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Interview de William Gibson

Par Nicolas,Le lundi 17 mars 2008 à 12:00:00 - 0 commentaire

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ActuaLitté.com : C'est un réel plaisir de vous rencontrer, M. Gibson. Non seulement je suis fan, mais en plus j'ai tous vos livres. Et promis, dès demain je commence à les lire.
William Gibson : (rires) Ah ? Alors revenez après-demain nous en discuterons.

ActuaLitté.com : L'avantage pour vous, c'est que je n'en parlerai pas en anglais. Mais soit. Pouvez-vous nous dire l'idée à l'origine de votre roman Code Source ?
William Gibson : Sincèrement ? Aucune (sourire complice). Je suis lié par contrat à une maison d'édition et quand s'approche le terme de la période à laquelle je dois rendre mon livre, je m'y mets. En fait, je suis tenu par une échéance, voilà tout. Mais je n'ai aucune idée de ce que je vais écrire avant de commencer.

K. Dick était un véritable pervers

ActuaLitté.com : D'accord... Vous brisez un mythe, là... Dans ce cas, dites-nous au moins si la littérature aide avec les femmes ?
William Gibson : Bien moins que si j'avais été musicien de rock en tout cas ! Et hormis deux ou trois cas, je dois avouer que non. Vous savez, l'exemple que l'on donne est celui de Philip K. Dick, qui a accumulé les relations amoureuses. La vérité, c'est que Philip allait draguer dans les hôpitaux psychiatriques pour trouver des filles, en disant qu'il était écrivain de SF... Mais je ne pratique pas ce genre de chose.

ActuaLitté.com : Que pensez-vous de la traduction du titre de ce livre (Spook country, en anglais) rendu par Code source, un terme très connoté en France ?
William Gibson : C'est compliqué de me prononcer. Ne connaissant pas le français ni les références auxquelles ce terme fait allusion, je dois faire confiance à l'éditeur. Cela dit, les retours des journalistes et des lecteurs sont très positifs.

Le Diable Vauvert :
Juste une précision. Nous avons beaucoup erré dans la recherche d'un titre, particulièrement du terme Spook [NdR : une apparition, un spectre], pour ne pas connoter le livre d'une teinte fantastique ou horreur. En fait, c'est l'édition allemande qui nous a donné un coup de pouce, puisque leur titre est justement Code Source, dans la traduction allemande.

Où l'on balance sur ses confrères...

ActuaLitté.com : Il paraît que fréquenter des écrivains de SF est assez usant pour le moral ? Comment voyez-vous vos confrères ?
William Gibson : Et les vôtres ?
ActuaLitté.com : Je ne me prononcerai pas sans mon avocat !
William Gibson : (rires) Bah ! La vérité c'est que je ne fréquente pas beaucoup d'écrivains en général et de SF en particulier. J'ai des amis qui sont architectes, publicitaires, musiciens, designers, mais finalement peu écrivent. Quand j'ai commencé ma carrière, voilà 25 ans, je côtoyais le milieu, mais il est assez hermétique et les conversations ne sont pas très riches, en dehors de la science-fiction. C'est assez étouffant, en fait. J'ai besoin de parler de choses variées et différentes. Je ne m'épanouissais pas dans ce contexte.

ActuaLitté.com : Aujourd'hui vous êtes un Père Fondateur d'un mouvement, mais finalement, on connaît peu les sources d'influences qui vous ont entraîné vers l'écriture.
William Gibson : Eh bien, quand j'étais ado, ou un peu avant, j'ai découvert simultanément la SF et la Beat génération. Les frères Burroughs, Sterling, Kerouac... bref, tous ceux qui ont fait le mouvement. J'ai toujours eu une véritable fascination pour cette époque. D'ailleurs, j'ai découvert récemment qu'il existe sur la 115e rue de New York un appartement dans lequel Burroughs a vécu. Et aujourd'hui, je me dis qu'une personne y habite, sans savoir qui en fut le locataire, et probablement sans rien en avoir à faire. Et pour continuer sur Burroughs, et particulièrement le Festin nu, j'ai adoré ce livre, c'est une véritable référence pour moi. Je suis très proche de ce livre, tant et si bien que je n'ai jamais pu voir le film de Cronenberg.

Cinéma et livres : un ménage pas forcément bon

ActuaLitté.com : Puisque vous parlez de cinéma, vous avez connu des adaptations de vos livres sur grand écran. Quel souvenir en conservez-vous ?
William Gibson : Horrible ! Vous parlez de Johnny Mnemonic, j'imagine. Je m'étais personnellement beaucoup impliqué dans cette réalisation : j'avais écrit le scénario, j'étais présent durant le tournage et finalement, le travail m'a beaucoup plu. Sauf que tout cela s'était déroulé avant que Keanu Reeves soit une star. Après que son succès a été reconnu et sa notoriété assise, le studio a repris le film pour le retravailler entièrement et ils en ont fait un bête film d'action. Et ce, bien sûr, en évitant le plus possible et le mieux possible de me demander mon opinion. J'en ai été très déçu.

ActuaLitté.com : Mais la SF s'adapte énormément au cinéma ces derniers temps, avec une recrudescence de livres adaptés en films.
William Gibson : Je dirai juste que la plateforme du genre a été le livre au cours du Xxe siècle. Mais désormais, une migration s'opère vers les films, les mangas, les jeux vidéo même. Ce sont eux qui prennent le relais. Prenez par exemple la Convention de la SF et la Convention Comics, vous vous rendrez compte que l'une est vieille et sans souffle, l'autre est jeune et dynamique. C'est un signe des temps.

ActuaLitté.com : Bon. Au moins pour vous réconforter vous aurez pu voir la ville et découvrir les Parisiennes. Sont-elles toujours les plus belles femmes du monde ?
William Gibson : (rires) Assurément. Mais ce qui les rend plus superbes encore, c'est leur présentation, le soin qu'elles prennent à être élégantes et raffinées. En fait, je dirai que... (sourire) elles disposent d'un code génétique magnifique et d'une touche mystérieuse, un je ne sais quoi qui les rend délicieuses.

ActuaLitté.com : Merci pour votre humour, et j'espère de tout coeur que votre livre connaîtra le succès qu'il mérite.
William Gibson : Cela dépendra de votre article, en fait. (rires) Mais de rien, c'est un plaisir.


(Et merci surtout à Charles du Diable Vauvert pour son aide précieuse dans l'exercice toujours périlleux de la traduction...)

Mots clés :
interview - William - Gibson - Code



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