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Enrayer 'la détérioration constatée de l'économie des librairies'

Avec 500.000 euros de communication dans les médias

Par Nicolas Gary,Le mardi 26 juillet 2011 à 19:20:40 - 15 commentaires

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Pour apporter son plein soutien aux libraires, le syndicat national de l'édition vient de mettre en place une grande campagne, pour que les lecteurs sachent que « l'avenir et la fréquentation des librairies » doivent être au coeur des préoccupations de tous.

La campagne a pour mission d'inciter les lecteurs à « continuer à privilégier leurs achats en librairie » - comprendre donc, ne pas passer par des sites de vente en ligne.

La presse en renfort

Le tout part d'une initiative de l'hebdomadaire Le Point, explique le communiqué du SNE, et se déclinera « dans les principaux hebdomadaires, Le Point, L'Express, Le Nouvel Observateur, Télérama, Courrier international, le Journal du Dimanche, et les quotidiens : Le Monde, Le Figaro et Libération. Elle, Madame Figaro et Les Inrockuptibles ».


On s'étonnera assez joyeusement de ne voir aucun média pur-player intégré à ce florilège de grand nom de la presse.

Deux mots d'ordre à cette campagne :

  • valoriser le conseil irremplaçable du libraire. Conseil, rencontres, atmosphère, expertise, spontanéité, originalité, diversité et compétence sont au cœur de la relation entre les lecteurs et la librairie.
  • faire prendre conscience aux lecteurs qu'ils contribuent, par leurs visites et leurs achats, à rendre vivant un modèle culturel unique.

Représentant 45 % du marché du livre en France, le réseau des librairies est l'un des plus denses au monde, souligne d'autre part le SNE. « Une vingtaine d'insertions paraîtront à partir de fin juillet, pour un montant brut du plan média de 500.000 €. Près de 30 % de la population française âgée de plus de 15 ans y seront exposés : 30 millions de contacts. »

Soutenir le réseau

Le budget déployé vise donc à enrayer, ou tenter d'enrayer « la détérioration constatée de l'économie des librairies ». Et la communication sera donc portée sur l'importance de l'achat en librairie, pour maintenir la qualité du réseau — et, osons le mot — la bibliodiversité.

Quatre acteurs de l'interprofession ont décidé de prendre en charge cette campagne : Syndicat national de l'édition, le Syndicat de la librairie française, l'Association pour le développement de la librairie de création et le Centre national du livre.

La campagne a été réalisée par l'Agence Rive Gauche agence dédiée à la publicité littéraire de Ailleurs – Exactement. Directeur de création : Pierre Noël. Pilote de la campagne : Marie-Annick Giraud.


Mise à jour 18h40 :
Dans la communication mise en place, une petite nuance reste à apporter, qui prend tout son intérêt. De fait, les 500.000 € de plan média mis en place au travers des organes de presse ne sont pas « pris en charge » financièrement par les quatre organisations professionnelles.

Il s'agit bien au contraire d'un geste de solidarité de la part des médias cités, qui offrent des espaces promotionnels dans leur publication, à titre gracieux et de soutien apporté à la librairie française. Raison pour laquelle les pure-players n'ont pas été sollicités.

Mouvement de solidarité

« Cette décision fait suite aux rencontres de Lyon où Le Point a été le premier journal à proposer cette initiative, destinée à mettre en exergue la valeur de la librairie. La réaction de l'hébdomadaire fait suite au constat établi par le cabinet Xerfi et présenté à la profession au cours de ces Rencontres », nous précise-t-on.

Le cabinet avait pointé certaines difficultés de la profession :

Dans ce contexte, gérer l'absence de croissance devient très difficile pour les librairies. Car les dépenses d'exploitation augmentent naturellement à un rythme de 2 à 3 % par an, sans que les dirigeants aient de marges de manoeuvre pour en inverser la tendance.

Le poids des autres achats et charges externes (AACE) dans le chiffre d'affaires des librairies s'est ainsi accru de plus de 2 points entre 2003 et 2010, conséquence de la hausse chronique des loyers commerciaux en centre-ville et de l'envolée des coûts de transport.
  (notre actualitté)

Au cours de ces rencontres, le ministre de la Culture, Frédéric avait aussi rappelé que « quels que soient leurs avantages et leur commodité, les sites de vente en ligne ne permettront jamais aussi efficacement à la création nouvelle de rencontrer son public que ne le font les hommes et les femmes qui, chaque jour, dialoguent avec les lecteurs dans les librairies, jusqu'à se reconnaître dans la belle expression de "passeurs de livres" ». (notre actualitté)

Sources : , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
librairie - soutien - campagne - edition



Réactions

Publié par Ludovic

 

J'ai fréquenté de bonnes librairies mais cette campagne de publicité je la trouve hypocrite ; l'avenir des librairies n'est pas plus au coeur de mes préoccupations que l'avenir des boulangeries ou des pâtisseries ou des cordonneries. J'y vois un refus du progrès numériques et en plus on cherche à culpabiliser les lecteurs.

