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Veut-on vraiment sauver la librairie indépendante ?

A chacun de répondre...

Le mardi 12 février 2013 à 12:28:16 - 2 commentaires

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Voilà une dizaine de jours, Augustin Petit, libraire du Nord-Pas-De-Calais, en appelait à tous, élus, professionnels et journalistes. Son idée ? Faire de la librairie indépendante, une cause nationale, mais avant tout, interroger la relation au livre que tout un chacun peut avoir. Avec pour projet de réaliser un symposium, où seraient réunies toutes les personnes souhaitant apporter leur pierre à ce débat de société.

 

 

 

 

C'est avec modestie et humilité que le libraire nous répond, assurant qu'il ne détient pas « la vérité absolue. Ce sont des réflexions et des propositions que j'ai formulées en février dernier, devant le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand ». Et des pistes d'actions qui découlent essentiellement de son travail au quotidien : « Je suis un autodidacte dans la librairie, mais avec le temps, la démarche quotidienne, les échanges avec mon équipe, tout cela a donné une vision d'ensemble, que je souhaite partager. Et autour de laquelle je voudrais amener à débattre. »

 

Son établissement, Augustin Petit l'a inscrit dans un territoire, lui qui se revendique comme un héritier des Bassins miniers, et au plus proche des habitants. La librairie Résonnances s'est agrandie, a ouvert un second établissement, « situé à une trentaine de kilomètres, mais pour nous, c'est un même territoire ». 

 

Dans le document qu'il a diffusé (voir ci-dessous), la première question, primordiale, est posée : « Souhaite-t-on vraiment sauver le réseau des librairies indépendantes ? » Et à chacun d'y répondre, en son âme et conscience. « Aujourd'hui, le service comptabilité est décisionnaire, dans la fermeture d'une librairie, sans regard sur l'originalité de l'établissement, sa fonction sociale, son lien avec la vie politique. C'est triste, et c'est précisément cette réalité que je souhaite changer. Ainsi, ce n'est pas simplement la librairie indépendante qui est interrogée : je m'appuie sur elle, parce que c'est le milieu que je connais le mieux. Mais je n'ai pas de prétention à avoir tout compris, et avant même de parler de librairie, c'est de livre que je souhaite parler. »

 

La place du livre dans la société

 

C'est dans ce contexte qu'aurait donc lieu un symposium, où la librairie veut « mêler la vox populi et les élus de la République, mais également des banquiers, des juristes, des syndicats ». Si l'on envisage que le livre appartient à un véritable enjeu social et global, « alors il faut différencier le simple marchand de livres du libraire indépendant. Cependant, nous avons les mêmes problématiques, et nous nous retrouvons autour des livres. Les questions de marge, les relations avec les éditeurs, entre libraires, sont autant de choses qui nous réunissent, dans des proportions différentes, bien entendu ». 

 

Ses propositions sont donc concrètes, elles touchent à la TVA, à la fragilité des librairies, aux marges, à l'achat de livres... « Quelle place doit prendre le livre dans notre société ? Va-t-on continuer à considérer le LIVRE comme autre chose qu'un produit marchand ? Y-a-t-il la place dans notre société pour un maillage de librairies indépendantes ? Quelle complémentarité avec les politiques de lecture publique développées dans nos territoires ? » Autant de questions importantes pour le devenir de ce secteur.

 

« Il n'est pas raisonnable de se polariser sur certains acteurs, ni de stigmatiser les questions numériques, qu'elles relèvent de la vente en ligne ou des livres numériques. Tout cela appartient à un grand ensemble. C'est dans ce contexte que nous pourrions faire du livre une grande cause nationale. Et des librairies indépendantes, des acteurs d'utilité publique. Cela leur donnerait plus de voix, plus de hauteur, pour parler avec les éditeurs, par exemple. » C'est également une reconnaissance qui aura son importance pour l'avenir, plutôt que de multiplier uniquement les labelisations LIR.

 

Désormais, « prendre des mesures pour prendre des mesures, ne fait plus sens », conclut le libraire. « Notre métier, c'est de faire exister des créateurs dans des territoires, et auprès de leurs lecteurs. Il ne peut pas exister de librairies indépendantes sans une originalité, une singularité réelle. C'est cela qu'il faut défendre, et dont nous devons tous parler. »

 

Retrouver les propositions sur le site Le livre grande cause nationale

 

Le livre, grande_cause nationale

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
cause nationale - librairie indépendante - symposium - lectures



Réactions

Publié par Hubert Guillaud

 

Augustin Petit a raison sur un point en tout cas. Celui d'imposer un taux de remise et identique pour tous ! Car on sait que c'est cela qui défavorise les petites librairies sur les grandes surfaces et les grandes librairies.

Par contre, nul ne peut le suivre dans l'idée de réserver la vente de livre aux libraires. Cette mesure là n'est pas une mesure pour développer le livre et la lecture, comme le propose sa grande action nationale, mais seulement les libraires.

Et ce alors que le livre doit démultiplier les endroits où on le trouve pour toucher un public toujours plus large. C'est dommage à mon avis. Cette seconde proposition décrédibilise largement son initiative, qui n'est pas de faire du livre une grande cause nationale, mais de la librairie. Et c'est tout à fait autre chose.

Écrit le 12/02/2013 à 13:08

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Publié par patbad

 

M Petit est bien sympathique, mais un rien rêveur, car ce qu'il propose c'est en fait une nationalisation des librairies indépendantes, leur mise sous tutelle, et donc la ...perte de l'indépendance...!
Son idée de "symposium" est sympathique, mais il existe déjà, il n'a qu'a venir à Bordeaux participer aux "Rencontres Nationales de la librairie" les 2 et 3 juin 2013!

Écrit le 13/02/2013 à 10:31

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