Parmi celles-ci à noter l'exposition « Octobre 1961. Les auteurs de BD témoignent » commémorant la manifestation du 17 octobre 1961 qui a fini avec des centaines d'Algériens noyés dans la Seine, ainsi qu'une exposition hommage à Brahim Guerroui, auteur et caricaturiste assassiné en 1995. D'autres expositions présentent le travail d'auteurs comme François Schuiten, Bado, Maximilien le Roy, Claude Renard et beaucoup d'autres. Avec pas moins de deux conférences par jour, le FIBDA a vu défiler sur scène un grand nombre d'auteurs et autres professionnels de la BD, en discussion autour de thèmes sur l'édition, la bande dessinée comme outil d'éducation ou encore de lutte contre la violence, de Tintin, des 1001 bandes dessinées qu'il faut lire dans une vie, avec pour terminer, une conférence de réflexion sur l'importance d'organiser un festival tel que le FIBDA.

L'atelier de film d'animation.
Ces conférences et surtout le fait d'inviter sur scène des intervenants venant de divers horizons sont un aspect essentiel du festival, comme l'explique Rachid Alik, chargé de la communication du FIBDA et modérateur de nombreuses conférences de cette édition : « Alger, et le Maghreb aussi, sont encore très liés au monde francophone, mais surtout Français. Il était donc important d'inviter des intervenants, comme Paul Gravett qui vient du Royaume-Uni, qui ont une perspective différente sur la bande dessinée, et le festival ne peut que gagner à les écouter ». C'est dans cette optique là que le festival a invité des Belges (flamands et francophones), des Britanniques, des Américains et un grand nombre d'Africains à prendre la parole et à partager leurs visions de la bande dessinée et des métiers qui l'entourent.

Un groupe d'enfants visitent l'exposition « Octobre 1961, les auteurs de la BD se souviennent »
Par Canan Marasligil, le jeudi 13 octobre 2011 à 12:47:28 - 0 commentaire
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