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Malgré 35.000 ventes, Rowling fait "un four" en librairie

Une place difficile à prendre, peut-être ?

Par Nicolas Gary,Le vendredi 05 octobre 2012 à 11:37:51 - 0 commentaire

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On croirait à un hasard, mais impossible de ne pas trouver que les relations entre les ventes outre-Atlantique et celles constatées en France ne sont pas significatives. Le dernier roman de JK Rowling, porteur de multiples promesses, devait être l'ultime carton dans les ventes, et une véritable manne pour le groupe Hachette, qui le commercialise sur l'ensemble de la planète, à travers ses filiales. 

 

 

 

 

Or, après une semaine de mise en vente, la mayonnaise du livre prend, c'est certain, mais doucement. En effet, au terme de six jours de vente aux USA, ce sont 375.000 exemplaires, tous formats confondus (papier, ebook et audiobook), qui ont été écoulés. Pour Hachette Book Group, qui avait annoncé l'impression de 2 millions d'exemplaires, la magie doit donc sembler longue à opérer. Avec cependant un fait particulièrement notable.

 

En effet, dans l'ensemble, les critiques du livre ne sont pas follement enthousiastes, et si le livre est la meilleure vente de l'année, dans un rapport date de sortie, malgré nombre d'exemplaires achetés, nous sommes loin de constater la folie Potter. En 2007, c'était plus de 8,3 millions d'exemplaires de Harry Potter and the Deathly Hallows qui avaient été vendus durant les 24 premières heures... 

 

Outre-Atlantique, on constate cependant que le livre est à la première place des meilleures ventes... sur un certain site marchand, au nom de fleuve d'Amérique du Sud. La magie se serait-elle déportée ? Bien entendu, en changeant de registre, en mettant un embargo sur la presse, et la librairie, qui n'a pas eu le droit de jeter un oeil ni d'en parler, avant la date de mise en vente, Rowling se posait quelques contraintes. 

 

En France, le classement Electre/Ipsos, reposant sur des estimations, indique que près de 35.000 exemplaires ont été vendus depuis le 28 septembre. En fait, 33.419 précisément. Mais c'est surtout en observant le découpage des ventes que l'on s'interroge. Ainsi, les ventes en ligne constituent 26 % des ventes, contre 32 % pour la grande distribution et 29 % en magasins spécialisés. 

 

 

 

 

La librairie indépendante ne représente que 13 % des ventes d'Une place à prendre. Une situation qui n'étonne pas Grégoire Lortat-Jacob, gérant de la librairie Longtemps, dans le XIXe arrondissement. « C'est un four, comparé aux attentes. Il y une publicité très importantes, dans les abris-bus, dans les rues, sur les bus, et tout cela attire facilement les lecteurs qui n'achètent qu'un ou deux ouvrages chaque année, et qui sont typiquement les acheteurs qui vont sur internet ou en grande surface, rarement en librairie. »

 

Plus généralement, le libraire nous explique avoir commandé 50 exemplaires, et n'en avoir vendu que 4. « Ce n'est pas un livre que l'on va défendre. Il est bien placé sur le comptoir, pour que les clients puissent le voir, mais on ne va pas défendre ce livre, au contraire du livre de Stéphane Michaka, Ciseaux, publié chez Fayard. Et puis, ce livre a nécessité de gros investissements, chez Grasset, ce qui explique son prix de 24 €, pas très attirant. »

 

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