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Gallimard, Hemingway et Publie.net : le vainqueur ne gagne rien

Un Hemingwate ?

Par Nicolas Gary,Le samedi 18 février 2012 à 10:02:53 - 19 commentaires

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Exclusif ActuaLitté : La situation se corse. En décidant de publier une traduction du Vieil homme et la mer, François Bon n'a pas simplement mis les pieds dans le plat de la contrefaçon. Pour faire simple, Publie.net vient de contraindre les éditions Gallimard à réagir, sous peine de se voir rappeler à l'ordre par le contrat qui les unit à la succession d'Ernest Hemingway... Une pure folie...

 

Il faut comprendre quelque chose de pas évident : mort en 1961, Ernest Hemingway ne tombera dans le domaine public qu'en 2031. Et même s'il est dans le domaine public au Canada depuis cette année, aux États-Unis, comme en France d'ailleurs, la durée à respecter sera de 70 ans. 

 

« Les éditions Gallimard sont cessionnaires des droits. Nous avons négocié directement avec la succession d'Hemingway, et nous sommes en relation directe avec eux », nous précise Alban Cerisier, secrétaire général des éditions Gallimard. De fait, Gallimard avait donc acheté les droits de l'oeuvre anglaise, pour en réaliser une oeuvre dérivée, qui prend la forme, tout simplement, d'une traduction, celle de Jean Dutour. 

 

Antoine Gallimard

 

Si l'oeuvre était tombée dans le domaine public partout dans le monde, Publie.net n'aurait aucun problème. Mais là, c'est un peu différent, nous explique un avocat spécialisé dans la propriété intellectuelle. « En fait, tout porte à croire que contractuellement, les éditions Gallimard ont acheté les droits exclusifs de publication d'une oeuvre dérivée. Personne d'autre n'a donc le droit de commercialiser, sur le territoire français, une traduction d'Hemingway. Et le support, numérique ou papier, importe peu. »

 

"Nous sommes tenus contractuellement de faire respecter ces droits"

 

De là, une situation pour le moins étrange : Gallimard jouit donc des droits exclusifs de la commercialisation sur le territoire français, nous confirme la maison. Mais surtout, en décidant de publier, « probablement en toute bonne foi », estime l'éditeur, sa traduction, François Bon aurait donc mis en danger... les contrats qui unissent la succession Hemingway à son éditeur français. Gallimard...

 

« Si on suit strictement la règle, nous sommes en effet les seuls à pouvoir publier une traduction de cette oeuvre. Mais vis-à-vis de la succession Hemingway, on ne pouvait pas faire autrement que de réagir en demandant le retrait de ces oeuvres. Nous sommes tenus contractuellement de faire respecter ces droits. François Bon n'avait probablement pas connaissance de ces accords contractualisés », conclut la maison.

 

C'est donc la protection du droit d'auteur qui est bien au centre du problème : la succession Hemingway a confié à Gallimard le devenir des oeuvres du romancier en France, et Gallimard doit donc répondre de tout ce qui se passe. Et en l'état, c'est bien l'éditeur de la rue Gaston Gallimard qui serait mis en cause, plus encore que François Bon, puisqu'il a la charge de défendre l'oeuvre, et d'en assurer la protection, sur le territoire français.

 

En fait, en publiant cette traduction, Publie.net mettait tout bonnement les éditions Gallimard en danger, si celles-ci n'avaient pas réagi en demandant le retrait des oeuvres...

 

« Cette contrefaçon n'est effectivement pas banale », nous assurait Antoine Gallimard, lui-même étonné de voir commercialisée cette oeuvre. « Notre travail d'éditeur est de protéger les oeuvres, les textes, les auteurs, et nous sommes amenés à le faire dans toutes les circonstances. » 

 

Commencez par parler de nos auteurs...

