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A Rome, l'Institut qui soignait les livres anciens et abîmés

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Par Nicolas Gary,Le lundi 26 décembre 2011 à 11:36:43 - 3 commentaires

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Un hôpital pour les livres, situé en plein coeur de Rome, et qui s'occupe de remettre en état les ouvrages anciens... Marina Bicchieri, directrice du département de chimie à l'Institut de Pathologie du livre n'est pas peu fière de son métier et de sa mission. 

 

Depuis plus de 70 ans, l'Istituto centrale di patologia del libro propose ses services pour la conservation et la restauration de manuscrits - et compte parmi ses clients le Vatican en personne. Fondé en 1938, tout d'abord pour s'occuper des archives d'Italie, le laboratoire a progressivement ouvert ses portes à des clients du monde entier.  

 

Rempli de livres en souffrance, on peut trouver dans ce ‘musée' de nombreux exemples, comme celui-ci rongé par les termites, qui ont fait un trou de la taille d'une balle, ou celui-ci, criblé de balles. Le dernier projet de grande envergure concerne des fragments de manuscrits retrouvés à Sanaa au Yémen, et datant de huit siècles. 

 

« Les principaux problèmes que nous rencontrons sont liés à l'eau, la chaleur, la poussière et les insectes », explique Flavia Pinzari. Et si d'ordinaire, les missions confiées relève de traitements classiques, il arrive, comme pour tout hôpital, que l'on ait à faire avec des urgences.

 

 

 

Après les inondations de Toscane, « nous avons été appelés par les autorités locales pour les aider avec les archives inondées », se souvient-elle. Pour ce faire, l'Institut a recommandé de congeler les livres « car cela empêche l'eau de diluer l'encre et les micro-organismes de se propager, puis dans un deuxième temps nous lyophiliserons l'eau, la faisant passer de l'état solide à celui de gaz, évitant qu'elle n'abîme les livres », explique Flavia Pinzari, responsable du département de biologie, à l'AFP.

 

« Nous consultons les vieilles recettes, certaines datant du Moyen-Age pour élaborer les couleurs et certains types d'encre. En consultant des fragments des rouleaux de la Mer Morte, nous avons découvert une encre fabriquée, entre autres, avec du sang », ajoute-t-elle. En effet, pour certains textes avaient été mêlés encre et sang humain. Ce dernier, riche en fer, aide à stabiliser les couleurs. 

 

Les compétences de l'Institut vont des textes de littérature à la reliure traditionnelle, en passant à la fabrication de parchemins ou encore la restauration d'enluminures médiévales. Et les ‘médecins' ont recours aux dernières technologies actuelles... pour reproduire du papier ancien. 

 

Une société japonaise propose ainsi de quoi reconstruire des pages endommagées. « Les livres n'aiment pas bouger, ni voyager. Ils s'adaptent à leur environnement, même lorsqu'il n'est pas idéal. Les changements de température, l'augmentation du taux d'humidité et les diverses manipulations causent la grande majorité des dégâts. »

 

Mais voilà : un livre reste un objet fait pour être lu. « Nous avons à trouver le juste milieu entre la consultation et la conservation », précise Pinzari. 

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Mots clés :
Rome - Institut - pathologie - livres



Réactions

Publié par insomniak

 

Je cumule 4 ou 5 de ces démarches, plus la radio.
Je trouve que le papier va plutôt bien, tout ce qui le menace paradoxalement le revalorise.

Écrit le 28/12/2011 à 17:02

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Publié par jean-louis C

 

Merci insomniak pour cette bonne nouvelle, puisqu'il n'y aurait selon vous aucune raison de se faire un sang d'encre concernant le devenir du papier. Il est cependant à craindre que son adversaire du jour, perfide, en s'attaquant cette fois, non plus directement à son essence mais à sa réputation relègue ses mésaventures avec l'Arno au stade de l'anecdote.

Écrit le 28/12/2011 à 20:35

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Publié par jean-louis C

en réponse à insomniak  

Merci insomniak pour cette bonne nouvelle, puisqu'il n'y aurait selon vous aucune raison de se faire un sang d'encre concernant le devenir du papier. Il est cependant à craindre que son adversaire du jour, perfide, en s'attaquant cette fois non plus directement à son essence mais au symbole même de vecteur intemporel, relègue ses mésaventures avec l'Arno au stade de l'anecdote.

Écrit le 28/12/2011 à 20:46

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