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Fusillade aux mines de Marikana : la Nobel Nadine Gordimer "effondrée"

Rien à ajouter

Par Nicolas Gary,Le dimanche 19 août 2012 à 11:55:08 - 0 commentaire

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Auteure de plusieurs ouvrages, Nadine Gordimer n'a pas caché son émotion, en apprenant comment la police a tué 34 mineurs grévistes à Marikana, dans le nord-ouest de l'Afrique du Sud. Prix Nobel de littérature en 1991, elle témoigne auprès de l'AFP : « Bien sûr, je suis absolument effondrée, je ne peux pas croire à ce massacre effrayant parmi notre propre population, parmi notre propre population noire. »

 

 

 

 

La fusillade, intervenue jeudi dernier, a été constatée par les forces de police le samedi matin, qui ont confirmé le nombre de 78 blessés, aggravant un peu plus le bilan. « Le ministre de la police doit démissionner parce que ce massacre a été commis sous sa supervision. C'est la même chose pour le président Zuma, il doit démissionner », expliquait Julieus Malema, leader récemment exclu du Congrès national africain.

 

Nadine Gordimer, âgée de 88 ans, avait découvert cet univers de la mine de platine, qui, lorsqu'elle était petite enfant banche, en Afrique du Sud, lui inspirait la peur. « Mon ami le grand photographe David Goldblatt a fait un livre merveilleux qui s'appelle Dans les mines et j'ai aussi fait un livre avec lui. Et il m'a emmenée dans les endroits où je n'étais pas allée en tant qu'enfant blanc », souligne-t-elle.

 

Les conditions de travail dans les mines, assure-t-elle, étaient alors loin de tout ce que l'on peut attendre. Et il en allait de même pour les conditions d'hébergement. La situation a-t-elle changé aujourd'hui ? Pas certain. « Ces gens sont vraiment le facteur le plus important pour faire ressortir la richesse que nous avons, notre richesse, notre platine, notre or et l'uranium de notre sous-sol. »

 

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Quant à l'action de la police, qui a ouvert le feu directement sur les manifestants, elle reste incompréhensible. N'existe-t-il pas de méthodes plus humaines que de tirer dans la foule quand celle-ci devient violente ? Qui pis est, à l'arme automatique : difficile d'éviter les rafales, dans ces conditions (voir et surtout écouter, la vidéo).

 

« Tout ce qui nous intéressait était de nous débarrasser de l'apartheid. Nous ne nous rendions pas compte de l'inégalité financière et de toutes les autres inégalités. (...) Malheureusement, il semble que nous ayons eu tort de ne pas pas parler de ça, de la façon dont nous pouvons répondre. Et en plus, il y a du racisme, parce que ces gens sont noirs. »

 

L'enquête est ouverte.

 

Les mineurs grévistes revendiquaient d'ailleurs simplement de meilleures conditions salariales, dénonçant un modèle de travail où ils étaient exploités, pour 4000 rands pas mois - soit moins de 400 €. 

 

Entre temps, le président Jacob Zuma a annoncé l'ouverture d'une enquête, rapporte l'AFP, citant deux communiqués du président. « Nous pensons que notre système démocratique offre suffisamment d'espace pour résoudre les conflits par le dialogue sans atteintes à la loi, ni violences », assurait-il hier. Et d'insister dans une autre communication : « C'est inacceptable dans notre pays, qui est un pays où tout le monde se sent bien, un pays avec une démocratie que tout le monde envie. »

 

La société Lonmin qui exploite la mine, et tire la majeure partie de ses revenus de cet endroit, a bien entendu déplorer cet incident, mais en rejette toute la responsabilité sur la police.

 

 

 

Sources : Telegraph , France 24 , Le Monde

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