 

On ajoutera pour conclure simplement la dernière mise à jour du billet de François Bon, sur Tiers livre : « Désolé, amis journalistes, mais je n'ai rien de plus à ajouter. Tout est dans le blog, et réciproquement. Le dis, et le redis : la vraie révolution, c'est quand vous commencerez à parler de nos auteurs et de nos textes, et pas venir respirer par ici sous prétexte que M Gallimard vient nous fiche un étron sur la figure (ai déjà subi ça dans les bizutages école d'ingénieur en 1972, c'était déjà symptômes d'un monde qui mourait, pas le même, mais même histoire).


Et JE NE ME SERS PAS DU TÉLÉPHONE. »

 

Evoquons également le commentaire d'un éditeur qui vient de nous contacter, pour résumer la situation : « La contractualisation telle qu'elle est réalisée met donc Gallimard dans la peau du flic à qui serait alors reproché le cambriolage, parce qu'il ne surveillait pas assez bien. Drôle de retournement de situation. »



Mise à jour 18h51 :


Depuis le fil Twitter de Gallimard, on apprend finalement que la demande de dommages-intérêts est retirée : « Gallimard n'a rien contre Publie.net et ne demande pas de dédommagements à FBon. Passez un bon week end.» Et d'ajouter : « La maison Gallimard aurait été heureuse de prendre connaissance de la traduction de FBon pour lui proposer une publication... »


Ca sentirait la communication de crise ?



Mise à jour 19h34 :


François Bon sur son compte Twitter traite les éditions Gallimard de « MENTEUR », précisant « j'ai la lettre ».Ce à quoi les éditions Gallimard ont encore répondu :  « Il n'y a jamais eu de lettre de demande de dédommagement envoyée par Gallimard  ». Ambiance, ambiance...

 

Mise à jour 19h52 :

 

Ultime rebondissement, et « affaire close », estime désormais l'éditeur, sur Tiers Livre.

J'ai eu connaissance à 12h45 de la lettre comminatoire de Gallimard à mes diffuseurs, les enjoignant de retirer immédiatement de la vente ma traduction du Vieil homme et la mer, et ajoutant à l'attention d'un au moins de ces diffuseurs la mention que des dédommagements seraient exigés en fonction du nombre d'infractions constatées, contrairement aux tardives et mesquines rectifications de Gallimard sur son compte twitter.

J'ai procédé dans la minute au retrait de cette vente via la plateforme de mon diffuseur l'Immatériel-fr. Elle a été effective dans la minute chez l'essentiel de nos diffuseurs, dont notre propre plateforme, ePagine, iTunes, délai de quelques heures pour Fnac et Amazon.

J'estime donc avoir obtempéré à la demande qui ne m'a toujours pas été communiquée, les éditions Gallimard considérant indigne d'eux-mêmes une telle démarche.

 

La déception est grande, à l'évidence, « un petit morceau de moi ce soir qui m'est enlevé », explique François Bon.

 

« L'hostilité active du Syndicat national de l'édition à notre égard, le lobbying de ces messieurs les riches et puissants est trop insupportable – j'ai décidé d'annuler 2 conférences sur mutation numérique du livre, et ne parlerai plus de ces problématiques qu'à l'étranger. Je ne mettrai pas les pieds non plus au Salon du livre de Paris. Par contre, on continue le projet Impression à la demande, on continue avec nos auteurs. »

 

Parlons donc des auteurs, des oeuvres, de Publie.net

 

 

Mise à jour 23h34 :

 

A lire également ce billet, Le Vieil homme et l'édition, qui entend reposer les bases d'une discussion moins à chaud et plus reposée. Pas de méchant ni de gentil, pas de David ni de Goliath, mais clairement une situation à discuter - et surtout en éviter la radicalisation. De là le nouveau titre pour lequel nous avons opté pour cet article.

Pour approfondir

Réactions

Publié par constance

 

une affaire complexe. peut-être celle-ci aura-t-elle l'avantage de réveiller les éditions Gallimard et de proposer une nouvelle traduction du Vieil Homme et la Mer, que les contrats n'empêchent pas la création et le renouvellement comme ils le font depuis des dizaines d'années...

