Courte est la route qui nous ramène aux origines. Pour Dany Laferrière, la fin de l'exil s'annonce par une sonnerie de téléphone. Ce coup de fil nocturne, qui lui apprend la mort de son père. Déjà, l'esprit se tend vers Haïti.
Après l'enterrement, dans un cimetière de Brooklyn, le fils devra ramener l'âme du défunt jusqu’à Barradères, son village natal. La terre qui couvre notre nombril ne tolère pas l'oubli. Il suffit de peu à l'exilé pour amorcer le chemin du retour : quelques lignes du Cahier d'un retour au Pays natal, un goût de rhum sur la langue, au fond d'une baignoire, à l'abri du sommeil.
« (…) je continue à faire le même rêve partout dans le monde (…) je tiens à ces rêves... c'est la seule chose qui me reste de ma vie d'avant... »L'énigme du retour possède la saveur douce amère d'un rêve : les bribes qu'on essaie de rassembler à la volée, au réveil, s'apparentent à ces souvenirs engourdis par une trentaine d'hivers à Montréal.
Danny Laferrière
Ils ressurgiront aux rayons de Port au Prince. Mais certaines images du passé supportent mal la comparaison avec le présent : les blessures infligées au pays par les Duvalier ont laissé de vilaines cicatrices. La violence et la misère. Et malgré tout, malgré la faim : l'art, la beauté des nuques fières et cette incroyable énergie.
Immobiles, au creux du tourbillon, attendent ceux qui sont restés sans cesser d'envisager l'ailleurs. Autour d'eux, le ballet, universel et continuel, de ceux qui sont partis et qui reviennent, de ceux qui partiront pour ne jamais revenir. L'enfant du pays mesure l'absence qui creuse les distances, nous rend étrangers à notre pays et pose, impitoyable, son empreinte sur le visage des êtres chers.
Dany Lafferière sillonne le pays de part en part, à la reconquête de son enfance et de ses sensations. Le recueil d'Aimé Césaire dont il ne se sépare jamais, fait partie intégrante de ce voyage. À ses côtés, son neveu, prénommé Dany par la famille qui ignorait si le premier reviendrait un jour.
Le jeune Dany rêve d'écrire et peut-être même de partir. Alors, juste avant de rejoindre Barradères, dernière étape de son périple, l’auteur « (a) glissé dans la sacoche de (s)on neveu / le vieux recueil gondolé par la pluie/ du Cahier d'un retour au pays natal./ C'est avant de partir qu'on en a besoin./ Pas au retour ».
Avec ses vers libres, d'une justesse et d'une grâce absolues, L'énigme du retour nous renvoie à nos départs avortés ou nos retours retardés. Il souligne surtout la relation particulière qui nous unit à notre pays d'origine. Si vous êtes sensibles aux thèmes de l'identité et de l'exil, vous allez vous régaler.
Retrouvez L'énigme du retour, de Danny Laferrière, en librairie. Courte est la route qui nous ramène aux origines. Pour Dany Laferrière, la fin de l'exil s'annonce par une sonnerie de téléphone. Ce coup de fil nocturne, qui lui apprend la mort de son père. Déjà, l'esprit se tend vers Haïti.
Après l'enterrement, dans un cimetière de Brooklyn, le fils devra ramener l'âme du défunt jusqu’à Barradères, son village natal. La terre qui couvre notre nombril ne tolère pas l'oubli. Il suffit de peu à l'exilé pour amorcer le chemin du retour : quelques lignes du Cahier d'un retour au Pays natal, un goût de rhum sur la langue, au fond d'une baignoire, à l'abri du sommeil.
« (…) je continue à faire le même rêve partout dans le monde (…) je tiens à ces rêves... c'est la seule chose qui me reste de ma vie d'avant... »L'énigme du retour possède la saveur douce amère d'un rêve : les bribes qu'on essaie de rassembler à la volée, au réveil, s'apparentent à ces souvenirs engourdis par une trentaine d'hivers à Montréal.
Danny Laferrière
Ils ressurgiront aux rayons de Port au Prince. Mais certaines images du passé supportent mal la comparaison avec le présent : les blessures infligées au pays par les Duvalier ont laissé de vilaines cicatrices. La violence et la misère. Et malgré tout, malgré la faim : l'art, la beauté des nuques fières et cette incroyable énergie.
Immobiles, au creux du tourbillon, attendent ceux qui sont restés sans cesser d'envisager l'ailleurs. Autour d'eux, le ballet, universel et continuel, de ceux qui sont partis et qui reviennent, de ceux qui partiront pour ne jamais revenir. L'enfant du pays mesure l'absence qui creuse les distances, nous rend étrangers à notre pays et pose, impitoyable, son empreinte sur le visage des êtres chers.
Dany Lafferière sillonne le pays de part en part, à la reconquête de son enfance et de ses sensations. Le recueil d'Aimé Césaire dont il ne se sépare jamais, fait partie intégrante de ce voyage. À ses côtés, son neveu, prénommé Dany par la famille qui ignorait si le premier reviendrait un jour.
Le jeune Dany rêve d'écrire et peut-être même de partir. Alors, juste avant de rejoindre Barradères, dernière étape de son périple, l’auteur « (a) glissé dans la sacoche de (s)on neveu / le vieux recueil gondolé par la pluie/ du Cahier d'un retour au pays natal./ C'est avant de partir qu'on en a besoin./ Pas au retour ».
Avec ses vers libres, d'une justesse et d'une grâce absolues, L'énigme du retour nous renvoie à nos départs avortés ou nos retours retardés. Il souligne surtout la relation particulière qui nous unit à notre pays d'origine. Si vous êtes sensibles aux thèmes de l'identité et de l'exil, vous allez vous régaler.