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Prévision : Croissance du livre numérique de 115 % en France
260 millions de CA d'ici 2015 ?
Par Nicolas Gary,Le dimanche 01 juillet 2012 à 10:10:10 - 8 commentaires
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Prometteuse étude réalisée par le cabinet Xerfi, qui s'interroge sur les perspectives et les modèles économiques pérennes pour l'industrie du livre. Avec en ligne de mire l'année 2015, et pour thématique, la dématérialisation progressive du marché...
La distribution de livres face au numérique à l'horizon 2015 pose quelques éléments intéressants, et montre notamment des possibilités des croissances de 115 % annuels, au cours des trois années à venir, et jusqu'en 2015, pour atteindre un chiffre d'affaires de 260 millions € sur cette année, contre 12 millions estimés en 2011.

« La réticence des Français à abandonner le livre papier, mais surtout une offre encore peu développée expliquent le net retard du marché hexagonal du livre numérique, comparé aux pays anglo-saxons. En France, les tablettes et liseuses ont été lancées tardivement (octobre 2011 pour la Kindled'Amazon), le prix des e-books reste élevé et le catalogue encore restreint. Toutefois, le passage à un taux de TVA réduit pour le livre numérique en janvier, les prémices d'une baisse des prix chez les éditeurs et le succès des ventes de liseuses depuis les fêtes de fin d'année 2011 pourraient conduire à une vraie rupture en 2012 », note le cabinet.
La chose est heureuse, la ministre de la Culture a annoncé cette semaine, durant l'assemblée générale du SNE, que la TVA sur le livre numérique serait défendue par la France, contre Bruxelles. Mais également qu'elle ferait revenir la TVA du livre à 5,5 % contre les 7 % actuels, chose qui sera valable pour les livres numériques également.
Or, dans ce contexte, le Syndicat de la librairie française, se calquant sur le modèle de ses homologues britanniques et américains, cherche une solution de lecture qui serait alors estampillée Librairie Indépendante, et par laquelle les consommateurs pourraient accéder à leurs ouvrages, stockés dans un cloud.
C'est que les parts de marché du secteur diminuent. On assisterait à un recul de 19,3% à 17,4% pour les librairies stricto sensu et de 28,2% à 22,8% pour l'intégralité des vendeurs de livres. L'implication numérique serait alors la solution la plus intéressante pour assurer une présence continue. (voir The French Web)
« Si aujourd'hui, la Fnac (via Fnac.com) et, dans une moindre mesure, Amazon font figure de locomotives du marché de l'e-book en France, les entrées et les initiatives sur le marché se multiplient. Ce qui augure d'une intensification de la concurrence à moyen terme. Sur la base des évolutions récentes des positions des opérateurs, des modèles adoptés ainsi que de leurs forces et faiblesses face au numérique, Xerfi a réalisé une analyse prospective du jeu concurrentiel sur l'échiquier numérique à l'horizon 2015. »
Pour approfondir
Mots clés :
croissance -
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chiffre d'affaires -
France
Publié par TheSFReader
Quand on vous dit que ça va prendre...
Publié par Désolation
Cela t'arrange, hein Gary ? Ainsi que toute l'équipe de ce site. Comme vous êtes à fond pour la dématérialisation des oeuvres...
Publié par Nicolas Gary
Cher Désolation,
Je ne te réponds pas dans l'espoit que cela serve à quelque chose, ton avis sur les idées de notre rédaction me semble bien assez arrêté pour ne pas dire obtus.
Faudrait que tu passes à la boutique, pour voir que l'on est assis sur des chaises qui ne doivent rien au binaire, que l'on vit dans un bureau qui n'a rien d'un marketplace numérique ou encore, que l'on boit du café dans des tasses pas du tout 2.0.
Mais plus simplement, je vais te renvoyer à la lecture de ça
http://www.actualitte.com/actualite/zone-51/chez-wam/manifeste-du-tolerant-lire-ce-que-je-veux-comme-je-veux-27292.htm
Vu que tu as su nous trouver sur le net, tu dois être capable d'y retourner.
Mais sincèrement, passe nous voir.
Parce que j'ai l'impression qu'on va bien se marrer avec toi.
Nicolas
Publié par Metrodore
Le mépris n'a jamais rien réglé. Derrière le livre papier,
Il y a une foule de personnes dans la chaîne du livre dont la vie
Personnelle et profesdionnelle est centrée sur l'objet.
Foin des nouveaux Ayatollahs numériques et des conservateurs, il est temps d'avoir des discussions plus constructives. Allez je retourne lire mon vrai livre papier de chez Tristram moi parce que là...
Publié par jel
en réponse à Metrodore
"Derrière le livre papier, Il y a une foule de personnes…"
En quoi est-ce important ?
Pour les gens concernés, certes, mais pour les autres ?
Un métier ne perdure que s'il est jugé utile par les autres… et continue de l'être.
(Sauf à vouloir créer une protection sur une espèce en voie de disparition ;) )
Il y a des hommes derrière cela. Je compatis, mais la vie est adaptation.
Pour l'instant, nous allons vers un monde ou le numérique devrait progresser, à priori.
Cela crée des emplois, mais - comme toujours - aux dépends de ceux dépassés, ou jugés tels.
Les moines-copistes et l'imprimerie ont coexisté un moment (je ne parlerai pas des scribes de l'Égypte ancienne ni des graveurs sur pierre… tous disparus.)
Qui a envie actuellement de regretter cette période ?
Moi, un peu, pour ce qui concerne l'art de l'enluminure.
Qui plébiscite cette révolution ?
Moi encore, pour ce qu'elle a amené, en liberté, en facilité de diffusion, substituant - déjà - une philosophie de la (grande) diffusion à celle de la rareté.
Certains peuvent regretter l'avènement du numérique.
