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Disparition de Ghassan Tuéni, "un homme libre"

Le Liban connut un grand homme de diplomatie et de presse

Par Nicolas Gary,Le dimanche 10 juin 2012 à 11:40:25 - 0 commentaire

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Plusieurs intellectuels français ont tenu à rendre hommage à Ghassan Tuéni, décédé ce vendredi, à l'âge de 86 ans. Diplomate, devenu par la suite homme de presse, il fut également auteur de deux importants ouvrages, portant sur la constitution du Moyen-Orient, mais également un entretien avec Jean-Philippe de Tonnac, retraçant le parcours de ce Libanais, féru de liberté. 

 

« Dans ce monde proche-oriental où les vérités sont si dangereuses à dire, Ghassan Tuéni est un homme libre. Il l'a prouvé tout au long de sa vie à la tête d'An-Nahar dont il a fait le premier quotidien en langue arabe par sa diffusion et le symbole reconnu par tous du dialogue des cultures et des croyances », explique-ton en introduction. 

 

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Mais la disparition de cet homme, éclipsée par celle de Ray Bradbury, en milieu de semaine, aura tout de même été saluée par le président de la République, pour qui, l'homme était resté libre, toute sa vie, et dont le « rôle reste celui d'un citoyen engagé au service d'un Liban réconcilié avec lui-même et démocratique ». Et d'ajouter : « La France, avec laquelle Ghassan Tuéni était lié par une amitié ancienne, profonde et sincère, ressent douloureusement sa disparition. »

 

Laurent Fabius, également dans un communiqué, salue la mémoire du diplomate : « Éminente personnalité libanaise, Ghassan Tuéni a été une haute figure de la presse libanaise: il a fait du Nahar, le quotidien fondé par son père, une institution et une référence en matière de presse dans l'ensemble du monde arabe. »

 

 

Entré en politique à vingt-quatre ans, tour à tour député, vice-président à la Chambre, ministre, ambassadeur auprès des Nations unies, il s'est servi de sa tribune d'éditorialiste pour tenter d'imposer auprès de toutes les communautés religieuses le devoir de " vivre ensemble ", qui est sans doute sa contribution essentielle à l'histoire du Liban moderne et à celle de toute la région. Citoyen et journaliste engagé, il a pourtant payé au prix fort cette passion de servir la vérité. 

 

En 1978, il porta la célèbre résolution 425, invitant Israël à retirer ses troupes, après que le pays a envahi le sud du Liban

 

L'assassinat de son fils Gébran, le 12 décembre 2005, dernier en date d'une longue série de drames qui ont endeuillé sa vie, a rappelé à tous les Libanais, à tous les hommes de bonne volonté, l'extraordinaire courage et dévouement dont avait fait preuve celui qui a fini par devenir, aux yeux de tous, la conscience de son pays. Dans ces pages poignantes, Ghassan Tuéni retrace son parcours et révèle, pour la première fois, la manière dont il a puisé dans les drames et les douleurs de sa vie la force de demeurer un homme de pardon.

Pour approfondir

Mots clés :
Ghassan Tuéni - Liban - diplomate - presse

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