Écrit le 17/02/2012 à 18:57

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Publié par Pandoux

 

Alors j'ai toutefois plusieurs questions, étant donné que l'on sait que les maisons d'édition musicales exigent ce genre de droit dans leurs contrats, n'en serait-il pas de même dans les maisons d'édition de manière générale?
Qui a demandé cette clause explicite?

Ce contrat les engage donc auprès d'une personne morale, quel est son avis?

N'est ce pas une preuve supplémentaire que les contrats effectués autour des droits d'auteur méritent un peu plus de législation pour éviter de telles dérives.
Une maison d'édition ne devrait en aucun cas déposséder les auteurs de leurs droits directe (comme celui d'interdire ou non l'exploitation de leur oeuvres) et ne devraient obtenir que le droit d'exploitations (non exclusifs) pour une période donnée n'excédant pas de 20ans(ou moins si contrat d'exclusivité) la mort de l'auteur pour permettre aux possibles enfants de l'auteur d'être en age de se prendre en charge eux mêmes. En effet trouvez vous normal dans une société basé sur une égalité des personnes devant la loi que la majorité des travailleurs ne puissent garantir une rente toute la vie de leurs enfants (et ce jusqu'à l'age de la retraite - 70 ans) alors que d'autres le peuvent grâce à la loi.

Écrit le 17/02/2012 à 19:50

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Publié par ne mélangeons pas les torchons et les serviettes

 

Du gros n'importe quoi. Le droit d'auteur est automatique et n'a pas à être "défendu" ni exercé pour être maintenu. Il y a confusion (volontaire ?) là avec la législation sur les marques déposées qui, elles, peuvent effectivement être "perdues" si détournées ou abandonnées. Rien sauf la mesquinerie et la rapacité n'oblige Gallimard à exiger le retrait d'une version concurrente de cette traduction.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_des_marques#Protection
"Protection
En France, la protection est de 10 ans (renouvelable sans limite) à partir de la publication de l'enregistrement au bulletin officiel de la propriété industrielle. Si elle n'a pas été utilisée au cours des cinq dernières années, elle peut faire l'objet d'une action en déchéance."

Écrit le 18/02/2012 à 03:11

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Publié par Gaspard

 

J'observe, je lis et je constate. Au delà du pbm proprement dit, suis quand même surpris par les cris de colère et de douleur un peu surjoués de f.Bon. Après tout lui aussi défend son business (oui je sais, c'est mal de parler de business dans un cas et pas dans l'autre). Lui aussi, en tant qu'éditeur a des auteurs à défendre. Ce serait donc une question d'échelle et non de loi? Elle ne serait pas la même pour tous?! Dans quel autre domaine change t-on la loi en cours parce qu'un acteur s'en plaint? Dans quelle type d'entreprise? Le panurgisme, dans un sens comme dans l'autre, est tjrs préoccupant: tous ces gens qui applaudissent une traduction qu'ils n'ont pour la plupart pas lu?! Et ce "messieurs les riches et puissants" me fait mal augurer des qualités littéraires de la nouvelle traduction (22 personnes l'ont lu, pas plu, semble-t-il): on dirait du Francis Lalanne ou du Florent Pagny! Et je n'ai strictement rien à voir avec Gallimard (pour les paranos habituels du net). Mais les manifestations de solidarité "à l'aveugle" et réflexe m'ont toujours paru inquiétante ou consternante pour le libre-arbitre. J'attendrais de comparer les deux traductions avant de me prononcer.Et les allusions "au bon beurre" sur l'auteur de la première me paraissent stupide: "Au bon beurre" dénonçait justement l'ignominie des collabos et des résistants de la dernière heure. Faire allusion perfidement au contraire est ignoble. Je hais le politiquement correct, dans un sens comme dans l'autre.

