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Pas de livres Amazon sur les étals des librairies américaines

Pour l'ABA, ce serait plutôt No Money, no money, no money...

Par Jean-Romain Blanc,Le jeudi 09 février 2012 à 13:59:22 - 0 commentaire

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On se croirait revenu au temps des campagnes de Louis XIV. Quand les Habsbourgs menés par l'archiduc Léopold Ier pataugeaient en Hollande et cherchaient tant bien que mal des alliés pour contenir les armées du Roi Soleil. Sauf que dans le débat actuel, Louis XIV prendrait davantage la forme d'une gigantesque firme céphalopodéïdale connue sous le sobriquet d'Amazon et les Habsbourgs seraient un conglomérat d'acteurs du monde de l'édition.

 

Conglomérat qui vient de recevoir un soutien non négligeable puisque ce sont désormais les librairies indépendantes américaines qui se liguent avec Barnes & Noble et Books-A-Million contre la toute-puissance d'Amazon.

 

Par le biais d'un communiqué destiné à tous les libraires du pays, l'American Booksellers Associations a expliqué pourquoi elle ne souhaitait plus que les livres publiés par Amazon soient vendus dans leurs boutiques. Dans ce même message, le président de l'association a indiqué : « pendant que d'un côté, Amazon cherche à vendre ses livres imprimés grâce aux méthodes conventionnelles, il semble que de l'autre, ils entreprennent une stratégie de vente en circuit fermé de leurs ebooks, des ebooks que les autres détaillants ne sont pas autorisés à vendre. Nous pensons que c'est une mauvaise chose ».

 

Stratégie, distribution et ambitions

 

Mais, outre faire la synthèse du système Amazon en trois lignes, la branche commerciale de l'association, IndieCommerce, annonce clairement la mise en place d'une nouvelle stratégie globale de distribution. Stratégie qui est décrite en une phrase : « seuls les livres envoyés chez les détaillants dans l'ensemble des formats disponibles seront inscrits dans la banque de données d'IndieCommerce ». En clair, adieu les livres disponibles sur Kindle dans les librairies indépendantes, puisque ceux-ci ne sont disponibles que dans un format spécifique à Amazon.

 

Mais l'enjeu paraît encore plus grand. Selon les critères de cette nouvelle politique de distribution, les alliés de l'ABA risquent également de se révéler être des ennemis potentiels. Parce qu'il faut rappeler que le Nook, tablette de lecture de la FNAC américaine Barnes & Noble, est lui aussi sujet à des restrictions d'utilisation.


 

C'est partiii !

 

En partant de cet état de fait, il est tout à fait probable que les libraires indépendants se soulèvent prochainement et rejettent également les ouvrages publiés par Barnes & Noble. L'union sacrée contre Amazon s'en retrouverait grandement fragilisée.

 

Obama, pomme de discorde

 

Mais la fin de cette ligue du boycott serait aussi le résultat d'une lutte d'ego entre acteurs majeurs de l'édition américaine. Chacun voit midi à sa porte. En son temps, Barnes & Noble fut le premier à revendiquer la suppression des livres Amazon de ses étales. En cause, la publication d'un livre consacré au candidat démocrate d'alors Barrack Obama. Amazon avait en effet obtenu un accord particulier avec l'éditeur pour bénéficier du droit de le commercialiser trois semaines avant tout le monde sur ces plateformes.

 

Depuis, le boycott a pris de l'ampleur et s'est propagé à Books-A-Million, autre libraire géant du continent pendant que certains libraires indépendants prenaient du même coup leurs distances avec Amazon. Mais jusqu'à aujourd'hui l'American Booksellers Association n'avait pas encore pris position. C'est désormais fait, au nom du bien du lecteur, de la culture et, surtout, de la libre concurrence.

 

Lecteurs de livres numériques des libraires indépendants : on y retourne

 

Mais il pourrait s'avérer que, plus que leur nouvelle politique en matière de relation avec les éditeurs, les libraires indépendants ont posé la première pierre d'une toute nouvelle stratégie titanesque. Oren Teicher, le président de l'association avouait début janvier qu'ils étaient « très sérieusement en train de (se) pencher sur le processus de développement d'un appareil que (les) membres pourraient vendre ».

 

Et si, après tout le but de l'opération n'était que de créer un espace pour permettre le lancement d'une tablette estampillée libraires indépendants dans les meilleures conditions ? L'avenir nous le dira. 

Sources : Publishers Weekly , Melville House , Jarek Steele , The BookSeller

Pour approfondir



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