Ils ont raison de pleurer des jours disparus.
Ils ont tort de ne pas voir tout ce que cela apporte.
Bien sûr, cela se fera vraisemblablement avec la disparition de la plupart des libraires et éditeurs actuels devenus inadaptés, mais avec la création de nouveaux métiers.
Dans la chaîne du livre, les seuls indispensables réellement sont l'auteur et le lecteur. Le reste ne peut perdurer que si le service rendu existe sans parasitisme, supposant un service réel et un (sur)coût raisonnable.
Cependant, le principal demeure :
- vous voulez lire des livres 'papiers' : achetez/lisez des livres papiers;
- vous voulez lire en numérique : achetez/lisez numérique;
- vous préférez acheter chez votre libraire du coin, ou sur Amazon, Decitre, epagine, immateriel,
… il semble que cela devrait être votre choix, pas celui des autres pour vous.
De manière un peu contradictoire, j'aurais du mal à me débarrasser de mon encyclopédie médiévale papier (Viollet-Le-Duc)
J'aurais encore plus de mal à renoncer à acheter/me procurer en numérique les livres qui me plaisent, parce que - pour moi - il m'est devenu plus facile de lire sur une liseuse/ereader/tablette que sur papier.
Personnellement, facile à vérifier : sur les 12 derniers mois écoulés, j'ai acheté 136 ebooks pour 18 livres papier.
Deux ans avant, le ratio était inverse.
Bon, pour mes papyrus, j'hésite un peu, mais il va falloir que je fasse un choix.
Numériser ceux-ci ? Sacrilège… ;)
Publié par nooKeff
Oh oh, Nicolas, on peut dire que tu as un appeau à jolis trolls, le pseudo, toussa, tout y est :)
Moi je suis pour la dématérialisation des livres.
Je ne lis plus qu'en numérique.
Je n'achète quasiment plus de papier. Sauf quand c'est l'ouvrage d'un copain.
Comme le dit Jel : si vous pleurez sur le papier, courez en acheter.
La chaine du livre papier a bien besoin de gens comme Désolation. Pour ma part, je continuerai de penser que cette chaine doit s'adapter, plus vite que ça, sinon d'autres vont l'adapter à leur besoin, au forceps, et ça va lui faire mal.
Publié par Metrodore
Rebonjour. Quitte à me faire traiter de troll je continue, ça doit être mon côté masochiste. Je ne suis pas obtus et je suis sensible à certains arguments néanmoins il y a plusieurs écueils que je préfère partager :
1 le discours poujadiste comme quoi les éditeurs les libraires etc... ne servent à rien me gêne. Le modèle auteur vers lecteur sans intermédiaire que semble prôner certains idéalistes me semble idiot et impossible
2 conséquence : que des gros tuyaux comme amazon et google pour proposer avec ce que cela peut avoir comme conséquences : censure commerciale, aucune "biodiversité" créative, j'en passe et des meilleures. Après on m'objectera qu'il y a des éditeurs numériques. Ils font ce qu'ils peuvent mais leurs catalogues sentent encore des pieds et ils vont se faire comme tout le monde manger par le dieu-sucre.
Voilà mon avis et surtout mes inquiétudes. Je ne suis pas un lobbyste comme vous je n'y connais rien mais ces inquiétudes qui le semblent à mes yeux primordiales continuent à m'attacher encore majoritairement au papier.
Bien cordialement
Publié par optimiste et fière de l'être
en réponse à jel
je vois que le débat sur le numérique est toujours aussi virulent. Perso, je finis un DUT métiers du livre pour devenir libraire (eh oui, pour l'instant ça existe encore). Je n'ai rien contre le livre numérique, d'ailleurs ce sont les lecteurs de livres imprimés qui s'y intéressent et tant que les gens lisent ça me va.
En revanche, lorsque j'entends que les libraires ne veulent pas s'adapter, je ne peux pas laisser dire ça. La plupart des librairies indépendantes sont loin d'avoir les moyens de la FNAC et autre Amazon et peuvent à peine se payer un site Web. Quel sera l'intérêt pour un libraire de vendre du numérique? Parce que l'avantage du numérique quelque part c'est aussi de ne pas se déplacer (un peu comme les livraisons Amazon), de limiter les intermédiaires.
Et si au passage on peut dégommer les libraires qui, selon certains sites et on aimerait bien que ce soit vrai, se tapent 45% du prix du livre, pourquoi s'en priver?
Si les libraires ne souhaitent pas passer en mode numérique, c'est aussi parce que le propre de leur métier est la relation de proximité avec les clients. Bien sûr, à l'heure où chacun ne jure que par le virtuel et affiche 30 000 "amis" sur Facebook alors qu'il en connaît 10 à tout casser, il est idiot de croire qu'une relation simple où les gens se rendent mutuellement service dans la VRAIE VIE existe encore.
Les libraires eux veulent y croire encore parce que c'est leur nature. Et pendant longtemps, chacun a été bien content de trouver un petit personnage dans sa boutique pour lui conseiller des bouquins et éviter les navets au milieu de la jungle éditoriale.
Je pense qu'il est bien prétentieux de dire que le métier de libraire n'est plus jugé utile. Moi quand je vois les clients qui passent à la librairie et qui nous demandent directement si on a lu tel livre ou si on a des conseils de lecture à leur donner, je me dis que ces clients sont peut-être à notre image "inadaptés" (dixit jel) mais leur avis ne compte pas moins que celui des pro numérique.
Je terminerai par un avertissement sur le tout numérique. A l'image de ce qui se passe en informatique, lorsque vous vous retrouverez coincé entre quelques gros marchands qui alors pourront profiter de leur monopole, vous éprouverez peut être une nostalgie pour la diversité des points de vente de livres imprimés.
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