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Entre Chine et Japon, Murakami critique l'hystérie ambiante

Sale temps, géopolitiquement parlant

Par Nicolas Gary,Le mardi 02 octobre 2012 à 18:23:31 - 0 commentaire

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Depuis la semaine passée, la Chine a décidé de mettre en place un embargo sur les livres japonais, en réaction au conflit diplomatique qui oppose les deux nations. Opposées sur le sort des îles Senkaku-Diaoyu, tout le monde se regarde en chien de faïence, et au milieu de ce marasme, Haruki Murakami publie une tribune incendiaire, sortant de son antre pour jouer l'arbitre du Changement...

 

 

 

 

Le Chengdu Business Daily avait révélé que l'embargo émanait du Bureau de la presse et de l'édition de Beijing, et qu'il serait daté du 14 septembre. Ainsi, des éditeurs chinois auraient reçu la consigne d'arrêter leurs importations, dans les meilleurs délais. Et les auteurs japonais étaient ainsi bannis de l'Empire du Milieu. (voir notre actualitté

 

Et c'est dans la version numérique du journal Asahi Shinbun que le romancier prend la parole, pour dénoncer cet acte stupide. D'un côté, comme de l'autre.

 

L'auteur accuse les deux pays d'envenimer la situation, et de jouer sur une hystérie mutuelle, en puisant dans la rhétorique nationaliste pour défendre leur bout de gras respectif. « Quand un enjeu territorial cesse d'être un point de vue pratique, et entre dans le domaine des ‘émotions nationales', il génère une situation dangereusement sans issue. C'est comme de l'alcool pas cher. Il vous permet d'être ivre après seulement quelques verres, et vous rend hystérique. Cela vous fait parler fort, agir brutalement, mais après votre verbiage d'homme ivre, il ne vous reste rien d'autre qu'un terrible mal de crâne le lendemain matin. »

 

Et d'inciter tout un chacun à rester prudent sur ces sujets, et de ne pas chercher dans un alcool frelaté les réponses, sachant le danger qui guette tout le monde. 

 

C'est que cette histoire de boycott de livres pourrait aggraver les relations politiques autant que commerciales entre les deux pays. Généraliser les restrictions d'imports sur les produits japonais est une erreur grave, mais une réponse similaire serait d'autant plus nuisible pour les Japonais. 

 

Au sein de l'Archipel, quelques manifestations de Japonais ultra-nationalistes ont eu lieu, alors que des centaines de personnes ont récemment défilé à Tokyo, exhortant le gouvernement à ne pas céder à la pression chinoise. 

 

Et Murakami de poursuivre : « Il est de notre devoir de nous prémunir des politiciens et de ceux qui tentent de nous manipuler. [...] La querelle actuelle sur les îles Senkaku doit être abordée avec sérénité et la tête claire, nous devons appréhender attentivement la manière par laquelle nous en sommes arrivés là et comment nous avons réussi à laisser la situation nous échapper à ce point. »

 

On pourra retrouver une traduction intégrale en anglais de la lettre adressée par Murakami. 

 

Pour approfondir

Mots clés :
Haruku Murakami - 1Q84 - Chine - Japon



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