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Qu'Amazon, Google et Starbucks payent pour sauver les bibliothèques

Ou qu'ils deviennent mécènes et philanthropes ?

Par Nicolas Gary,Le mardi 20 novembre 2012 à 08:47:19 - 0 commentaire

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Elle aurait pu être ministre de la Culture, avec sa proposition, mais rien n'est encore perdu. La romancière Jeanette Winterson vient d'appeler les autorités de son pays, le Royaume-Uni, à faire un effort pour sauver les bibliothèques menacées. Dans un discours passionné, prononcé à la British Library, elle a même proposé ses solutions. Radicales, certes, mais intéressantes. 

 

 

Jeanette Winterson 2010

Jeannette Winterson

Chris Boland (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

« Les bibliothèques coûtent environ un milliard par an, à compter de maintenant. Eh bien, demandez deux milliards et responsabilisez Google, Amazon et Starbucks ; qu'ils soient taxés sur les bénéfices qu'ils réalisent ici. Et s'ils préfèrent payer des avocats pour éviter légalement de s'acquitter ici de leurs devoirs moraux, alors peut-être ces entreprises pourraient se changer en un nouveau Andrew Carnegie [NdR : industriel et philanthrope britannique naturalisé] et nous construire de nouveaux types de bibliothèques pour un nouvel avenir dans un monde plus juste et meilleur ? »

 

Rien à redire, pas un mot qui ne soit pesé : aujourd'hui, les grandes firmes américaines viennent profiter des conditions diverses proposées en Europen - optimisation fiscale via le Luxembourg, avantages en masse salariale en Irlande, et ainsi de suite. Le tout, sans payer le moindre impôt ailleurs que dans le pays où se situe le siège social de l'entreprise. En l'occurrence, toujours dans des pays au confort fiscal assuré...

 

L'écrivaine a ainsi lancé un appel fort, désireuse de vivre dans une société où les établissements publics conservent toute leur place - et sans qu'on les mette en concurrence avec des centres sportifs, dans l'attribution des crédits de réalisation. « Les bibliothèques réalisent un travail plus éducatif que jamais. Les bibliothèques et l'alphabétisation ne peuvent pas être séparées, je ne vois pas comment cela peut être classé dans le domaine ‘Loisirs' et ne comprends pas comment nous arrivons à devoir choisir entre le ramassage de nos poubelles et l'investissement dans les bibliothèques. »

 

Ce discours inaugural, prononcé à l'occasion du 10e anniversaire de l'organisation Reading Agency Lecture, a marqué les esprits. Dans un contexte économique où les autorités britanniques votent la coupure des budgets des établissements, les uns après les autres, quand ce n'est pas la stricte fermeture, l'appel de Winterson a résonné bien au-delà des murs de l'établissement. 

 

Elle est l'une des nombreuses personnalités du monde littéraire, et d'ailleurs, heureusement, à avoir pris la défense des bibliothèques et des services publiques. La semaine passée Philip Pullman, Julia Donaldson et Anne Fine s'en prenaient à la ville de Newcastle, qui s'apprête à fermer différents établissements.  

 

Un appel à suivre...

 

Sources : Guardian , The Bookseller , BBC

Pour approfondir



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