Le monde de l'édition > Interviews

Words City à Carcassonne : "écriture collective urbaine" (Philippe Boisnard)

Le mardi 28 mai 2013 à 13:08:52 - 1 commentaire

12

  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Imprimer
  • Envoyer à un(e) ami(e)

illustration

L'installation WORDS CITY était exposée durant le Mai numérique à Carcassonne. Elle sera visible du 3 mai au 1er juin dans la boutique Gazaniol - rue Chartran. Tous les habitants de Carcassonne sont invités à participer à l'oeuvre en trouvant un des 15 QR-codes dispersés dans la ville, puis en le flashant pour accéder au site mobile de WORDS CITY. Par la suite, il suffit d'envoyer un toponyme, un mot ou une expression liée à cet espace de la ville. Le mot est envoyé à l'oeuvre et permet de construire une cartographie poétique de la ville.

 

Jusqu'au 25 mai, l'exposition se retrouvait dans la cité de Carcassonne, à l'occasion de Mai numérique. L'exposition, déjà présentée au Japon, invitait tous les habitants à découvrir un envers de la création numérique, avec des performances réalisées par Philippe Boisnard. 

 

À cette occasion, ActuaLitté a réalisé un entretien par mail avec Philippe Boisnard, du duo HP Process formé avec Hortence Gauthier.

 

 

 

Tous les participants ont-ils joué le jeu ? Quels genres de textes ont été affichés (description, dialogue, histoires courtes) ?

 

Les participants sont les habitants eux-mêmes, au vu des envois et de la cartographie que cela donne du point de vue de sa version web, nous pouvons dire que les participants ont effectivement joué le jeu. Il y a de jolis envois, et les combinaisons qui naissent parfois sont très poétiques. Car le but de Words City est l'émergence de cette communauté invisible d'une ville à partir du langage. C'est une oeuvre numérique et poétique. Pour que l'oeuvre fonctionne au mieux, nous avons inclus une représentation cartographique générative à partir des mots qui est visible sur les smartphones. (voir ci-dessous).

 

 

 

 

Words City ne peut exister de toute façon sans cette écriture collective urbaine. C'est en cela qu'elle est très fragile aussi. C'est une oeuvre qui est installée dans une ville, et qui n'est que le reflet de la participation des habitants. En cela elle brise le paradigme de l'écran et des oeuvres sur le web. Alors qu'elle appelle Internet, sa source (la rue et la dissémination de QR-code) et sa finalité, une oeuvre dans la ville, ne sont plus du côté de l'écran d'ordinateur. Pour notre part, souligner cela est important car nous pensons que la détermination des médiations technologiques influence et détermine beaucoup les oeuvres. Ce qui fait que pour ouvrir de nouveaux principes de poésie numérique, il est nécessaire de s'extraire de la seule position corps/écran, comme c'est trop souvent le cas. HP process dans son travail a cette vocation, comme ce sera visible en juin à travers une nouvelle installation que nous réalisons pour une bibliothèque : M-ondes.

 

 

Y'avait-il des limitations en termes de caractères, de sujets ou de nombre de participations autorisées ?

 

Au niveau de la possibilité d'entrer des mots via la webapp que nous avons programmée, nous avons limité à 60 caractères le nombre de lettres par envoi. Il s'agit plus pour nous d'avoir des envois concernant des toponymes, ou des réactions rapides. Ceci permettant justement de créer les différents modules de l'installation, mais aussi de construire une représentation à peu près cohérente pour la représentation sur le web. C'est le jeu entre les différentes participations qui est intéressant. Notre question comme je l'expliquais est celle de la communauté, et ceci, en un sens prépolitique et juridique, c'est-à-dire la communauté des êtres de langage.

 

Quel(s) lieu(x) ont-été les plus plébiscités ?

 

Pour le lieu le plus attractif : c'est la place Carnot qui a vu le plus grand nombre de mots envoyés. En tout une cinquantaine.

Marbre Fontaine Soleil Café Enfin en t shirt Tranquillou au soleil chez felix Calme bar la casa Couleurs et bruits Un petit café  Fruits et couleurs Coeur vive la poesie
Words city c est maintenant !! Le soleil brille!!!!! Les fleurs chez félix marché
coucou Bernard  Franck est dans la place.... cyber bonheur
Marche aux herbes La fontaine
Mineralité Isab vive rene artozoul peintre monotone.lab  génial  Ruelle
Amour Neprune Sale Il pleut des cordes Tonteuse Picole Animation le marché saveurs Échange centralisé Neptune
Jacob aime l' interactivité


Un certain nombre de zones ont eu une vingtaine d'envois. On peut voir sociologiquement que c'est la gare, le païcherou, le centre qui ont eu le plus d'envoi, cela tient sans aucun doute à ce que ce sont des lieux plus jeunes de sorties.

 

 

Vous avez vous-même créé le programme pour générer l'oeuvre. Envisagez-vous de rendre ce programme public et en accès libre ?

 

Certaines parties de ce programme, notamment le mapping en lettres à partir de la caméra, ou encore la génération sur le web à partir de l'installation ont été déjà données en open source sur des listes ou sites dédiés tel codelab.fr.


L'oeuvre en tant que telle, à savoir sa totalité ne sera pas donnée telle quelle, les parties oui. Pour nous, qui appartenons à l'opensource et travaillons avec des langages libres (puredata, bash, php), il est très important de distribuer les nouveaux développements que nous faisons du code, car nous-mêmes nous nous enrichissons par les recherches des autres, toutefois, une oeuvre si particulière que Words City n'a que peu d'intérêt à être distribuée tant elle est singulière.

 

 

Que va devenir l'oeuvre ?

 

Words City va encore évoluer et a déjà beaucoup évolué depuis sa naissance, il y a un an pour les Bains-Numériques à Enghien les Bains (Prix Arte Creative). Nous travaillons actuellement sur la géolocalisation en temps réel, à partir de smartphones et des tablettes, mais aussi sur de nouveaux modules de représentations, ceci afin de présenter en multiécran cette oeuvre dans l'espace.
De même, nous aimerions beaucoup, mais cela sera un grand défi, comme pour le Japon où les 30 zones étaient réparties sur trois villes (Tokyo, Fukuoka, Kyoto), associer 25, 36 ou jusqu'à 100 villes en France, afin de créer un champ de participations qui ne soit plus seulement à l'échelle de la ville (quartier, ville), mais qui intègre la taille d'un pays (quartier, ville, pays), ou encore entre des villes frontalières avec des langues différentes. En effet, l'expérience faite au Japon nous a beaucoup intéressés, c'était avec des Kanjis.

 

 

 


Donc pas mal de projets à partir de cette oeuvre, qui par ailleurs pour sa version 2, celle primée à Imagina Atlantica d'Angoulême, sera exposée à Porto (Portugal) et à Ourense en Espagne fin juin, dans le cadre du projet européen qui nous a récompensés.

 

photo Oury Antoine

   

Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr

 

Mots clés :
Words City - exposition numérique - création Philippe Boisnar -



Réactions

Publié par janoz

 

!!!

Écrit le 11/03/2014 à 13:40

Répondre | Alerter

 

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Livre numérique gratuit

Communiqué

John King : le retour

Dédicaces - Jeudi 18 septembre 2014 à 19h30 - A la librairie Et c’est avec beaucoup de plaisir et d’émotion [...]

maestro diffusez vos communiqué sur actualitté

Profitez d'un vaste réseau de diffusion pour communiquer sur votre actualité, vos événements et vos parutions !
En savoir +

Sondage

Un abonnement pour les livres numériques, en illimité, ça vous inspire quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com