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Les librairies Mona Lisait en redressement judiciaire

Verdict dans quelques jours

Le jeudi 13 juin 2013 à 16:52:19 - 9 commentaires

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L'exercice 2012 n'a pas été des plus profitables pour les librairies d'occasion Mona Lisait. Si le chiffre d'affaires a progressé d'à peine 100.000 €, le résultat, lui, avait plongé de 52.000 à - 140.000 € entre 2011 et 2012 (Infogreffe). Sale temps, même dans le commerce des soldes de livres. Et la conséquence ne s'est pas faite attendre : les boutiques du réseau Mona Lisait se retrouvent en redressement judiciaire. 

 

 

oh! Mona Lisait est à Toulouse! #ruedelaBourse #livre #art

La boutique Mona Lisait de Toulouse, charlotte henard, CC BY-SA 2.0

 

 

Ces établissements fondés en 1987 par René Baudoin sont devenus une chaîne de librairies proposant des beaux livres neufs, et d'occasion. Avec ses douze points de ventes - dont trois hors de Paris à Toulon, Toulouse et Vélizy - l'enseigne a connu une année 2012 avec des résultats négatifs. Pour l'ensemble des établissements, c'est donc le redressement judiciaire qui a été mis en place, et ce, depuis le 10 mars dernier. 

 

« Nous ne sommes pas des librairies indépendantes, mais nos problématiques en tant que boutique de centre-ville sont les mêmes », nous précise un libraire du réseau Mona Lisait. Pour autant, les administrateurs judiciaires chargés du dossier se montrent plutôt rassurants : « Ce qui peut être positif pour Mona Lisait, c'est qu'il y a de très beaux emplacements, aux loyers corrects » souligne David Lacombe, principal collaborateur parisien au sein de l'étude AJ Associés.

 

Par ailleurs, une marque solide, créée dans les années 70, et proposant des beaux livres à des prix parfois plus compétitifs qu'Internet ne devrait pas avoir beaucoup de difficultés pour trouver un repreneur ou de nouveaux partenaires financiers. L'appel d'offres, qui se termine le 24 juin, aurait déjà suscité l'intérêt d'une trentaine de candidats.

 

Certes, « il faudra sûrement faire muter le modèle économique », souligne l'administrateur judiciaire, mais savoir-faire et longue histoire commune avec les fournisseurs devraient aider : parmi ces derniers, aucun n'a refusé de poursuivre l'approvisionnement en livres soldés. Par ailleurs, l'administrateur judiciaire a salué la « paix sociale » qui règne au sein des magasins de la chaîne, gérée par Marie-Claude Roberieux depuis le décès de son époux Pierre Roberieux.

 

Bien entendu, il reviendra ensuite au tribunal de commerce de livrer sa décision. Toutefois, aucune date n'a été arrêtée : si les offres de reprise ne s'avèrent pas satisfaisantes, un nouvel appel d'offres sera émis.

Pour approfondir

photo Oury Antoine

   

Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr

 

Mots clés :
librairies - Mona Lisait - redressement judiciaire - commerce de centre ville



Réactions

Publié par Kilitout

 

"Aucun fournisseur n'a refusé de poursuivre l'approvisionnement en livres soldés". Quelle surprise ! C'est une blague ou quoi ? De toutes façons, les fournisseurs en question, ils ont le choix entre Mona Lisait ou le pilon...alors entre ne pas être payé ou ne pas facturer, il préfèrent encore ne pas être payé. On n'insulte pas l'avenir, comme disent les politiques.

Écrit le 14/06/2013 à 10:05

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Publié par Fabrice Larcade

 

La paix sociale ? quelle blague ! surexploitation du personnel, pression constante doublée d'insultes voire de menaces, encouragement à la délation, suspicion générale, normes de sécurité totalement ignorées, obligation de rester debout neuf heures par jour quelque soit le temps, le tout pour une rémunération minime. Il est même arrivé que certains responsables de boutiques aillent piller la réserve de leurs collègues durant leur absence. Et je ne parle même pas des pratiques comptables douteuses, des fausses occasions pour contourner la loi sur le livre soldé et des incendies "accidentels" de stocks invendables et assurés. Une bande de racailles...

Écrit le 15/06/2013 à 14:50

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Publié par Fabrice Laircrade

en réponse à Fabrice Larcade  

Belle envolée lyrique pour quelqu'un qui parle d'"encouragement à la délation". Cela ressemble à n'en point douter à la frustration d'un ancien employé en manque de reconnaissance.
En tant que fidèle client de cette enseigne, je suis la plupart du temps bien reçu dans ces librairies. Le personnel n'a pas l'air si stressé.

Écrit le 18/06/2013 à 14:36

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Publié par Mme :)

 

je travaille dans cette société et suis entièrement d'accord avec Mr Fabrice Larcade ;-) sur TOUS les points énoncés...

Écrit le 01/07/2013 à 12:35

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Publié par misterbrakmard

 

Mon pauvre Larcade forte carrure et bien faible morale... Forte odeur et détournement de mineur(s)... Volonté de plomb et ressentiment revanchard... Mona lisait vous salut bien

Mme X
Irène peut-être?

Écrit le 01/07/2013 à 13:38

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Publié par Fabrice Larcade

 

Tiens, un anonyme (misterbrakmard, très typique de la poésie du lieu) de Mona Lisait qui nous parle de morale et de volonté ainsi qu'un "client la plupart du temps bien reçu" ? Toujours aussi courageux et finauds à ce que je vois. Quant à la reconnaissance de chacals qui finiront par se manger entre eux, rassurez-vous, on vit très bien sans :-) Attention à la chute les crasseux ; je peux vous assurer que vous ne valez pas grand chose sur le marché du travail.

Écrit le 10/07/2013 à 02:53

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Publié par Fabrice Larcade

 

Il est même paraît-il des nabots qui se rêvent Napoléon et qui rampent, et qui rampent...

Écrit le 10/07/2013 à 03:04

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Publié par Jean-Paul Boiron

 

plus de 40 personnes sur le carreau ...
Cela n'émeut pas grand monde ? ... + de 40 !
Mais cela est un moindre mal car :
« Ce qui peut être positif pour Mona Lisait, c'est qu'il y a de très beaux emplacements, aux loyers corrects »
La crise économique est passée par là , il est vrai... mais les gestionnaires aussi quelquefois recrutés par copinages dans un domaine qu'il faut quand même connaître. Mais ceux-là ne sont pratiquement plus là et les autres qui restent n'ont plus qu'à voir ailleurs. Lamentable !

Écrit le 06/10/2013 à 16:03

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Publié par un client navré

 

Rien qu'à paris, six librairies qui disparaissent où l'on était toujours à peu près sûr de trouver des livres de valeur qui, sinon, étaient(et risquent d'être) promis au pilon .il était bien rare que l'on n'y trouvât pas des choses intéressantes, des revues épuisées ....Quel dommage, quel gâchis!

Écrit le 17/10/2013 à 21:14

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