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Fin des librairies indépendantes, et venue de l'âge d'or (Seth Godin)

On aime quoi, les livres ou les librairies ?

Le mercredi 14 août 2013 à 15:47:29 - 19 commentaires

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Seth Godin n'est plus à présenter : ce gourou du marketing qui a connu l'âge d'or du webmarketing, s'était lancé dans l'aventure éditoriale avec Amazon, au travers du Domino Project. Auteur de plusieurs ouvrages, il vient de se lancer dans une réflexion assez typique de l'esprit libéral américain. Qui trouve avoir des échos assez régulièrement en France.

 

 

"Il faut se méfier des mots", Ben

Crédit ActuaLitté

 

 

Il s'agit donc de considérer « la fin de la librairie indépendante (et un nouvel âge d'or pour les livres) », titre Seth dans un billet assez complet. Il prend une perspective historique, pour considérer l'évolution qu'a connue l'industrie du livre, remontant à l'après Seconde Guerre mondiale. Entre l'essor du livre de poche et la création de The Book of The Month Club, la prescription était devenue l'objet d'un jury dont l'influence était considérable sur les lectures des Américains. Ces derniers profitèrent largement de ce que le livre de poche était un format en vogue, pas cher et facile à transporter. 

 

Des millions de personnes étaient sensibilisés aux choix réalisés, et un ouvrage pouvait alors connaître une notoriété gigantesque. Les libraires étaient exclues de cette chaîne, sauf en tant que relais... jusqu'à ce que le club ne s'étiole, et que les boutiques finissent par prendre sa place. 

 

L'avénement de la remise, ou la recherche de trafic

 

Mais le principe a quelque chose d'intéressant : les libraires s'emparent du concept, et proposent chaque mois leur propre sélection pour des hardcovers. Pour les livres, c'est la manne, bien que l'impact soit moins important au niveau national - à moins qu'un conglomérat de libraires ne parvienne à pousser ensemble un livre. « Avec une marge bénéficiaire de 40 % et le privilège d'un remboursement intégral, le magasin local ne peut que prospérer », note Godin. En outre, pas besoin de jouer sur tous les livres : on peut cibler les meilleures ventes, et au début des années 60, un best-seller peut garder son titre durant plus d'une année.

 

La troisième période sera plus funeste, avec une approche où les marges sont moindres, mais compensées par le volume. Barnes & Noble, la chaîne de librairie disposait alors de plus de stocks que n'importe quel libraire américain. Sauf qu'ils ont besoin de présence dans leurs boutiques... Moralité : dès qu'un ouvrage figure sur la liste des meilleures ventes du New York Times, celui-ci obtient une remise de 40 %. Une vente à prix coûtant, ou presque, mais qui profite d'une forte fréquentation, et pour le marchand, de ventes additionnelles.

 

Pour les indépendants, la concurrence devient douloureuse : la liste des best-sellers du NYT cumulée aux remises pratiquées rendent la situation intenable. Surtout que les gens n'achètent en général que quelques ouvrages par an, et principalement des best-sellers. Au sein d'une ville, B&N devient alors incontournable pour ses remises.

 

Harry Potter, la fin des illusions

 

Vint alors un renouveau pour les indépendants, avec Harry Potter. Le bouche à oreille a fonctionné avec une parfaite synchronisation, de sorte qu'ayant propulsé le livre, ils pouvaient s'attendre à croquer une grosse part des centaines de millions de dollars générées. Sauf que B&N, les grandes surfaces, se tenaient en embuscade, et ont finalement tout raflé. L'époque des vendeurs en ligne n'était pas encore venue...

 

Mais elle approchait. « Avant Amazon et le web, nous étions en bonne voie pour que la liste des best-sellers domine totalement le marché de la librairie. Wal-Mart, le Club Price, et B&N avaient compris comment déverser d'énormes quantités de quelques livres, à des prix très bas », poursuit-il. C'est l'époque où Godin entra réellement dans le marché du livre. Les commerces ne visaient alors pas la longue traîne, et tout était mis en place pour assurer de l'espace aux meilleures ventes.

 

« Amazon a corrigé tout cela, en s'emparant de la longue traîne et se charger de tout. Si vous aimez les livres, Amazon était un rêve devenu réalité. Mais si vous aimez les librairies, Amazon était le dernier clou du cercueil. » De fait, le marchand cumulait alors l'avantage de stocks démesurés, de remises fulgurantes, et de simplicité d'achat. 

