Le monde de l'édition > Economie > Actualité

L'imprimé a de l'avenir, s'il se couple avec l'ère numérique

d'après Charles Townsend, PDG de Condé Nast

Par Ania Vercasson,Le samedi 03 novembre 2012 à 15:37:34 - 0 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Est-ce donc réellement la mort de l'imprimé à l'ère de l'édition numérique ? Les journaux papiers et les livres voient-ils donc venir leurs derniers jours ? Selon Charles H. Townsend, PDG de Condé Nast, cette idée que l'impression se meure est « naïve ». C'est ce qu'il a vaillamment déclaré hier devant un auditoire du Paley Center, à New York. Néanmoins, prudent, Charles H. Townsend n'a pas affirmé que l'impression (journalistique) puisse survivre d'elle-même, comme une entité autonome.

 

 

 

La présence du numérique est indéniable, et il faut continuer "le business" avec. Oui, mais comment et vers quel avenir ? Lors d'un jeu de questions/réponses avec l'éditeur en chef de Glamour, Cindi Leive, au Paley Center qui servait de forum et de dialogue sur les grands enjeux de l'industrie du monde des médias, Charles Townsend a discuté de l'avenir des journaux dans l'espace numérique. Sa vision est plutôt restée optimiste, rapporte Foliomag.

Aux Etats-Unis, selon Townsend, il faut surtout considérer l'avant et l'après-récession. Avant la récession, « le secteur de l'impression était en pleine explosion ». Il a ajouté que des sociétés comme Condé Nast ont su montrer une croissance « modérée » de 12 à 15 %. En revanche, les pressions changeantes du marché ont conduit à un changement dans la manière dont les éditeurs de journaux traitent leurs affaires.

Pendant la récession, Condé Nast, qui donne l'exemple lors de la discussion, avoue avoir perdu 40 % de leur CA. Ca « a été une expérience extrêmement douloureuse », confie Townsend, mais « en termes de gestion de la marge, nous avons traversé la récession dans une position très saine ». Ainsi, pour le PDG de Condé Nast, la société a finalement bien émergé de la récession, surtout qu'en 2010 et 2011, elle a connu une expansion de 5 à 7 % pour ses activités d'impression, avec néanmoins des actifs Web d'une croissance entre 32 à 33 %.


Rien d'étonnant à cela pour Townsend qui considère que le « moment de la post-récession est vraiment la mise en place de plates-formes alternatives » web. Ces initiatives sont là pour « enlever » une « pression du secteur de l'impression », mais, annonce Townsend, « ne remplacent pas le secteur de l'impression ». Et si cette dernière année est « une année misérable », ce n'est pas à cause de l'imprimé lui-même : « notre activité d'impression continue de croître après la récession », et la médiocrité de l'année n'est pas dû à « Condé Nast ni à toute autre société médiatique, mais à cause de l'économie américaine. Personne ne peut échapper aux problèmes que l'économie américaine fait peser sur nous ».

Et d'ajouter, plein d'optimisme : « Même dans ce pire moment de l'économie américaine, dont chacun d'entre nous peut se souvenir, le secteur de l'impression continue de croître et les marges sont plus nettes ». « Nous sommes encore une entreprise en pleine expansion ».

L'annonce principale de Townsend, qui révèle bien les nouvelles tendances des entreprises, c'est de désormais compléter sa société d'impression par une gamme d'actifs, comprenant le numérique et le mobile, entre autres. 


A propos des contenus numériques diffusés sur les tablettes, Townsend témoigne que jusqu'à présent cela signifiait pour une simple « valeur ajoutée ». Or, « maintenant, c'est une partie intrinsèque de notre taux de base ». Et de conclure, sur l'avenir : « Nous nous caractérisons aujourd'hui comme une société de médias et non plus comme un éditeur de journaux ». 

 

Et concrètement, comment s'attaquer au problème ? En prenant à bras le corps la question de la gratuité des contenus qui incite à « dilapider » les contenus. « Nous avons créé une habitude qu'il a été quasiment impossible d'enrayer. Maintenant avec le regroupement (bundle), nous pouvons fournir des contenus numériques, leur archivage, des ebooks, l'accès en ligne à des événements, des contenus pour mobile et de l'impression. Nous avons maintenant la chance de jouer en accord avec les consommateurs en se fondant sur le fait que presque tous les autres secteurs de l'industrie culturelle ont trouvé comment le faire ».

 

 

Charles H. Townsend on the Publishing in the Digital Age from The Paley Center for Media on FORA.tv

Sources : Folio mag , Fora.tv

Pour approfondir

Mots clés :
imprimé - journaux - numérique - Townsend



Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

pub

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

Vers l'infini et au-delà : « Spoutnik », 49ème nouvelle du Projet Bradbury

Alors, bande de petits veinards, on est en vacances ? Pas moi ! Le Projet Bradbury se reposera quand il en aura terminé avec les [...]

Les écrivains et leurs lecteurs

  Je viens de lire deux ouvrages très différents qui mettent cependant en scène tous les deux des écrivains et des [...]

Surfing, Jim Heimann

Présentation de l'éditeur : Apportez une touche d'adrénaline à votre quotidien. Avec le calendrier perpétuel [...]

Sondage

Un abonnement pour les livres numériques, en illimité, ça vous inspire quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com