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Remettre les éditeurs numériques au coeur du débat sur le livre numérique
Par Anne-Laure Radas, le mercredi 22 décembre 2010 à 15:59:26 - 3 commentaires
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Leur modèle économique et éditorial basé sur le papier n'est-il pas derrière la politique de prix élevés qu'ils défendent souvent ? N'est-il pas derrière leur volonté de préserver à tout prix les structures et circuits existants ? N'est-il pas derrière leur attachement aux DRM ? Les solutions que ces acteurs préconisent sont-elles vraiment les meilleures pour le livre ? Ou bien sont-elles simplement les meilleures pour l'industrie du livre papier ?
Il existe pourtant de plus en plus d'éditeurs purement numériques qui voient dans ces nouvelles technologies une formidable chance pour la création et la diffusion de l'écrit de qualité. Car l'écrit, ce n'est pas avant tout de l'encre sur du papier. L'écrit, c'est le partage des œuvres de l'esprit, qu'elles soient littéraires ou intellectuelles. L'écrit, c'est l'accès à la pensée, à l'art, à la connaissance, au spirituel. L'écrit, c'est le terreau de l'imaginaire, à tout âge et en tous lieux.
Les éditeurs purement numériques se sont débarrassés de nombreuses contraintes pour se recentrer sur le cœur du métier d'éditeur : assurer la qualité des livres publiés. Débarrassé du besoin de rentabilité immédiate, tout titre peut prendre le temps de trouver son public. Tout ouvrage de qualité, même visant un public de niche, a le droit de voir le jour, d'être diffusé. Des livres différents sur le fond, mais aussi sur la forme, moins linéaires ou plus interactifs, peuvent conquérir leur public au travers de nouveaux modes de diffusion. Les romans-feuilletons chers à Balzac ou Dumas peuvent renaître sous les doigts d'auteurs contemporains ! Cette liberté permet aux éditeurs numériques de ne plus penser qu'au livre, qu'à l'écrit ! Cela leur donne une perspective unique pour s'exprimer sur le sujet.
Ceux qui choisissent ainsi de se lancer pleinement dans l'édition numérique mènent une réflexion de fond sur leur activité. Cette réflexion ne se positionne pas par rapport à l'existant des savoirs faire traditionnels du livre papier, qu'ils concernent la conception, la fabrication, la diffusion, ou la promotion. Elle explore un domaine entièrement nouveau au sein duquel il faut tout « repenser » pour le livre de demain.
Si l'on écoutait les réflexions provenant de ces petits acteurs dynamiques, on entendrait moins parler des angoisses de la « cannibalisation » du papier par le numérique ; on ne s'inquiéterait pas de savoir quelle réduction doit s'appliquer au prix du livre numérique par rapport à sa version papier ; on se préoccuperait moins de la survie de l'écosystème du livre papier ; on ne tremblerait pas devant l'idée que certains lecteurs pourraient préférer le numérique au papier.
On se demanderait plutôt comment l'écrit sera transcendé par cette révolution ; comment la technologie rendra l'expérience de lecture plus riche, plus complète, plus intense ; comment le livre pourra enfin toucher des publics jusque là difficilement accessibles, y compris au-delà des frontières territoriales ; comment les livres de « niche » pourront atteindre leur lectorat à leur rythme.
Quand les réflexions des éditeurs papier sont centrées sur... le papier, celles des éditeurs numériques sont centrées sur le livre. C'est un changement total de perspective !
Élargissons nos horizons. De même que la télévision n'a pas tué le cinéma, le livre numérique ne tuera pas le livre papier. Dans les années cinquante, il aurait été absurde de tenter de comprendre l'avenir de la télévision à travers le prisme de l'industrie cinématographique. Penser aujourd'hui le livre numérique en s'appuyant uniquement sur la vision qu'en a l'industrie du livre papier serait de même un non-sens.
Nous le répétons, le livre numérique ne tuera pas le livre papier. Il est temps de dépasser nos angoisses et de regarder devant nous. Il est temps de nous poser les bonnes questions pour que le numérique puisse exprimer tout son potentiel pour le livre, pour l'écrit et pour que les lecteurs en profitent. Enfin, il est temps de commencer à écouter aussi ceux qui ont choisi de se lancer pleinement et jusqu'au bout dans l'aventure du livre numérique.