 

L'indépendant, lieu de rencontres

 

Le devenir des établissements indépendants est alors voué à devenir des sortes de hubs, connectant public et auteurs, et présentant le livre comme un cadeau. Une étape que Godin estime importante, parce qu'elle guidera les librairies indépendantes dans une relation plus proche entre créateurs et lecteurs. « Le plus important, c'est l'idée qu'un endroit local où des gens intelligents vont à la rencontre les uns des autres, permettra de partager les idées qu'ils ont. Nous ne devrions pas voir cela arriver parce que c'est la dernière chance de la librairie locale, mais parce que cela en vaut la peine », finit Godin.

 

Et de conclure : « Vilipender Amazon, toutefois, n'a pas de sens. Plus de gens peuvent lire et écrire plus de livres (ebooks et imprimés) qu'à tout autre moment de l'histoire. »

 

Dont acte. Ou presque.

 

Il reste en effet compliqué de ne pas considérer qu'un acteur disposant d'un rôle central, voire monopolistique sur le marché du livre, n'aurait pas pour conséquence de scléroser ledit marché, et d'impacter les éditeurs indépendants. Ou bien est-ce là une conséquence franco-française qui nous fait redouter tout ce qui n'entrerait pas dans le principe de bibliodiversité ? En réalité, même dans le domaine numérique, les éditeurs préfèrent disposer de plusieurs espaces de ventes, et même avoir leur propre boutique dans le cas où une négociation tarifaire, des pressions ou tout autre élément perturbateur viendraient s'interposer. 

 

Quand on traite avec un seul acteur, ou avec l'acteur majeur, il est toujours compliqué de faire valoir des alternatives...

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
librairie indépendante - best-seller - vendeur en ligne - achat de livres



Réactions

Publié par Patbad

 

Une étude intéressante et des remarques certes pertinentes, mais surtout réservé au marché Américain. Nous avons la loi Lang, et donc le prix unique, donc pas le même modèle économique, y compris dans les fonctionnements commerciaux du commerce en général, avec l'interdiction de la vente à perte, qui a permis le développement d'Amazon, après celui de B&N, et qui sont pour nous bonnet blanc et blanc bonnet.
Quant au fait d'être "contre" Amazon, ce n'est pas le problème, si un intervenant, qui respecte les lois et apporte quelque chose, comme "la longue traine" se développe et prend une partie du marché, pas de soucis! Mais ce n'est pas, pour le moment le cas d'Amazon, qui contourne les lois, ne paye pas le juste impôt, et exploite le marché du travail en utilisant des chômeurs à bas prix, voire, comme en Allemagne, des travailleurs "importés", pour réduire tous les coûts sociaux et se ménager de la marge, habilement rapatriée vers des paradis fiscaux!
Cela a un coût social considérable, que les adeptes du prix bas à tout prix, paieront aussi dans leurs impôts et autre cgs, crds etc. puisqu'il faudra bien indemniser tous les pauvres libraires et ex-libraires au chômage, et que la filière sinistrée n'offrira plus les débouchés qu'elle offrait aux jeunes diplômés qui sortent en rang serré de nos facs, plein de jeunes qui arrivent sur le marché du travail et qui à part la perspective d'être "pickeurs" dans les allées d'Amazon, n'ont d'autre perspective que les emplois d'avenir de Hollande, l'autre pays du chômage!

Écrit le 15/08/2013 à 09:20

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Publié par jel

 

Aucune profession ne peut survivre à son utilité.
Celle-ci ne se déclare pas, ne se décrète pas ! Seul le lecteur/acheteur est juge de la chose.

Les libraires physiques vont-ils disparaître ?
Ce n'est pas inéluctable, mais probable pour la majorité. L'inconnue ? le temps mis à cette évolution.
Seuls les libraires thématiques ont une chance de survie et peut-être, à l'autre extrémité les 'très gros' libraires type 'Fnac' (choix, disponibilité immédiate).

Aucune profession ne perdure quand elle est mise en concurrence avec un système plus rentable (moins de frais) et/ou plus attractif (meilleur choix, simplicité, rapidité) plus adapté au contexte (internet.)
Là, le prix unique du livre se retourne peut-être contre l'objectif initial.
Si les disquaires ont disparus, c'est bien qu'il y avait une raison. Mêmes causes, mêmes effets.

Pour ce qui concerne le livre électronique, c'est encore pire, car on ne voit pas en quoi un libraire physique aurait un quelconque intérêt.
Dans ce dernier cas, reste l'auteur, le 'distributeur', le lecteur.
On ne voit pas comment un libraire standard pourrait s'immiscer dans cette chaîne.
On voit bien aussi que le libraire n'est pas le seul à devoir envisager une reconversion.

