Évidemment, de telles justifications ne tiennent pas la route une demi-seconde : comment prétexter qu'un roman traitant d'un sujet sensible doit être retiré d'une sélection d'ouvrages destinés à des ados, sous prétexte qu'ils traitent de sujets qu'une bande d'empêcheurs de lire en rond trouve sensibles ?L'inspection académique a donc purement et simplement écarté ces deux titres choisis PAR LES JEUNES LECTEURS. La raison ? L'un écorne un peu plus une image déjà écornée d'une institution religieuse bien connue (et qui tire les ficelles des marionnettes du Prix Ado), l'autre parle du suicide, un thème qui, évidemment, ne doit pas tomber entre les petits yeux de lecteurs de nos petites et chères têtes blondes.
Fort heureusement, rappelle-t-il, les ouvrages ont été sélectionnés par des ados, ce qui tend à prouver qu'ils ont plus d'ouverture d'esprit que les adultes en charge de cet événement. Et que définitivement, il n'y a que deux choses qui sont infinies, l'univers et la connerie humaine. Mais en effet, le savant avait raison de douter pour la première.Parce que, oui, nous vivons dans un pays qui refuse l'ouverture d'esprit, qui nie la diversification et le dialogue... alors, nous voulons faire de nos enfants des Sourds/Muets/Aveugles ; désormais, nous devons juste leur apprendre qu'ils vivent dans un monde de Bisounours, dans lequel le Mal n'existe pas, dans lequel les Hommes et les Femmes sont tous des gentils qui se câlinent à longueur de journée... bref, faisons de nos enfants des légumes !