Écrit le 18/02/2012 à 03:18

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Publié par Lecteur

 

François Bon est ridicule. Il est évident que les oeuvres d'Hemingway sont protégées en France. S'il veut changer cela, il doit s'adresser aux députés pour qu'ils révisent le code de la propriété intellectuelle en réduisant la durée du droit d'auteur en France, pour l'abaisser de 70 ans post mortem autoris comme c'est le cas actuellement à 50 ans comme au Canada. Il est hors de question de faire une exception pour môsieur François Bon. Il n'y a pas que lui qui est contraint par cette durée démesurée de 70 ans. Cette loi est démesurément longue et doit être raccourcie. Mais l'égalité de tous face à la loi, c'est important. L'égalité fait partie des trois valeurs de la République avec la liberté et la fraternité.

Écrit le 18/02/2012 à 04:03

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Publié par yen

en réponse à ne mélangeons pas les torchons et les serviettes  

Hé bin, affirmer ainsi sa science du droit d'auteur en citant Wikipédia (et sur le droit des marques, en plus !) force l'admiration...

Y-a-t'il un "vrai" juriste de PLA dans la salle qui puisse nous expliquer plus sérieusement les tenants et aboutissements de l'affaire ?

Écrit le 18/02/2012 à 11:17

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Publié par Pierredm

 

Si je comprends bien : si @fbon avait publié sa traduction aux éditions (francophones) Numeriklivres de jF Gayrard basées au Québec. cet ebook serait dès lors légal ? on est dans la totale absurdité de l'ancien monde incapable de comprendre et de s'adapter aux mutations liées au numérique...

Écrit le 18/02/2012 à 13:33

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Publié par ArD

 

Il est quand même surprenant de ne lire nulle-part une quelconque référence à l'incompétence de Publie.net. Est-ce un éditeur, oui ou non ? On finit par en avoir assez des amateurs qui se la jouent et de ceux qui s'enflamment pour une cause s'en se prémunir de quoi il en ressort.
Cela en plus de l'amalgame général selon lequel la nouvelle traduction de F. Bon vaut bien cette transgression du droit des auteurs parce qu'elle serait nettement meilleure, alors que personne n'en parle en l'ayant lue ?
Ajoutons que si la durée de ces droits post-mortem peut sembler aberrante, il est bien d'autres durées à revoir à l'instar de celles des œuvres d'art dont le recours à l'image, par ex., génère le versement de droits aux héritiers. C'est tout l'héritage qu'il faut remettre à plat, et pas seulement celui de Hemingway au mauvais prétexte que la traduction de Dutourd est désuette.

La chose n'est pas très compliquée et F. Bon, en tant qu'éditeur, avait le devoir de s'en inquiéter avant de procéder à son action commerciale. Il ne l'a pas fait, on peut donc supposer qu'il a ses raisons (pas bien compliquées à imaginer, du reste).
Le Vieil Homme et la mer publié en 1952 bénéficiait d'un copyright de 28 ans à partir de sa publication. Au bout de 28 ans, les ayants droit ont la possibilité de renouveler le copyright pour les 67 années qui suivent. Mary Hemingway a prorogé les droits qui courent donc jusqu'en 2047 aux États unis d'Amérique.
En France, l'œuvre tombe dans le domaine public 70 ans après la mort de l'auteur, ou plus tôt si la durée de protection est moindre dans le pays d'origine. Si Mary Hemingway n'avait pas renouvelé les droits en 1980, l'œuvre d'Hemingway serait dans le domaine public depuis 1980.
Par ce jeu de durées de couverture, l'œuvre d'Hemingway sera libre de droits en France, 15 ans plus tôt qu'aux États-Unis, en 2032 contre 2047.
L'œuvre est libre de droits au Canada depuis cette année (durée de protection : 50 ans). François Bon aura confondu la France et le Québec ?