Écrit le 26/07/2011 à 19:52

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Publié par Myriam

 

Je suis d'accord avec Ludovic : cette campagne crée plutôt un rejet pour la personne qui achète sur le net ou ailleurs qu'en librairie.
Un argument qui n'est jamais mis en avant par les libraires : cela ne coûte pas plus cher d'acheter des livres dans une librairie que dans un supermarché. Alors pourquoi se priver d'une petite visite au libraire ? Ils conseillent et accueillent pour le même prix. Plus pour le même prix : c'est un message plus positif que la défense d'un métier en péril.

Écrit le 27/07/2011 à 09:30

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Publié par Ludovic

 

[quote:16543]Ils conseillent et accueillent pour le même prix. Plus pour le même prix: c'est un message plus positif que la défense d'un métier en péril.[/quote]
Parfait ! Voilà une campagne qui aurait du succès, à mon avis.

Écrit le 27/07/2011 à 16:22

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Publié par @Sediter

 

Je suis plutôt d'accord avec Ludovic, il faut cesser de culpabiliser le lecteur/consommateur qui va naturellement choisir la méthode d'achat qui l'arrange le plus.

Au final, est-ce sa faute s'il considère que les librairies ne sont plus attractives par rapport à d'autres boutiques ?

Et, si vous parlez des sites internet (Amazon entre autres) pourquoi n'évoquez-vous pas les "supermarchés de la culture" : Cultura, Fnac, Furet du Nord, etc. qui absorbent avec talent la clientèle des libraires ?

Bien entendu, le numérique va également jouer dans la balance, surtout si les lecteurs numériques décident de ne plus acheter de livres papiers (ce qui n'arrivera pas je pense, mais qui sait...).

La question est de savoir si le méchant consommateur fait une grave erreur en achetant ailleurs qu'en librairie, ou si la librairie n'est pas tout simplement dépassée par le changement.

Naturellement, je souhaite à tous les libraires de réussir, mais il faudra peut-être pour cela penser à des innovations qui rendent l'achat en librairie réellement intéressant.

Car pour répondre à la question "Qui m'aidera à faire le bon choix si mon libraire n'est plus là ?", je répondrais aisément les dizaines de lecteurs qui auront laissé commentaires et revues sur internet...

Les temps changent !

Écrit le 28/07/2011 à 10:44

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Publié par proxycentury

 

Pourquoi Lire ?
La télé suffit bien pour donner les ordres...

http://debord-encore.blogspot.com/2010/10/les-pieges-humains.html

Écrit le 28/07/2011 à 15:42

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Publié par nekki

 

Ici en Belgique, où le prix unique du livre n'a pas cours, l'achat des livres en ligne revient moins cher. Même si j'ai longtemps soutenu mon libraire, je suis finalement passé aux achats en ligne, la vie coûte trop cher! Quant aux conseils des libraires, je les trouve en suffisance sur les nombreux sites ou blogs d'internet.Il faut vivre avec son temps, que cela plaise ou non. [quote]Votre citation[/quote]

Écrit le 29/07/2011 à 10:11

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Publié par suzyplume

 

loin de toute librairie, depuis qu'on peut acheter sur le net, j'achète beaucoup et de plus en plus; Mais je choisis le site d'une librairie qui a mis au point ce système et pas un site qui n'est pas lié à une librairie.

Écrit le 29/07/2011 à 15:39

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Publié par Arfaoui Nour

 

Moi j'habite à la tunisie.comment dois-je acheter des livres?s'îl vous plait dites-moi? merci d'avance. :)

Écrit le 31/07/2011 à 12:01

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Publié par Julien

 

Pour ma part, les libraires ne font que récolter ce qu'ils ont semé. Je me souviens quand adolescent, je demandais des renseignements sur les derniers livres de science-fiction et que l'on me répondait que "ce genre de sous-littérature ne méritait pas leur intérêt" (Librairie l'Armitière Rouen). Leur clientèle privilégiée à l'époque : les profs et pseudo-intellectuels de la région. Mais voilà ceux de ma génération ont grandit, lisent et achètent des livres. Et le souvenir du mépris de l'époque est resté. Pour moi Amazon fut une bénédiction et un juste retour des choses...

Écrit le 02/08/2011 à 12:53

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Publié par lecteurA

 

Quand je rentre dans une librairie Nantaise j'ai rarement un bonjour , on m'ignore souvent ...et pour les conseils n'en parlons m^me pas ,par contre dans un centre culturel leclerc j'ai été bien accueilli et conseillé... comme quoi !Mais amazon est maintenant mon fournisseur, choix et rapidité de livraison...

Écrit le 07/08/2011 à 12:16

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