Reste un problème majeur :
Quid du manque de concurrence ?
La nature a horreur du vide. Amazon part en tête, car il a investi dans le modèle avant les autres - qui se croyaint protégés par leur antériorité dans la chaîne 'papier'.
Qui interdit à un 'distributeur' futé d'adopter le même modèle ?
Qui interdit à des éditeurs futés - il en existe, comme Bragelonne - des 'distributeurs' (immateriel, feedbooks,…) de se tailler une bonne réputation, pendant qu'il est encore temps ?
L'alternative - utilisée par des éditeurs moins respectueux du client - est de vouloir profiter du client à outrance.
Presse Pocket, par exemple, vend ses ebooks plus chers que le prix de ses livres de poche (1,7 fois, parfois). Ce comportement étrange est un gain à court terme, une incitation forte au piratage, mais aussi un vigoureux encouragement - pour les auteurs - à se tourner vers des acteurs leur rétrocédant une part pouvant être plus importante à un coût plus faible pour le lecteur.
Et qui retrouve-t-on dans le rôle du bon samaritain proposant jusqu'à 70% à l'auteur ? ;)

Écrit le 16/08/2013 à 11:18

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Publié par Patbad

en réponse à jel  

Et la QUALITÉ, et le chômage, et la morale, aucune réponse, aucune perspective à part des "philanthropes" tels Bezos?
Votre démonstration est nulle et non avenue!
Et de plus fausse, Virgin et Fnac ne tiennent pas le coup, car ils n'offrent pas les "plus" indispensables pour satisfaire le client, celui qui ne trouve pas son compte chez l'Américain et qui vient dans nos librairies, qui se portent bien merci! Nous sommes en progression de 3/4% cet été. Mais nous sommes une moyenne/grande librairie de centre ville, avec du service, des libraires et du choix!

Écrit le 17/08/2013 à 12:11

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Publié par Kafarnaum

 

Bravo, pareil pour nous, Jel se trompe de combat, le prix n'est pas tout, la qualité, les conseils, et le choix éclairé comptent beaucoup plus que ce qu'il en dit!
La relation directe auteur-lecteur n'est pas pour demain! Les passeurs, les trieurs, les prescripteurs, que sont les éditeurs et les libraires ont leur place encore longtemps.

Écrit le 17/08/2013 à 12:15

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Publié par jel

en réponse à Kafarnaum  

Je suis tout a fait d'accord avec votre première proposition.
Le conseil, le choix éclairé est nécessaire.
Mais,… ceux-ci se trouve sur la toile, le plus souvent dans des communautés ('spécialisées' autour d'un centre d'intérêt commun).

Pour ce qui est de la seconde, je ne suis d'accord que partiellement. (je ne crois pas à la relation directe auteur-lecteur dans tous les domaines du livre.)
Vraisemblablement, des métiers nouveaux émergeront.
La question étant de savoir qui est le mieux placé pour assurer telle ou telle fonctionnalité (parmi celles qui resteront).

Et pour en revenir au conseil, je vois mal comment un libraire 'généraliste' pourrait avoir un avis éclairé sur 60.000 livres paraissant par an.
Je vois mal quiconque d'ailleurs, mais - a contrario - une communauté pour chaque genre reste dans les choses possibles.
La dernière fois que j'ai consulté un libraire de manière efficace - i.e. avec un résultat à hauteur de mes attentes - c'était un vieux bouquiniste, une librairie à thème du quartier Latin.
A lui, je garde ma pratique.
Aux autres… ? Ils ne m'apportent pas le conseil, le service,le choix, (la qualité ?) que je désire.
Ce n'est pas une question de prix (sauf dans les cas d'abus cités.).

Écrit le 22/08/2013 à 09:37

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Publié par Gobsec

 

J'ai pratiqué la libraire spécialisé pendant plus de 15 ans et ils ont jamais pu me conseiller un livre dont je n'avais pas déjà entendu parler et ce même bien avant qu'Internet ne se démocratise en France.

Les libraires savent juste conseiller à partir de leurs goûts et du peu de choses qu'ils lisent (par rapport au nombres de livres qui sortent) et peuvent donc juste conseiller les personnes qui s'informent pas. Les communautés spécialisées autour d'un centre d'intérêt commun sont mille fois plus efficace qu'eux. Et de nombreux sites vivent déjà de leurs conseils.