Écrit le 18/02/2012 à 15:41

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Publié par Caton

en réponse à yen  

Oui, ici : http://www.domaine-public.net/

Et plus précisément là : http://www.domaine-public.net/spip.php?article11

Écrit le 18/02/2012 à 18:56

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Publié par Lafcadio

 

Est-ce qu'un débat n'en cache pas un autre ?
Le débat apparent est celui des droits d'auteurs : Gallimard a faux sur la forme, mais juste sur le fond.
Mais il y a cet autre "débat" : l'attitude nullissime des grandes éditeurs, qui freinent à mort la numérisation des œuvres, le résultat étant que la plupart des grands auteurs du 20ème ne sont pas accessibles en numérique (enfin Camus, mais quid de Duras, Sartre, le clezio, ou plus récemment des Franzen, Brett Eston Ellis, etcétéra etcétéra la liste étant excessivement longue).
Est-ce les protéger que de freiner ainsi la diffusion de leurs œuvres ? Faut-il lancer des pétitions pour changer cela ? Chiche !

Écrit le 18/02/2012 à 19:47

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Publié par lafcadio

 

Est-ce qu'un débat n'en cache pas un autre ?
Il y a le débat apparent. Celui des droits d'auteurs, où Gallimard à tout faux dans dans la forme, mais a juste sur le fond (juridique).

Mais il y a cet autre "débat" : l'attitude nullissime des principaux éditeurs, qui freinent à mort la numérisation des textes des grands auteurs du 20ème. Enfin Camus, mais point de Sartre, Duras, Musil, Le Clezio, ou encore de Franzen ou Bret Easton Ellis. Etcétéra, ecétéra : la liste serait fort longue... Qui protègent ces éditeurs en freinant ainsi la diffusion de ces textes ? Que faut-il faire pour changer les choses sans se mettre hors la loi ? Faut-il en arriver à des pétitions ? Chiche !

Écrit le 18/02/2012 à 19:56

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Publié par Laurent

 

Quelqu'un s'est donné la peine de confronter la traduction de Bon au texte original ? Je vous le conseille, mais attention, si vous aimez Hemingway, vous allez pleurer.

Écrit le 19/02/2012 à 02:00

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Publié par gillesvh

 

A tous ceux qui invoquent des arguments "juridiques" concernant cette affaire je voudrais rappeler que nous sommes responsables des lois qui sont édictées en notre nom, nous le peuple français. Et quand ces lois sont injustes, désuète ou infondées il est bon de lutter contre elles.

Nous vivons depuis quelques dizaines d'années une dérive du juridique qui ne vise qu'à protéger les personnes en place que ce soit dans le monde du commerce, de la politique et maintenant de la "littérature". Rappelons aux distraits quelques exemples :
— les brevets portant sur les organismes vivants,
— l'action pernicieuse d'entreprise comme Monsanto qui ensemencent des champs avec leurs produits OGM, cette semence se répandant dans les champs voisins ils sont autorisés "légalement" à réclamer aux agriculteurs qui n'avaient rien demandé des droits sur leur récolte.
— rappelons d'une façon générale que le but de l'industrie agricole est maintenant accompli : les agriculteurs n'ont plus le droit de détenir des graines qui leur permettrait de cultiver sans passer par les trusts de l'industrie phyto-sanitaire.
— Rappelons que l'on a poursuivi quelques "naïfs" qui rappelaient que l'on pouvait lutter contre les insectes en fabriquant du purin d'ortie, c'est à dire un produit artisanal qui échapperait à l'emprise de l'industrie.

Ce ne sont que quelques exemples mais n'abusons pas des bonnes choses. Il est évident que pour Gallim… l'important c'est de lutter contre l'apparition du numérique. Dans cette optique s'agit avant tout d'empêcher que la petite maison d'édition de François Bon devienne trop attractive.
François Bon a lancé une collection "REPRINT" qui permet à tout auteur dont le livre n'a pas été publié depuis 10 ans de se faire rééditer. Pensez-vous que ça fasse plaisir à Gallim… ? La maison d'édition publie.net rémunère ses auteurs à 50% contre 10% chez les autres, pensez-vous que ça fasse plaisir à Gallim… ?

