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Disparition du poète portugais António Ramos Rosa

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Le jeudi 26 septembre 2013 à 18:36:10 - 0 commentaire

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Le poète António Ramos Rosa, figure majeure de la poésie portugaise du XXe siècle, est mort ce 23 septembre 2013 à Lisbonne, à presque 89 ans. Essayiste et traducteur, il a succombé à une pneumonie a annoncé sa famille à l'agence portugaise Lusa. 

 

 


 

 

Grand prix de poésie en 1990, il avait fait paraître en avril dernier son ultime recueil. Cet auteur avait su propager la parole de poètes français dans son pays. A l'époque, il compta parmi les opposants au régime salazariste, et fut emprisonné pour cela. 

 

La Librairie portugaise vient de diffuser un petit message, citant le livre de Xavier de Castro, Les Portugais à Paris :  

Depuis son petit appartement de Lisbonne, le poète António Ramos Rosa entretint une correspondance avec la plupart des grands poètes de la seconde moitié du xxe siècle. Il avait été ainsi le premier à présenter des traductions de René Char et d'Henri Michaux dans le n° 3 de la revue Árvore, paru en 1952. Il avait reçu de ce dernier une longue lettre, complètement illisible, qu'il finit par égarer... Ce fut en revanche le début d'une correspondance nourrie avec Char.

Malgré sa timidité, il vint en 1965 dans la capitale, pour le rencontrer enfin. Durant quinze jours, il se promena quotidiennement rue de Chanaleilles, où Char résidait au n° 4, espérant le rencontrer par hasard, car il n'osa jamais sonner à sa porte de crainte de le déranger. Il passa également trois ou quatre fois rue Séguier où demeurait Michaux. Il ne savait plus le numéro exact, vit une maison avec un arbre et pensa que c'était là, ce qui était faux, Michaux habitant un peu plus loin.

Il n'eut pas l'idée de vérifier. Il revint finalement bredouille à Lisbonne. Dix ans après, en 1973, lors de la visite de Michaux pour la première exposition au Portugal de ses dessins, Ramos Rosa se trouvait dans l'assistance de la galerie São Mamede dans la capitale portugaise. Il hésita longuement, mais finalement ne trouva pas la force de se présenter.

 

« António Ramos Rosa (1924) est né et a grandi en Algarve, dont les paysages ont nourri son imagination. Il a vécu ensuite à Lisbonne, sans exercer aucune profession : contrairement à la plupart de ses compagnons, il a consacré tous les jours de son existence à la poésie. Il a débuté par des poèmes de circonstance, exprimant à la fois le refus de l'oppression sociale et celui de la condition humaine.

 

Le plus célèbre de ses textes, devenu un morceau d'anthologie, dit l'impatience de l'être recroquevillé dans sa vie inauthentique : Je ne peux remettre l'amour à un autre siècle... » Mais très vite l'oeuvre s'oriente vers une saisie du monde par la parole poétique telle que la conscience soit en rapport immédiat avec le réel absolu. » (voir G. Le Gentil & R. Bréchon, La littérature portugaise (Chandeigne, 1995, p. 229-230)

  

Voici l'un de ses poèmes, à relire, et relire. Les recueils ont été publiés principalement chez Lettres vives, à l'exception du cycle Cheval - Accords, paru chez Poésies Gallimard.

 

Uma voz

Quero pertencer à abóbada escura como um amante inerme

e ser o alento do silêncio sobre os ombros das nuvens.

Quero aderir à sombra das palavras da folhagem

e compreender a terra na selvagem seda do desejo.

 

Une voix

Je veux appartenir à la voûte obscure comme un amant désarmé,

devenir le souffle du silence sur les épaules des nuages.

Je veux adhérer à l'ombre des paroles du feuillage

et comprendre la terre dans la soie farouche du désir.

(Animal Regard, Ed. Unes, 1988)

 

Pour approfondir

photo Mazin Cécile

   

Journaliste ActuaLitté. Dame bibliothèque et pionnière du droit des femmes dans la rédaction. Actualités générales.

 

Mots clés :
Antonio Ramos Rosa - décès - poésie - portugal



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