Par Michel Morvan et Anne-Laure Radas
Editions Chemins de tr@verse sur Bouquineo.fr
Site des Editions Chemin de tr@verse
Par Anne-Laure Radas, le mercredi 22 décembre 2010 à 15:59:26 - 3 commentaires
Mots clés :
edition -
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editeur
Publié par Pedro
Il y a deux préalables assez simples :
1. Un livre, c'est d'abord un auteur. Actuellement, c'est vrai qu'il est rémunéré de façon bizarre : au pourcentage du prix de vente final du livre, lequel est largement calculé
? sur le coût de distribution (autour de 55%),
? et au départ sur le coût de fabrication (un petit éditeur essaye de le faire tenir dans 25% ; les gros, c'est vrai, vendent des livres uniquement de texte, à mise en page basique, dos carrés collés et imprimés à la rotative, qui ne doivent guère leur prendre plus de 15%, voire 12%, de ce que payera le lecteur)
? et l'auteur, sans qui il n'y a pas de livre ? Les bons éditeurs lui accordent des droits 10%, les moyens 8%, 7%. Choisissez chez votre libraire six titres peu vendeurs mais néanmoins qui vous ont paru de qualité, méritant d'exister, multipliez le prix hors-taxe (-5,5%) par 2000 (une espérance de vente tout à fait moyenne aujourd'hui), prélevez 10% (faites aussi la version 7%), enlevez encore de ce que vous obtiendrez 9% de cotisations sociales, et vous aurez l'espoir de gain de l'auteur. Vous avez envie d'écrire beaucoup de livres pour ce prix là ?
Voilà les auteurs sommés, au nom du libre droit d'accès à la culture, de travailler pour encore moins, au forfait, pendant qu'Apple ou autre prendrait 30% sur chaque transaction?
2. Un livre rendu au stade de la lecture (sur papier ou sur tablette), c'est tout le travail entre l'éditeur et l'auteur, puis le prépresse (mise en page), qui sont les mêmes que le rendu final soit sur papier ou en édition électronique, voire plus de travail pour cette dernière où l'auteur et l'éditeur auront envie de mettre en valeur des aspects supplémentaires du livre via l'hypertexte, l'indexation, peut-être des bonus etc.
Un éditeur numérique serait, écrivez-vous "débarrassé du besoin de rentabilité immédiate, tout titre [pouvant] prendre le temps de trouver son public".
Ce temps long de la diffusion, tout éditeur papier qui construit un catalogue de fond le connaît depuis qu'il existe. Mais si ce temps est trop long, si les pourcentages que chacun veut prendre au passage sont trop gourmands, le prix que l'acquéreur final veut bien mettre est trop faible, l'éditeur, comme l'auteur, cesseront de faire des livres.
Vous laissez entendre que les éditeurs ne sauraient, "sans biais", conduire les débats sur le livre numérique. Fff ! Ils ne demandent rien à conduire, juste à être reconnus dans le rôle qu'ils jouent dans la naissance d'un livre. Et les voilà, les biais : s'il n'y a plus de rémunération équitable du travail de l'auteur et de l'éditeur, il n'y aura plus de livre.
Publié par L\'économie du livre numérique est à définire
Le livre numérique ne peut vivre face au livre papier. La raison est simple - Il es curieusement plus cher que celui du livre papier.
A l'achat, le prix est à peine moins cher que celui du livre papier à la fois à cause du prix unique du livre et d'une TVA à 19,6% absorbant la différence de prix du support.
D'autre part il existe une économie du livre d'occasion qui se fonde sur la dégradation du support et non de l'oeuvre. Imaginez qu'un acheteur revende son livre numérique comme il aurait revendu son livre papier. Serait-il alors un pirate ? ou un pilleur d'auteurs ?
L'économie du livre numérique doit s'appuyer sur d'autres canons que ceux du livre papier car son support est multipliable à volonté avec un coût de copie nul et sans dégradation de son support.
De ce fait, le modèle économique actuel du livre numérique favorise le piratage car comparativement au livre papier, il s'agit d'une arnaque technologique.
Il faut envisager d'autres systèmes pour qu'il trouve un lectorat susceptible de ne pas recourir à un téléchargement illégal pour rentabiliser les liseuses.
Pourquoi pas un système d'abonnement à une bibliothèque numérique ?
Publié par tu pues.fr
Tu pues[quote]Votre citation[/quote]
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