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Québec : fusionner librairie et bibliothèque

Plus de points de vente, plus de ventes ?

Le jeudi 25 juillet 2013 à 14:34:33 - 0 commentaire

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Alors qu'une régulation portant sur le prix de vente des livres au Québec est actuellement discutée, un éditeur québecois, spécialisé dans l'édition en ligne, vient de publier une étude portant sur le devenir des librairies indépendantes. Selon lui, « le meilleur moyen d'assurer l'avenir des librairies indépendantes est de les déplacer dans les bibliothèques publiques afin d'ajouter au service de prêt celui de la vente de livres ». 

 

 

QUEBEC 1976 ---PASSENGER PLATE, 76 SUMMER OLYMPICS 122L499

woody1778a, CC BY-SA 2.0

 

 

A ce jour, le Québec dispose de 86 points de vente, des librairies indépendantes, alors que 805 bibliothèques publiques sont réparties sur le territoire. En outre, il souligne que « la proportion de la population québécoise desservie par les librairies indépendantes rejoindrait celle des bibliothèques publiques qui atteint 95,3 % ». 

 

En établissant la vente et le prêt de livres au sein d'un même établissement, dans le cadre d'un partenariat public-privé, il s'agit donc d'augmenter le nombre de points de vente québecois. 

Un défi logistique de taille se posera, entre autres, parce que plusieurs bibliothèques publiques disposent d'un espace restreint dans lequel elles sont déjà à l'étroit. Un tel projet ne pourrait donc se faire qu'une étape à la fois, à commencer par l'ajout de vente des livres aux comptoirs de prêts actuels.

Quant à l'inventaire nécessaire au bouquinage, il pourrait se limiter à un seul exemplaire par titre avec la mention «Disponible pour la vente» sur commande au comptoir de service. Les Librairies indépendantes du Québec (LIQ) pourraient répondre rapidement à bon nombre de commandes, car elles disposent déjà d'un entrepôt commun pour répondre aux commandes de livres vendus en ligne sur leur site Internet, RuedesLibraires.com.

 

L'étude souligne que le fonds n'est aujourd'hui pas suffisamment valorisé dans le contexte actuel, alors que cette réunion des services offrirait une plus large place aux oeuvres et leur découverte. « L'ajout des fonds des librairies indépendantes au catalogue informatique des bibliothèques publiques permettrait une mise en marché et une source de revenus nationales plutôt que d'être réduites au seul marché local ou régional. »

 

En outre, la librairie ne peut aujourd'hui plus se contenter d'exister comme commerce de proximité, mais plutôt tenter de trouver des solutions pour commercialiser et mettre en valeur des titres spécifiques. 

 

L'opération aurait aussi pour conséquence de « maximiser le rayonnement au sein de la population » pour le libraire. « La migration de la commercialisation du livre vers les bibliothèques publiques peut donc être envisagée avec succès grâce à l'expertise par les libraires indépendants, ainsi impliqués plus que jamais dans leurs communautés. » 

 

Enfin, les bibliothèques québécoises ont su démontrer leur capacité à s'adapter aux modifications actuelles. Entre les années 80 et 90, les consommateurs ont connu une très forte hausse du prix de vente public des livres. Les établissements de prêt sont alors devenus une solution indispensable pour continuer à lire. Certains usagers se sont même rendus dans ces lieux pour la première fois.

 

Et de conclure :  

L'espèce « bibliothèque publique » a appris à évoluer et le partage de son expertise d'adaptation peut sauver une autre espèce, celle de la « librairie indépendante ». C'est dans l'union de ces espèces que l'accès aux livres se réserve un avenir prometteur. La «bibliothèque‐librairie», serait une espèce hybride parfaitement adaptée aux nouvelles réalités du livre, présentes et à venir.

 

En mai dernier, l'association nationale des éditeurs de livres au Québec avait attiré l'attention du public sur les difficultés rencontrées par la profession des libraires. Interpellant le gouvernement, le président de l'ANEL évoquait « une grande nervosité dans tout le milieu du livre au sujet de l'état de santé précaire des librairies, particulièrement les indépendantes », tout en s'inquiétant du silence des autorités. 

 

Peu après, l'Association des libraires du Québec enfonçait le clou. Cette fois, les chiffres avancés étaient anxiogènes : 20 fermetures de librairies depuis 2010, dans dix régions du Québec. Avec pour conséquence de nuire directement à la vitalité de la production de livres québécois, alors même qu'une nouvelle génération d'auteurs émerge - et a besoin du soutien des librairies indépendantes.  

 

 Découvrir l'intégralité de l'étude :  

 

 

 

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
librairies - bibliothèques - partenariat public-privé - points de vente



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