Voilà les vrais enjeux de l'affaire. Alors le juridisme…

Écrit le 19/02/2012 à 11:43

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Publié par Actualisante

 

C'est drôle qu'on considère que parce que la traduction d'origine n'est pas à la hauteur, celle de F. Bon l'est forcément...
Mais ce monsieur n'est point traducteur, et sa tentative (dont je n'ose évidemment pas livrer d'extrait ici !) paraît plus qu'indigeste...

Je conseille à Gallimard de faire retraduire Hemingway... par un traducteur.

Écrit le 20/02/2012 à 13:03

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Publié par louve

en réponse à Pierredm  

désolée, mais les différences de législation entre les pays n'ont absolument rien à voir avec l'édition numérique ! Les droits d'auteur n'ont pas à s'adapter aux modes d'édition : ici, il s'agit bien du texte qui est protégé et non pas le support papier.

Quant à savoir maintenant si la législation protège vraiment l'oeuvre et son auteur et pas plutôt la grosse maison d'édition et les ayants-droits d'Hemingway, c'est un tout autre débat.
Comme je l'ai dit sur un autre article, F. Bon est ici en tort, il est incroyable qu'il est autant de soutien ! En attendant, tout le monde en parle : il a réussi un bon coup de pub...

Écrit le 20/02/2012 à 13:38

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Publié par ArD

 

Oui, le prétexte de F. Bon pour outrepasser le droit de la reproduction est plus que fumeux. Toutefois l'éditeur dans le rôle de victime entravée dans sa création, qui traduit et qui publie dans ses propres terres sans l'aval d'un quelconque avis collégial, eh bien ça donne à peu près ça, en termes d'étude comparative des deux traductions.

http://feuillesd-automne.blogspot.com/2012/02/ou-le-tenancier-se-fait-plaisir-avec.html#comment-form

(Voir les commentaires où les deux sont rapprochées : Dutourd et Bon).

Écrit le 20/02/2012 à 20:10

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Publié par Valid

en réponse à Pierredm  

Et bien, ça s'appelle un pays, une nation si vous préférez, et le monde que vous appellez de vos voeux n'est encore régi par un gouvernement mondial. Les lois ne sont donc pas les mêmes au Québec qu'en France.

Ca paraît pourtant d'une simplicité juridique scolaire. Mais si M. Bon veut respecter la loi tout en retraduisant Hemingway, il a une solution: s'installer au Québec. Des tas de sociétés le font, pour des questions de stratégie d'affaires, il ne serait donc pas le premier à s'expatrier pour des raisons économiques. D'ailleurs n'a -t-il envisagé un instant sur son blog de déplacer sa maison d'édition en Belgique?

Écrit le 20/02/2012 à 23:32

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Publié par Paganel

 

Vu le buzz qui a été fait par cette histoire, Gallimard serait bien maso de ne pas profiter de cette publicité gratuite en commercialisant la traduction de F. Bon séance tenante en l'associant simplement au chiffre des ventes. Ce serait du gagnant-gagnant !

Écrit le 27/02/2012 à 15:24

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Publié par Paganel

 

Par ailleurs, Victor Hugo estimait qu'une oeuvre avait deux auteurs : le public qui ressentait quelque chose, puis l'auteur qui traduisait ce ressenti, et enfin à nouveau le publique qui remerciait l'auteur en traduisant son oeuvre en succès.

"À la mort de l'un des deux auteurs", ajoutait-il, "il est normal que les droits reviennent intégralement à l'autre". N'exagérons rien : l'auteur peut laisser derrière lui des enfants en bas âge, et vingt ans après sa mort serait sans doute plus raisonnable. Mais pas cinquante. Et encore moins 70 (voire 90 comme le voudrait la société Disney !). Rappelons qu'un brevet, qui exige souvent un important bagage scientifique, tombe pour sa part dans le domaine public en 20 ans.

Écrit le 27/02/2012 à 15:28

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