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Une littérature britannique trop étriquée, estime un auteur kenyan

Culturellement, être une ancienne colonie donne une certaine saveur aux critiques

Par Clement Solym,Le lundi 21 novembre 2011 à 10:46:39 - 0 commentaire

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Intéressant de retrouver certaines critiques dans des bouches différentes. On se souviendra avec un sourire malicieux des propos de l'ancien secrétaire du Prix Nobel, Horace Engdahl, qui en octobre 2008 avait accusé les écrivains américains d'être trop « insulaires ». Comprendre : leur étroitesse d'esprit ne leur permet pas d'accéder à la récompense suédoise.


Une critique qui s'était propagée allégrement, et Giles Foden avait vertement répondu au secrétaire : « Des conneries ! » 

 

La nouvelle attaque vient cette fois d'un écrivain kenyan, Binyavanga Wainaina, pour qui les auteurs britanniques sont tout bonnement « indigestes », et illisibles pour les Africains (en photo) contemporains. « La Grande-Bretagne elle-même n'a pas été en mesure de produire une littérature qui est globale, bien qu'elle ait disposé d'un empire mondial. » Pas de polémique vaine : le Kenya fut une colonie britannique, officiellement, à partir de 1920, et le premier gouvernement indépendant n'arriva qu'au 12 décmbre 1963...

 

 

Or c'est bien le même terme que celui d'Engdahl que Binyavanga Wainaina emploie, « insularity ». Littéralement, insulaire, ou esprit de clocher et par extension étroitesse d'esprit.

 

Expliquant au Guardian sa position, il estime que, lui-même, pourtant familiarisé avec la littérature britannique, ne trouve pas les codes qui permettraient à ces oeuvres de franchir les frontières du pays.

Réponse de Rebecca Carter, éditrice chez Harvill Secker : ce n'est pas parce que la langue anglaiser est mondialement utilisée, que les auteurs ont pour vocation d'avoir des textes qui soient également mondialement accessibles.

 

La domination culturelle et économique de l'Amérique est effectivement un argument de poids dans la diffusion des oeuvres, mais la Grande-Bretagne n'a pas vocation à être universelle. D'autant plus que nombre d'auteurs sont accessibles facilement.

 

Mais Wainaina persiste : étant donné la relation entre le Kenya et la Grande-Bretagne, cette incompréhension, finalement mutuelle, est regrettable. Un auteur kenyan ne sera pas plus compris qu'un auteur britannique. De fait, si un auteur ne parle pas de mutilations faites aux femmes, ou de certains grands thèmes de société, le lectorat britannique s'en désintéresserait.

 

« Si vous me demandez ce que sont les grands enjeux en Afrique, je vous répondrais que les gens s'aiment, les gens baisent, les gens s'embrassent, les gens parlent. »

 

Et finalement, c'est la vie qui s'agitent autour des auteurs, dont ils ont envie de faire part...

 

 

Crédit photo Night Scream pour Wikipedia

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