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Stallman : 'Il faut légaliser les oeuvres partagées sur les réseaux' [1/2]

Par Adrien Aszerman,Le samedi 09 juillet 2011 à 16:45:08 - 3 commentaires

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Exclusif : Entretien avec Richard Stallman [1/2], à l'occasion de FOCUS 2011, sur le livre de demain, organisé par l'UNESCO, à Milan. Programmeur et militant du logiciel libre. Il est à l’origine du système d'exploitation GNU et de la Licence Publique Générale GNU connue aussi sous l’acronyme GPL, qu’il a rédigée avec l’avocat Eben Moglen. Il a également inventé la méthode légale "copyleft".


Comment convaincre les éditeurs de supprimer les DRM des livres numériques ?

Le contrat qui lie Apple aux maisons de disque a eu pour conséquence la disparition des DRM sur les fichiers musicaux vendus sur iTunes. Mais en dépit de cet effet inatendu et paradoxal du contrat d'Apple, les DRM reviennent dans la musique avec le streaming, comme Spotify, qui exige l'utilisation d'un programme client limitant l'accès à la musique. Ces programmes empêchent de sauvegarder une copie du fichier sur son ordinateur. Et maintenant, les sociétés peuvent changer quand elles veulent les conditions d'utilisation de leurs services. [NdR : cf l'offre de Deezer qui a changé du tout au tout, sans que l'on n'y puisse rien.]

Concernant les éditeurs, il faut ne pas leur laisser la liberté du choix. Il faut légiférer sur la problématique des DRM et légaliser le partage des oeuvres pour l'heure considérées comme 'copies non autorisées', parce que mises à disposition sur le réseau.


En légalisant le partage, ne supprime-t-on pas la rémunération de l'écrivain, et par là même l'existence même du métier ?



Si vous engagez un auteur pour écrire quelque chose pour vous, alors vous devez le payer et il s'agit vraiment d'une rémunération. Mais le fait de simplment lire son oeuvre ne vous impose pas une dette envers lui. Je rejette nettement le but de rémunérer les artistes. Je propose, à la place, de les appuyer. Si nous voulons plus d'art, il serait ainsi sage de les soutenir, et je veux le faire. Mais pas les rémunérer ! J'ai ainsi proposé d'autres manières d'appuyer les auteurs. Quand j'exige ces libertés, ce n'est pas pour avoir les choses sans payer. Je suis disposé à payer pour aider les auteurs, mais seulement en respectant ma liberté. (notre actualitté) Pour ce faire, il y aurait deux façons.

La première serait d'instaurer un système d’impôt qui pourrait remplacer les taxes privées. Un vrai impôt récolté par l'Etat, pour redistribuer aux artistes et auteurs de l’argent directement en fonction du succès de leur succès. Seules les grandes stars reçoivent aujourd’hui beaucoup d'argent.

La fonction actuelle employée pour déterminer l'argent que chacun reçoit est le contraire de ce dont on a besoin. Je propose d'appliquer une racine cubique au succès de chacun pour le calcul des sommes à verser aux artistes. De cette façon, nous verserons davantage d'argent aux artistes connaissant un succès moyen, et un peu plus aux stars, même si ces dernières gagneront toujours bien (beaucoup, mais pas énormément plus). L'argent serait ainsi utilisé efficacement pour appuyer les arts et un plus grand nombre d'artistes.

L’État ne risque-t-il pas de se retrouver seul à choisir les artistes ?


Non, car le système serait encadré. Je ne dis pas de laisser les bureaucrates décider. Ce que je propose ne fonctionnerait pas par le biais de décisions bureaucratiques, mais par un système de sondages.

Le second système que je propose est celui des paiements volontaires. Si chacun pouvait envoyer 1 € aux auteurs d’une oeuvre, le problème serait réglé. Chaque jour, beaucoup d’individus enverront 1 euro aux artistes, qui ainsi recevront de l'argent. On peut aussi combiner les aspects des deux systèmes. Ainsi, Francis Muguet a créé le système du Mécénat Global. J'ai travaillé avec lui sur ce système qui combine le système de paiement volontaire et l’impôt fondé sur une racine cubique (cf Stallman.org/mecenat).

Lorsque l'on parle de la musique, il faut noter que les producteurs paient peu les musiciens. Les artistes n’ont donc rien à perdre à changer le système, sauf les grandes stars, qui sont déjà riches. Légaliser le partage ne posera donc pas de problème pour le peuple ni pour les musiciens, mais aux entreprises, les mêmes qui ont fait des procès aux jeunes qui téléchargent pour des centaines de milliers de dollars. Ces entreprises ont acheté des lois injustes dans mon pays et en France. Ce que ces entreprises méritent est de faire faillite.

Je ne suis pas contre le fait de vendre les copies. Je ne suis pas contre le négoce, je ne suis pas communiste. Je suis simplement pour la liberté de l'utilisateur. Mais quelle liberté ? Elle doit dépendre de l'oeuvre dont on parle. Il y a des oeuvres qui ont une utilité pratique, pour faire des travaux. Celles-là doivent être libres en dépit de tout, avec un degré de liberté similaire que le logiciel libre.


Lire la suite de cet entretien
Stallman : 'Je redoute les menottes numériques de l'ebook'

Mots clés :
legaliser - oeuvres - diffusees - internet



Réactions

Publié par Langue2Bois

 

Ne l'avez vous pas insulté de "con de raciste"? Comme vous l'aviez fait à propos de la team AlexandriZ?

Écrit le 13/06/2011 à 00:10

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Publié par olivier matras

 

Dernier post avant résiliation de la newsletter ACTUALITTE puisque vous semblez n'avoir aucun parti-pris et des journalistes au niveau zéro : juste savoir présenter un choix de texte . comment en effet ne pas prendre position quand on lit :
"Je rejette nettement le but de rémunérer les artistes. Je propose, à la place, de les appuyer. Si nous voulons plus d'art, il serait ainsi sage de les soutenir, et je veux le faire. Mais pas les rémunérer !"
Les avoir à demeure à la cour des puissants comme sous l'ancien régime alors...
Ce type est un gros plein de soupe!( voir ci dessus et l'image ci-dessus )libertarien, à moins qu'il ne fricotte avec les tea parties, ok pour envoyer les mineurs et les débiles à la chaise électrique etc.

Écrit le 10/07/2011 à 09:35

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Publié par stylmens

 

"Un des slogans favoris (attribué mais sans plus ndlr) des Situationnistes, pendant les agitations sociales de Mai 68 en Europe, était "Soyez Réaliste. Demandez l'impossible". Vivez votre vie à fond, osez rêver, nagez à contre-courant, et vos rêves deviendront réalité. Ce slogan aurait pu être écrit pour décrire la mission de Richard Stallman, le père de GNU, de la licence GPL et du mouvement du logiciel libre, qui a consacré sa vie à réaliser le rêve d'un système d'exploitation qui soit écrit de A à Z et qui soit totalement libre."
http://debord-encore.blogspot.com/2009/12/richard-m-stallman.html

Écrit le 10/07/2011 à 16:40

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