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Biologistes et historiens de l'art réunis autour des coléoptères

La réalisation des manuscrits anciens géolocalisable à la trace

Par Nicolas Gary,Le mercredi 21 novembre 2012 à 08:54:41 - 1 commentaire

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Il faut un goût prononcé pour les recherches étranges, pour se pencher sur des manuscrits anciens... et tenter d'y trouver des traces de coléoptères dans les ouvrages imprimés remontant à l'Europe de la Renaissance. Pourtant, le professeur Blair Hedges, professeur de biologie à l'université Penn State est parvenu à identifier deux espèces distinctes, suite à ses observations. 

 

 

Parcours du coléoptère

 

 

Plus spécifiquement, ce sont des coléoptères xylophages qu'il a découverts, en observant les trous réalisés dans les livres, et plus particulièrement dans des gravures sur bois. Il fait ainsi part de ses découvertes dans le journal Biology Letters, paru ce 21 novembre. Une approche inhabituelle des livres, certes, mais ne parle-t-on pas de bookworm, pour désigner un rat de bibliothèque en anglais ?

 

Dans les ouvrages du XVe au XIXe siècle, le chercheur a repéré des « wormholes» ou «trous de ver», qu'il a considéré comme des empreintes fossiles laissées par les insectes. Ces traces se retrouvent bien entendu dans les couvertures, faites de bois, poirier, buis ou pommiers, des matériaux particulièrement au goût des bestioles.

 

Près de 500 gravures sur bois ont été passées au crible dans les recherches de Blair Hedges, qui a ainsi détecté 3600 trous laissés par le passage des coléoptères. La plus ancienne remonte à 1462, la plus récente à 1899. Son objectif de biologiste était de remonter la piste de ces espèces, l'une clairement identifiée comme nordique, l'autre comme originaire du sud. 

 

C'est en fonction de la taille des trous laissés par le passage des insectes qu'il a pu distinguer d'un côté l'Anobium punctatum, du Nord, l'Oligomerus ptilinoides, du Sud. Ces trous proviennent de ce que les coléoptères pondent leurs oeufs dans les crevasses du bois, et les larves passent ensuite trois à quatre ans à creuser dans le bois, se nourrissant de la cellulose, avant d'entrer dans la phase de cocon nymphal, qui les fera évoluer vers le stade adulte. 

 

Des traces fossiles qui n'ont pas abouti à découvrir des animaux, mais « la preuve de l'existence de l'animal. Cela montre que les insectes ont envahi un morceau de beau particulier », précise le scientifique. Or, si l'on retrouve ces deux espèces un peu partout en Europe aujourd'hui, c'est avant tout dû aux migrations de ces 100 dernières années, par le développement du tourisme, le déplacement de meubles ou les transports, ajoute-t-il. Aux différentes époques, le clivage nord-sud était bien plus marqué. 

 

« Maintenant que nous savons que dans les différentes parties de l'Europe, il y avait différentes espèces, nous pouvons également affirmer que les livres ont été réalisés à tel ou tel endroits », conclut le scientifique. Les trous constatés dans les livres d'Europe du Nord, avaient en effet un diamètre de 1,43 mm, contre 2,3 mm pour ceux venus d'Espagne, du Portugal ou d'Italie.  

 

Finalement, la découverte aurait une portée non seulement dans le domaine de la biologie, mais également en histoire de l'art. « Il y a des situations où l'origine de l'impression du livre est inconnue, car aucune indication n'a été apportée dans le livre. Maintenant que nous savons que les différentes espèces de coléoptères ont existé dans différents endroits de l'Europe, les historiens de l'art peuvent déterminer si un livre est originaire du Nord ou du Sud de l'Europe, tout simplement en mesurant les trous laissés par les vers. »

 

Sources : NZZ , Science , Esciences News

Pour approfondir



Réactions

Publié par mélios

 

On passerait tout son dimanche en recherches.

Écrit le 09/12/2012 à 11:20

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