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Sauver les manuscrits de Tombouctou, un chantier précaire

Qui doit désormais se jouer au niveau national

Le jeudi 21 mars 2013 à 12:57:39 - 0 commentaire

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Il y a quelques mois, avec les premiers coups de feu de la guerre au Mali, l'attention internationale était attirée par le sort des manuscrits de Tombouctou, menacés par la violence des djihadistes. UNESCO, Ministère de la Culture français ou encore la BnF se manifestaient pour numériser et sauvegarder les manuscrits, un travail que la société Arkhênum et l'INSA de Lyon ont entamé dès 2009, avec des moyens parfois insuffisants.

 

 

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Depuis le Forum des Archivistes d'Angers, Christian Chabrier, directeur d'Arkhênum, remonte pour nous jusqu'en 2009, au moment où le projet de numérisation des manuscrits se concrétise : si la bibliothèque d'État Ahmed Baba gère la conversion en fichiers des documents, à l'aide de scanners délabrés, la masse des documents privés reste dans la nature.

 

« La région Rhône-Alpes a attribué un budget de 100.000 € annuels pour la numérisation des fonds privés, qui ne sont pas du tout pris en compte par la bibliothèque. Ce sont ces manuscrits qui font l'objet d'un traffic, ce qui complique considérablement le suivi des documents », explique Christian Chabrier par téléphone.

 

D'après le directeur, « évaluer le nombre de manuscrits est impossible, surtout si l'on n'est pas sur place », en raison de cette forte dispersion. Désigné avec l'Insa, école d'ingénieurs à Lyon, pour mener la mission de la régio Rhône-Alpes, Arkhênum décolle fin 2009 pour le Mali avec dans ses bagages un précieux scanner. Si ce dernier est acheté avec la subvention régionale, tout comme les frais de transport, le gros du travail sera bénévole : l'installation des équipements, et la formation de personnel apte à l'utiliser.

 

Formation sur place, situation instable

 

Hamidou, Namou Same et Saadou bénéficieront ainsi chacun d'une formation, au Mali ou en France : ils apprennent à évaluer, indexer et nettoyer les manuscrits, leur numérisation, évidemment, mais également les modes de classement adéquats. Le reste se résume un peu à du porte-à-porte, comme chez cet imam dont Christian Chabrier se rappelle la bibliothèque, « héritée de génération en génération ». Bien entendu, les manuscrits sont systématiquement rendus à leur propriétaire, une fois la numérisation terminée.

 

Les opérations auraient suivies leur cours si l'arrivée des djihadistes, début 2012, n'avait pas rendu impossible toute opération de numérisation. « Tout est en stand-by, car les opérations se concentrent logiquement sur l'humanitaire et les soins apportés à la population. Le problème, c'est que le processus de sauvegarde n'est pas arrivé à son terme. L'idéal aurait été un serveur sécurisé à Bamako, par exemple... » souffle Christian Chabrier. Dans un pays en guerre, tout disparaît plus vite, et il ne reste plus qu'à espérer que les images des manuscrits soient toujours sur les ordinateurs... « Nous avons aussi pensé à une sauvegarde à Lyon, mais la question de la dépossession se pose... Et de toute façon, Internet passe par le satellite, la connection est horrible. »

 

Si le nouveau centre Ahmed Baba du pays laisse espérer de nombreux manuscrits conservés, beaucoup sont encore soumis aux aléas de l'homme et du temps qui passent : « La numérisation doit désormais passer par une collaboration entre les pays, France et Mali, et non par les régions », analyse Christian Chabrier, qui compte bien porter son idée au Ministère de la Culture. 

 

  CP ArkhenumTombouctou by ActuaLitté

Pour approfondir

photo Oury Antoine

   

Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr

 

Mots clés :
manuscrits de Tombouctou - numérisation - Arkhênum - Mali



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