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Quitter Amazon et explorer de nouveaux liens avec la librairie

Des bases plus étroites entre microédition et libraires indépendants

Le jeudi 27 mars 2014 à 11:34:53 - 1 commentaire

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En février 2013, Albert de Pétigny, cofondateur des éditions Pourpenser, publiait dans ActuaLitté une tribune, Pourquoi nous avons quitté Amazon. Un an plus tard, cette maison fondée en 2002, en plein pays de Loire revient avec nous sur ce choix. Si la société américaine est présentée par tous comme une menace, l'éditeur nous assure que cette décision « a été un excellent choix. Depuis, nous explorons des pistes, pour établir des liens nouveaux entre de petits éditeurs et les librairies ». Récit.

 

 


 

 

La chaîne du livre ne sera jamais que ce que l'on en fait. « Il y a ceux qui veulent la conserver pour ce qu'elle est, et ceux qui voudraient la raser, pour bâtir quelque chose de nouveau. Chacun a ses raisons, mais nous espérons trouver une troisième voie pour les éditeurs qui, comme nous, sont de toutes petites sociétés. »

 

Avec 40.000 titres vendus chaque année, les éditions Pourpenser ne sont pas vraiment de ces gros vendeurs, qui mobilisent les tables de librairies. « Au contraire, nous avons du mal à entrer en librairie, parce que nous ne sommes pas rentables, pour eux. Mettre des ouvrages de micro-maisons, c'est trop compliqué, et nous le comprenons bien. »

 

La maison souhaite pourtant établir des liens avec les libraires indépendants, moins géographiques, d'ailleurs, que thématiques. « Nos lecteurs vont en librairie, et c'est avec eux qu'il faut travailler le plus. D'une part, en les incitant à faire travailler le commerce local, et les inciter à s'y rendre. Mais nous travaillons aussi avec une plateforme de vente directe. Les libraires n'ont pas besoin de nos maisons pour vivre, mais nous avons tous, eux comme nous, besoin des lecteurs - et cette vente directe n'est pas à exclure»

 

Incompatible ? « Pas du tout : nous complétons une offre, et ne faisons certainement pas de concurrence aux libraires.» Ces dernières années, deux associations ont vu le jour en Pays de la Loire : l'une réunissant des librairies indépendantes (ALIP), l'autre réunissant des éditeurs basés dans la région.« Nous ne disposions pas de SRL (structure régionale pour le livre), la DRAC et la Région nous poussaient à organiser nos filières. Notre souhait est que ces associations nous permettent d'explorer de nouvelles pistes de coopération entre petite édition et librairie indépendante. Cette coopération est d'actualité puisque dans les semaines à venir nous allons voir la mise en route de la structure régionale associative autour du livre et de la lecture : une structure qui aura pour principale mission de tisser du lien entre les acteurs du livre et de la lecture. »

  

 

 

 

 

Le constat est d'ailleurs simple : la librairie est souvent très efficace, pour ce qui est de vendre des nouveautés, « mais a de plus en plus de mal à travailler le fond. C'est aussi pour cela que nous avons quitté Amazon. Le site avait déjà aspiré 20 % des ventes que nous réalisions en librairie, en l'espace d'une année, quitter le programme Amazon était pour nous une question de cohérence avec l'idée que nous nous faisons d'une économie responsable, une économie où le local a toute sa place. A terme, nous risquions également de nous retrouver dépendant, nous ne pouvions pas faire autrement ». Bien entendu, cette méthode n'est pas valable pour tous : « Nous étions encore en mesure de scier la branche, sans que cela n'occasionne trop de dégâts. »

 

L'une des réflexions porterait d'ailleurs sur le rôle même des libraires. « Je me demande si certains établissements, qui ont su garder une identité, défendre les titres qu'ils apprécient, ne mériteraient pas de figurer plus dans l'économie sociale et solidaire, plutôt que dans le secteur marchand. Internet et les salons sont les seules solutions qui nous sont données pour défendre des livres, qui ne seraient finalement pas viables en librairie. En revanche, envisager que certaines d'entre elles sont des lieux spécifiques, c'est une des solutions qui rapprocheraient des micro-éditeurs. »

 

L'avenir est une question de patience…

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
quitter Amazon - éditions pourpenser - librairie indépendante - microédition



Réactions

Publié par Albert

 

Merci pour cette tribune !
Pour celles et ceux qui souhaiteraient plus d'informations, je vous invite à lire ce billet complémentaire sur notre blog : http://pourpenser.blogspot.fr/2014/03/quitter-amazon-et-apres.html

Écrit le 28/03/2014 à 13:34

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