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Une TVA réduite pour le livre sans impacter les libraires (Filippetti)

Ou comment défaire ce que le précédent gouvernement avait fait, sans que cela ne coûte trop cher... Possible ?

Par Clément Solym,Le lundi 21 mai 2012 à 10:53:36 - 0 commentaire

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C'est en direct de Cannes que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, répondait ce matin aux questions de Partrick Cohen, sur France Inter. La TVA à 5,5 % sur le livre faisait partie des mesures phares du programme Livre de François Hollande, et très défendu devant les professionnels. Les socialistes, au cours de la campagne, notaient ainsi que durant l'année 2011, le secteur de la vente de livres au détail était le moins rentable du commerce au détail. 

 

Mieux, entre 2003 et 2010, le chiffre d'affaires des librairies avait diminué de 5,4 %, avec un résultat net de 1,5 % à 0,3 % en 2010. Aussi, la question de la TVA rehaussée par le gouvernement Fillon avait quelque chose de plus douloureux encore pour les libraires.

 

« Ca se fera très rapidement, puisque cette hausse est intervenue depuis le 1er avril, simplement, elle a entraîné des frais d'étiquetage pour les libraires et notamment pour tout notre réseau de libraires indépendants qu'il est indispensable de soutenir et de sauver face à la concurrence sauvage d'un grand acteur de la vente en ligne, qui utilise d'ailleurs des pratiques tout à fait déloyales », dénonce la ministre.

 

 

 

Elle oublie probablement de prendre en compte que l'ensemble des vendeurs en ligne propose une gratuité des frais de port, et que cibler Amazon au travers de cet unique prisme n'est voir la question de la concurrence qu'avec une lorgnette réduite. 

 

« Il faut que l'on travaille en concertation avec notre réseau de libraires, pour en pas que la baisse de la TVA entraîne de nouveau des frais de changement des étiquetages. Donc, on va travailler avec eux, pour que cette baisse, qui a été annoncée et qui sera effective, puisse réellement leur servir. Notre idée est que le retour à une TVA à 5,5 % puisse leur permettre de retrouver les marges qu'ils ont perdues au cours des dernières années. »

 

Là encore, difficile de s'arrêter sur ce point : les marges en librairies ne se sont pas érodées du simple fait de cette hausse de 1,5 %. Les loyers, la masse salariale, bref, tout ce qui fait d'une librairie qu'elle est un commerce soumis aux mêmes problématiques que tous les autres, interviennent. 

 

C'est en loi de Finances que l'on pourrait voir le retour à cette TVA intervenir, probablement en juin ou juillet, tout en prenant en compte les problèmes pratiques, logistiques et financiers, que le retour à cette TVA pourrait causer. 

 

Signalons également que le 9 mai, la sénatrice Cécile Cukierman du groupe Communiste républicain et citoyen a déposé au Sénat une proposition de loi « visant à un abaissement du taux de TVA sur les biens culturels ».  En somme un retour de 7 % à 5,5 %. Et d'ajouter : « Entre les éditeurs et les consommateurs, les librairies prises en étau entre les deux, risquent d'être plus fortement touchées. » (voir notre actualitté)

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