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Etats-Unis et Russie : tensions autour de la bibliothèque de Schneersohn

L'héritage du Hassid, sulfurique pour la diplomatie ?

Le lundi 11 février 2013 à 11:26:30 - 0 commentaire

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La diplomatie russo-américaine pâtit actuellement de la revendication par les deux pays de la bibliothèque ayant autrefois appartenu à Yossef Schneersohn, sixième rebbe de la dynastie hassidique Habad-Loubavitch. La collection de livres hébreux recèlerait près de douze mille ouvrages et cinquante mille documents, dont trois cent quatre-vingt-un manuscrits. Et tandis qu'un tribunal du district de Columbia a condamné le gouvernement russe à payer 50.000 dollars par jour, jusqu'à la restitution complète de la Collection Schneersohn aux hassidim américains, la Russie conteste la décision et pourrait bien riposter.

 

 

 Bibliothèque d'Etat de russie (Creative Commons : cc by sa 3.0)

 

 

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la collection était conservée à Loubavitchi, petit village de la région de Smolensk et centre religieux du mouvement Habad. Elle fut confiée par le rebbe Schneersohn à la fondation littéraire Persitz-Polyakov, à Moscou, puis avait été nationalisée en 1917 à l'exception d'une partie que le rebbe avait envoyé en Pologne.

 

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, l'ensemble de la collection se trouvait rapatrié en Russie, transférée à la Bibliothèque nationale à Moscou. Et dès le démembrement de l'URSS, les disciples de Schneersohn, pour la plupart expatriés aux États-Unis, ont lancé des procédures avec l'espoir de voir ce patrimoine restitué à leur mouvement Habad.

 

Tandis que les hassidim revendiquent une bibliothèque qui témoigne de l'histoire de l'évolution de leur courant religieux, les Russes quant à eux estiment que la collection fait partie de l'héritage culturel du pays qui l'aurait préservée de l'anéantissement par l'Allemagne nazie.

 

Le 16 janvier 2013, la Cour fédérale du district de Columbia a condamné le gouvernement russe à verser une compensation de cinquante mille dollars par jour au mouvement, jusqu'à totale restitution des ouvrages. Une décision mal perçue par la Russie, dont le ministre de la Culture Vladimir Medinskiï a dénoncé un « étrange spectacle russophobe ».

  

Fin du mois de janvier dernier, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, à l'occasion d'une rencontre avec l'ambassadeur des États-Unis à Moscou, Michael McFaul, a déclaré que la Russie riposterait si les Américains décidaient d'appliquer des sanctions pour le refus de la restitution de la collection.

 

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères de Russie a annoncé : « Nous avons souligné que des tentatives éventuelles visant à utiliser cette décision nulle et non avenue pour opérer une saisie de biens publics russes se trouvant sur le territoire américain entraîneront une riposte vigoureuse de la partie russe. »

 

Pour la Russie, il s'agirait d'une « provocation ». Et le bras de fer pourrait se poursuivre, tandis que le ministère de la Culture de Russie et la Bibliothèque d'État de Russie songeraient à réclamer une amende à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis... qui détient 7 livres de la collection Schneersohn que Moscou avait provisoirement transmis à Washington en 1994. Un moyen de surenchérir par amendes interposées.

 

Pour d'autres observateurs, et notamment Dmitri Davydenko de l'entreprise juridique « Mouranov, Tcherniakov et partenaires », un tribunal américain ne serait pas habilité à prendre de telles décisions. Tandis que les biens revendiqués se trouvent sur le territoire russe, il estime que l'affaire devrait être tranchée par la Cour d'arbitrage de La Haye.

Sources : Le Courrier de Russie , La Voix de la Russie , Ria Novosti , La Voix de la Russie

Pour approfondir

photo Helmlinger Julien

   

Journaliste ActuaLitté. Padawan de l'information, en passe de devenir Jedi.

 

Mots clés :
Bibliothèque de Schneersohn - Etats-Unis - Russie - Diplomatie



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