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Oeuvres indisponibles : personne pour financer la numérisation

Personne ne veut du projet ?

Le jeudi 10 octobre 2013 à 11:35:37 - 0 commentaire

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Le financement de la numérisation des oeuvres indisponibles du XXe siècle est encore indéfini, confirme le ministère de la Culture, dans une réponse au député Marcel Rogemont (SRC, Ille-et-Vilaine). Ce dernier avait sollicité la rue de Valois, en apprenant que 10.000 ouvrages indisponibles allaient être numérisés par la BnF, et que tout portait à croire que les crédits viendraient du Centre national du livre.

 

 

Ministère de la Culture

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Le député rappelait en effet que la numérisation des oeuvres indisponibles aura « pour effet d'amputer une part du budget consacré à la numérisation des oeuvres du domaine public ». En effet, ActuaLitté avait diffusé en février 2013 un document inédit démontrant que l'établissement allait bel et bien réaliser 10.000 numérisations dans le cadre de la loi sur les oeuvres indisponibles. Et la question était de savoir d'où viendraient les fonds nécessaires à cette numérisation. 

 

Le ministère de la Culture rappelle que la numérisation des indisponibles intervient « dans le cadre du programme ‘Développement de l'économie numérique' des Investissements d'avenir soutenu par le Fonds national pour la société numérique (FSN) ». Et précise que la BnF est un partenaire « essentiel de ce projet ». L'établissement doit en effet constituer et mettre en oeuvre une base de données, mais également assurer « avec la Société de Projet, la maîtrise d'ouvrage de la numérisation, qui sera réalisée à partir des collections du dépôt légal ».

 

Ce premier point est étrange : en effet, la BnF a déjà dépensé 124.999 € en achetant auprès d'un prestataire privé, la société Electre/Le Cercle de la librairie une première liste de 50.000 oeuvres, avec un grand nombre d'erreurs constaté. 

 

Or, ledit prestataire est doublement intéressé, dans cette histoire, puisque la BnF doit travailler avec la Société de Projet, laquelle doit être hébergée par Le Cercle de la librairie, en tant que filiale de cette société. La BnF achète donc à Electre/Le Cercle de la librairie une base de données, pour que la filiale du Cercle de la librairie en profite. Entre conflit et intérêts, donc...

 

Mais la suite de la réponse du ministère n'est pas non plus bien blanche : 

Le plan de financement de ce projet n'est pas finalisé. Une participation financière du Centre national du livre au projet est envisagée. Si tel devait être effectivement le cas, cette participation sera totalement distincte des financements déjà accordés à la BnF pour numériser des oeuvres du domaine public dans le cadre de son actuel marché de numérisation de masse. Il s'agirait donc bien de renforcer l'effort de numérisation actuel, sans s'y substituer.

 

En réalité, et selon nos informations, la Caisse des Dépôts et Consignations autant que le Commissariat général à l'Investissement, qui sont impliqués dans le financement du projet ReLIRE, sont tout simplement interdits de communication. Muselés, pour ne pas que les négociations échouent, nous explique-t-on - négociations qui démontrent qu'aujourd'hui encore, le financement de ReLIRE n'est assuré... par personne ?  

 

Nous avons sollicité le ministère de la Culture, pour avoir une ébauche d'information sur cette question : après tout, il a fallu 

  • payer des campagnes publicitaires sur internet, 
  • s'offrir les services d'une agence de communication inutile puisqu'elle ne répond jamais aux questions qu'on lui adresse, 
  • prendre en charge des déplacements de représentants pour des réunions dans les Centres régionaux du livre, afin de prêcher la bonne parole, 
  • acheter la base de données à Electre (seule dépense dont on connaît le montant exact), 
  • réaliser un premier site internet - et anticiper un second site qui coûtera près de 600.000 €

 

Tout cela sans que l'on ne sache qui paye la douloureuse. Peut-être le Cercle de la librairie ?

 

La suite des explications confirme des informations exclusives que ActuaLitté avait dévoilées voilà deux semaines : 

  • le référencement dans Gallica de tous les livres indisponibles, avec un feuilletage partiel
  • conservation d'une copie des fichiers produits, intégrés au système de préservation numérique
  • des centaines de milliers d'oeuvres indisponibles, accessibles par Gallica quand elles tomberont dans le domaine public

 

Ce que ActuaLitté peut assurer, c'est que la « participation financière » du CNL n'a pas été envisagée, mais exigée par le ministère de la Culture, la ministre ayant rappelé que l'argent du Centre était le sien. En revanche, si le budget que le CNL doit allouer est distinct des financements déjà accordés, il faudra débloquer un nouveau montant, et créer un nouveau poste de dépense. Pour l'heure, le CNL n'est pas au courant de pareilles idées. 

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
registre ReLIRE - oeuvres indisponibles - numérisation - ministère de la Culture



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