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Indonésie : la loi sur la censure du dictateur Suharto est abolie

Les livres pourront exister, enfin

Par Nicolas Gary,Le jeudi 14 octobre 2010 à 11:41:22 - 0 commentaire

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À l'époque du dictateur Suharto, l'Indonésie était frappée par une loi censurant les livres et depuis près de 40 ans, le pays ne pouvait que s'y plier. Mais depuis cette semaine, la loi a été abrogée, sous les vivats des historiens, des auteurs et des militants pour la liberté d'expression.

La décision était prise unilatéralement par le bureau du procureur général : ce dernier pouvait interdire la publication ou la diffusion de livres considérés comme offensants ou représentant une menace pour l'ordre public. Désormais, cette période est révolue : la cour constitutionnelle a déclaré hier que ce pouvoir de censure revenait exclusivement à un tribunal.


« Cela symbolise la fin d'une période d'obscurantisme pour nous tous. Et permettra aux générations futures d'apprendre la vérité sur tout, de la science à l'histoire », commente l'historien Hilmar Farid. En effet, après 32 années de régime dictatorial, Suharto a démissionné en 1998. Il aura fallu encore une douzaine d'années pour que son diktat soit aboli...

Et ce, sous l'impulsion d'auteurs et éditeurs regroupés l'an passé pour demander à la cour constitutionnelle de revisiter la législation de 1963 sur la censure. Le juge Mohammed Mahfud, qui aura mis un terme à cette loi, explique que dorénavant, la censure ne sera plus possible sans avoir recours à une procédure juridique indépendante.

Si l'Indonésie compte aujourd'hui parmi les pays de la région Asie les plus démocratiques, nombre de politiques autoritaires sont encore en place, avec notamment l'interdiction du parti communiste et d'autres organisations de gauche, rappelle l'AP.

Entre 1960 et la fin du règne de Suharto, des centaines d'ouvrages sont tombés sous le coup de cette interdiction autocratique, entraînant leurs auteurs à séjourner en prison, certains pour des périodes d'une dizaine d'années.

Dans tous les cas, c'est un tournant historique, expliquent les commentateurs locaux. La tentation de recourir à la violence pour répondre aux critiques ou aux désaccords exprimés reste forte en Indonésie, mais la cour a estimé que définitivement, il était du devoir de chacun de continuer à repousser les limites et de lutter pour une plus grande liberté dans le pays.

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Mots clés :
livres - censure - suharto - indonésie



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