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Livre numériques : La Justice attaque, les éditeurs grognent

L'entente est entendue, reste à s'entendre

Par Nicolas Gary,Le jeudi 12 avril 2012 à 08:57:49 - 1 commentaire

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Depuis hier, la firme Apple et cinq groupes d'édition ont rendez-vous avec le ministère de la Justice américain. En cause, l'augmentation du prix de vente des livres numériques, qui coïncide avec l'entrée de l'iPad sur le marché de l'ebook, en 2010. Et le contrat d'agence, qui a été imposé aux autres revendeurs, au détriment des consommateurs, considère le ministère. 

 

Sur les cinq groupes, trois ont décidé d'accepter le règlement proposé par le DoJ, dont Hachette Book Group, qui faisait état de cette décision, prise à « contrecoeur ». 

 

A lire : Apple accusé d'avoir fait gonfler le prix de vente des ebooks

 

Penguin, en revanche, a décidé d'affronter la justice américaine, et de faire valoir son droit. John Makinson, son directeur, a déclaré que la plainte du DoJ contient de nombreuses inexactitudes et d'importantes omissions. Dans un communiqué, dont fait état The Bookseller, il assume que les décisions prises par Penguin l'ont été en son âme et conscience. Et surtout, par Penguin seul. Pas question donc de se laisser accuser d'avoir comploté avec les autres groupes pour fixer un prix de vente commun. 

 

 

 

C'est que le document du DoJ frappe fort : Penguin y est cité à 41 reprises, soit bien plus que les autres firmes. En accord avec la maison-mère, Pearson, Penguin va donc prendre le chemin de la barre, pour plaider sa cause et défendre son innocence. « Nous avons tenu ferme sur ce point, pour deux raisons. La première, c'est que nous n'avons rien fait d'illégal. » L'autre, c'est la confiance portée en ce fameux contrat d'agence, qui a permis d'ouvrir le marché, alors que l'éditeur, tout comme Hachette, assure que cette transition a été une perte financière, en regard de ce qui se faisait avant.

 

Macmillan impassible 

 

De son côté, le groupe Macmillan, qui lui va donc également refuser le règlement du DoJ, explique dans Tor.com, que sa société n'a rien fait non plus de mal. Il revendique aussi d'avoir pris la décision du contrat d'agence seul, « et je ne vois aucune raison de revenir là-dessus maintenant ». Et revenant sur les propos de Penguin, il estime qu'il fallait trouver une solution qui permette de sortir de ce qu'Amazon avait instauré, par la force. 

 

« La domination d'Amazon dans le secteur de l'ebook, alimenté par le tarif de 9,99 $, a été pointée comme un facteur déterminant pour soutenir la prétendue collusion entre Apple et les éditeurs », déplore-t-il. Les demandes du DoJ ont été examinées avec attention, mais elles sont trop onéreuses. « Nous avons aussi constaté que le règlement du ministère de la Justice voulait imposer, aurait un impact très négatif sur le long terme, pour ceux qui vendent des livres, que ce soit dans les grandes chaînes ou chez les indépendants. »

 

Dont acte, donc... 

 

Amazon doit être heureux

 

Alors, qui est en train de se frotter les mains ? Amazon évidemment. Parce que si le contrat d'agence est remis en cause et supprimé, alors le prix de vente des livres numériques va diminuer, et Amazon retrouver sa position monopolistique, avec une politique tarifaire agressive, et des représailles assurées contre les éditeurs. 

 

Amazon prévoit d'ores et déjà le retour des prix de vente à 9,99 $, contre les 14,99 $ que l'on peut découvrir sur certains titres. Ses plans sont en ordre de marche. Michael Norris, analyste chez Simba Information commente : « Amazon doit être incroyablement heureux, aujourd'hui. S'ils avaient été les marionnettistes de tout ce théâtre, la pièce n'aurait pas mieux pu se dérouler. »

 

Car il est certain que derrière la plainte du DoJ - et par extension, l'enquête diligentée par Bruxelles, sur le même sujet - il faut savoir lire combien le lobbying exercé par la firme de Seattle a été puissant. Le cabinet Berman, qui défend les clients lésés, assure pourtant n'avoir aucune relation avec Amazon. 

 

Avec 60 % du marché du livre numérique dans les mains, à l'heure actuelle, Amazon peut se targuer d'une belle réussite à venir.

Pour approfondir

Mots clés :
édition - Apple - Amazon - justice



Réactions

Publié par Lapin tigre

 

Amazon heureux, sans doute... mais les lecteurs d'ebooks (dont je suis) aussi ! :-) Quand est-ce qu'on comprendra qu'Apple n'a plus rien à voir avec les gentils rebelles des années 80 qui diffusaient une pub de Riddley Scott où Microsoft et IBM passaient pour les Big brother du marché !
Merci Apple de me faire payer un ebook 20 euros quand sa version en poche est à 10 euros ! L'accès pour tous à la culture et à la connaissance s'en trouve beaucoup moins élargi que le solde du compte en banque des amis de feu Steve...

Écrit le 22/04/2012 à 11:33

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