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Les auteurs soutiennent l'édition accusée de conspiration avec Apple

Tout plutôt que de retrouver Amazon acteur unique et monopolistique

Par ,Le samedi 10 mars 2012 à 11:32:46 - 1 commentaire

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La Justice américaine a décidé plus que jamais de se pencher sur les possibles accords qui ont pu être passés entre cinq grands éditeurs étasuniens et Apple. Si tout le monde reste passablement coi devant cette situation, du côté des éditeurs, Scott Turrow, président de l'Authors Guild, a envoyé une lettre aux membres de l'association. (sur le site de l'AG)

  

« Nous n'avons aucun moyen de savoir si les éditeurs étaient de mèche dans l'adoption d'un contrat d'agence sur le prix du livre numérique », explique-t-il. Mais aujourd'hui, c'est un autre constat qui se pose : « Amazon s'est servi du livre numérique à prix discount pour détruire la librairie, faisant en sorte que, pour les librairies de brique et de mortier, il soit impossible de rentabiliser l'ouverture de leurs portes. »

 

C'est qu'avant le contrat d'agence, Amazon était en position hégémonique sur ce secteur, et avait convaincu les éditeurs d'en finir avec les anciennes pratiques : ce fut le début de la vente de livres sur internet. « Puis Amazon lâcha sa bombe : alors qu'il annonçait le lancement du Kindle, les éditeurs apprirent d'Amazon qu'un nombre incalculable de leurs publications numériques seraient vendues à perte. » La librairie ne pouvait déjà plus lutter, et voilà que les éditeurs, pourtant furieux, se retrouvent à accepter un état de fait dans lequel ils sont en train de perdre complètement la main. Amazon, depuis sa création, disposait déjà de plus de 75 % de parts de marché sur la vente de livres en ligne, alors l'ebook... 

 

 

 

 

Puis, entre 2007 et 2009, le marché a explosé, rappelle Scott Turrow. Une croissance rarement constatée sur un segment culturel, qui laissait loin derrière les concurrents. Alors, le modèle d'agence, souligne-t-il, ce fut un peu le bol d'air arrivé avec l'iPad - et les éditeurs n'avaient plus vraiment le choix, puisque la seule alternative était Amazon. Seul Random House aura attendu 2011, et l'iPad 2 pour sauter le pas. (voir notre actualitté)

 

Pour la Guilde, l'inquiétude première, dans toute cette histoire, tourne autour des libraires.Un endroit qui reste, quelle que soit l'étude qui en parle, le meilleur moyen de découvrir et de se lancer dans une lecture. Or, force est de constater que si, en deux ans de contrat de mandat, les librairies ne vont pas vraiment mieux dans le pays, au moins Amazon a-t-il perdu de sa mainmise, « tombant ainsi de 90 % à 60 % », de par de marché, souligne Scott. « Les clients bénéficient de la surprise et des innovations des lecteurs ebook de Barnes & Noble, y compris d'une tablette qui a battu celle d'Amazon, en arrivant douze mois plus tôt sur le marché ». 

 

Mais Scott Turrow n'est pas dupe : « Espérons que les rapports sont mauvais, ou que le Departement de la Justice va les reconsidérer. L'ironie mord âprement : notre gouvernement est sur le point de tuer la concurrence réelle dans le but de sauver l'apparence de la concurrence. » En somme, pour donner de la libre concurrence, selon les règles du DoJ, il faudrait atomiser ce que les auteurs pourraient considérer comme une avancée pour échapper aux griffes d'Amazon. Et à sa domination...

 

Une menace Kindle ? Quelle menace Kindle ?

 

De leur côté, les avocats d'Apple ont commencé à avancer une réponse, sur la ‘menace du kindle', pour amorcer la pompe d'une future plainte que le DoJ pourrait décider de déposer. 

 

« Ainsi, si Amazon incarnait une menace, qui devait être écrasée par le biais d'une conspiration illégale, pourquoi Apple autoriserait l'application Amazon sur iPad ? Pourquoi Apple conclurait que conspirer pour forcer Amazon à ne plus perdre de l'argent permettrait à Apple d'être plus compétitif [NdR : on considère avec facilité qu'Amazon vend les livres numériques ou papier volontaire à perte, sans en avoir cependant les preuves matérielles] ? Et pourquoi Apple estimerait qu'il est impératif de recourir à une solution illégale contre la «menace Kindle» quand il est arrivé avec une solution évidente et légitime - à savoir la commercialisation d'un dispositif multitâche (liPad) dont la mise en vente et le succès des ventes ne se sont pas concentrés sur les ventes de livres numériques ? » (voir notre actualitté)

 

Reste que la société souhaite évidemment que le recours collectif soit rejeté, estimant que toutes les allégations ne sont pas recevables, et qu'une contre-enquête, en irrecevabilité, démontrerait aisément que la plainte ne tient pas la route, assure la firme. Toute la difficulté sera alors d'expliquer la coïncidence par laquelle les prix de vente ont globalement été augmentés et imposés aux autres revendeurs... dès lors que l'iPad et iBookstore ont été présentés...

 

Pour approfondir

Mots clés :
entente - prix de vente - Apple - éditeurs



Réactions

Publié par popofo

 

Apple se défend par de la réthorique.
Il se bat contre amazon mais pour lui prendre sa place.
N'oublions pas la censure pratiquée par Apple sur les applications qui ne lui conviennent pas (wikileaks, celles qui sous forme de jeu dénoncent les conditions de travail sur les chaines d'Iphone en Chine etc ...)
Il faut un standard ouvert.

Écrit le 23/03/2012 à 11:58

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