Écrit le 22/08/2013 à 17:37

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Publié par Patbad

en réponse à Gobsec  

"Les libraires savent juste conseiller à partir de leurs goûts et du peu de choses qu'ils lisent"
Dans cette phrase transparaissent votre mépris et votre méconnaissance des libraires, car c'est justement ce qu'ils font et pour plein de gens, c'est déjà beaucoup!
Quant aux sites et blogs, pour la plupart noyautés ou pilotés par ceux qui y ont intérêt, ils n'ont que peu de valeur. Le contact direct permet la confiance et la fiabilité!

Écrit le 25/08/2013 à 18:14

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Publié par Gobsec

 

Jamais aucun libraire n'a pu me surprendre avec son conseil par contre les sites spécialisés si, y'a pas photo.

Écrit le 25/08/2013 à 22:56

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Publié par Patbad

en réponse à Gobsec  

Changez de libraire, si jamais c'était vrai que vous êtes un jour entré chez l'un d'eux?

Écrit le 26/08/2013 à 16:16

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Publié par Patbad

en réponse à Gobsec  

Écouter et suivre les conseils dictés par les gouts d'un autre, c'est être dans l'humain pas dans le virtuel et la déshumanisation du monde, qui préside malheureusement nos rapports et est à la base des pires errements actuels!

Écrit le 26/08/2013 à 16:19

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Publié par Gobsec

 

Pas besoin des libraires et vive la déshumanisation du monde

Écrit le 26/08/2013 à 17:36

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Publié par Patbad

en réponse à Gobsec  

Il ne reste qu'un mot pour répondre à cela:
C.....!

Écrit le 26/08/2013 à 18:30

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Publié par Gobsec

 

D'ailleurs certain sites ont plusieurs centaines de milliers de personnes d'audience (voir millions), une audience et ont un impact bien plus grand pour la diversité culturelle que toutes les librairies/disquaires/vidéo club.

Écrit le 26/08/2013 à 18:37

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Publié par Gobsec

 

Oh le petit tout petit trollibraire (capable uniquement de contenter les hésitants) est pas happy et il devient encore grossier (surement le sujet qu'il maîtrise le mieux).

Écrit le 26/08/2013 à 18:49

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Publié par Patbad

en réponse à Gobsec  

Je vous prie de recevoir l'assurance de mon plus profond mépris! Et que le triste personnage qui se cache derrière ce pseudo soit assuré que notre blanc et immaculé plumage, sur lequel glissent les méprisables attaques du pauvre Gobsec, reste d'une éclatante blancheur!
Et que tel le héros de légende, nous nous arrogeons le droit immanent de la juste et vengeresse grossièreté qui sied à ceux qui défendent les justes causes et vous assènent à nouveau le qualificatif qui vous convient lui-même augmenté de l'adjectif amplificateur nécessaire à la bonne compréhension de votre nature profonde: Gros C.....!

Écrit le 27/08/2013 à 02:56

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Publié par Kafarnaum

en réponse à Patbad  

+10 X 1000²

Écrit le 27/08/2013 à 02:57

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Publié par Enculeanum

en réponse à Gobsec  

Faux et archi-faux, ces sites sont pour la plupart viciés et au service des grands groupes pirates qui ne sont qu'au service que leur puissance destructrice et leur malfaisante activité commerciale. Leur audience, composée de séides mal intentionnés, à leur botte et de pauvres consommateurs égarés en mal d'achats standardisés et à bas coût, n'ont pour perspective que la triste et désolante vacuité de leur propre finalité!

Écrit le 27/08/2013 à 03:07

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Publié par Gobsec

en réponse à Enculeanum  

Mon pauvre petit trollibraire je sais ça va t'étonner mais y a plein de sites légaux qui sont bien plus utile que tous les libraires du monde.

Les sites dit illégaux sont eux sur un conseil un chouia différent mais bien plus précis lui encore que les libraires/disquaires/vidéo clubs.

Vous pouvez pas lutter vous serez toujours à la ramasse bon uniquement à conseiller les hésitants et ceux qui savent pas s'informer (les impressionnables quoi, pour tous les autres z'êtes des bouffons).

Écrit le 27/08/2013 à 17:17

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Publié par Gobsec

 

Tiens même Amazon m'a surpris en me conseillant un livre et le logiciel d'Amazon c'est pas trompé résultat toujours aucune surprise venant des libraires, 1 pour Amazon. Z'êtes vraiment totalement inutile.

Écrit le 28/08/2013 à 16:11

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