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Harry Potter et Occupons Wall Street font revivre Charles Dickens

Qui l'eût cru ?

Par Nathalie Gentaz,Le jeudi 02 février 2012 à 12:31:43 - 1 commentaire

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Quel est le point commun entre Harry Potter, le mouvement Occupons Wall Street et Charles Dickens ? Question ardue, n'est-il pas ? Et surtout à cette heure, où l'on serait plutôt enclin à prendre sa pause déjeuner...


Selon une professeure d'anglais de l'université Washington et Lee aux États-Unis, la saga de J.K. Rowling et le mouvement de protestation contre les abus du capitalisme ont pour point commun d'avoir remis au goût du jour les œuvres de Charles Dickens. 

 

 

Il y a une petite dizaine d'années, les professeurs d'université avaient du mal à enseigner les œuvres de Charles Dickens. « Il y a six ou sept ans, j'ai enseigné un Dickens, Little Dorrit, lors d'un cours sur le roman, et les étudiants avaient eu beaucoup de mal. Ils eurent du mal à suivre l'intrigue. Ça ne leur avait pas plus. Ils ne trouvaient pas ça drôle », explique Suzanne Keen, sur le site de l'université.

 

« On aurait dit que les étudiants avaient perdu toutes connexions avec Dickens » ajoute-t-elle. « C'était inquiétant parce que, de tous les romanciers de l'époque Victorienne, Dickens est le plus populaire, le plus drôle, et le plus facile à lire, en première ligne avec Jane Austen. »


Harry Potter, typiquement « dickensien ».


Puis vient le succès de la saga Harry Potter. Les étudiants de première et deuxième année de l'université les ont tous lus, pour la plupart et par conséquent « ils comprennent Dickens », affirme Suzanne Keen.

 

En effet, les aventures d'Harry Potter sont typiquement « dickensiennes ». Et les œuvres de Dickens possèdent les mêmes traits d'humour et les mêmes noms de personnages caricaturaux, en particulier Lord Voldemort, le méchant dickensien par excellence. 

 

De plus, les romans, aux intrigues multiples, sont des histoires agréablement très longues que les jeunes pourraient lire pendant des heures :

 

« Il y a une nouvelle attitude envers le fait de lire pour le plaisir », explique-t-elle, « Ils aiment lire. Ils aiment les histoires longues. Ils aiment parler de leurs lectures ».


Dickens, le contestataire


Le mouvement Occupons Wall Street a également développé l'intérêt des étudiants pour Charles Dickens, selon la professeure.

 

Elle se rappelle en particulier un événement lors duquel des manifestants se sont réunis pour créer la forme d'un tapis rouge humain, en invitant des lobbyistes à leur marcher dessus.

 

« Mes étudiants ont comparé cela à une pièce de satyre sociale de Dickens (…) Ils lisaient un roman dans lequel le méchant un Bureau de Circonlocution, qui est un gouvernement bureaucratique fait pour dire aux gens « comment ne pas faire les choses ». Dickens était intransigeant avec les grands Etats et les personnes riches et égoïstes. C'était super d'enseigner Dickens dans ce contexte. », confie-t-elle.

 

Les œuvres de Charles Dickens ont toujours été appréciées des lecteurs, mais elles connaissaient une perte de vitesse à cause de leur côté populaire, qui présentait Dickens comme un écrivain pas vraiment sérieux, au final.  Une période à présent dépassée aux Etats-Unis.

 

A la redécouverte des classiques...


Quelque temps après la sortie de Twilight, les lecteurs avaient eu une semblable réaction, en se précipitant vers les oeuvres des soeurs Brontë. Outre que Twilight a donné lieu à une nouvelle littérature, le paranormal romantique, dont Harlequin, entre autres, s'est emparé. Et alors que Bella compare son amour pour Edward à celui de Cathy pour Heathcliff, tout le monde aura perçu l'influence de l'oeuvre d'Emily sur celle de Stephenie.

 

En 2005, année de sortie du premier volume de Twilight, il s'est vendu 8551 tomes des Hauts de Hurlevent. Et par la suite, l'éditeur HarperCollins a décidé de rééditer l'oeuvre avec une couverture très inspirée de celle de Twilight, et surtout un sceau portant la mention « Le livre préféré de Bella et Edward ». 

 

Et pour l'année 2009, après évidemment cette réédition, il se sera vendu 34.023 livres, rapporte Nielsen BookScan. Quatre fois plus d'exemplaires donc, alors que dans les colonnes de certains sites marchands, on se plaint surtout que pour attirer le jeune public vers cette littérature, les marketeux aient joué la carte du rapprochement d'avec Twilight. (voir notre actualitté)


Pour approfondir



Réactions

Publié par sylvie Leymonie

 

Pour aboutir à une vraie cité

Écrit le 07/02/2012 à 11:25

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