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Waterstones sur la défensive en 2012

Le directeur général James Daunt déballe tout

Par Antoine Oury,Le jeudi 16 février 2012 à 07:59:02 - 0 commentaire

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Dans un long entretien avec Roger Tagholm de Publishing Perspectives, le directeur général James Daunt évoque et précise la stratégie globale de la chaîne de librairies Waterstones. Alors? Le bonhomme aux airs de conservateur se constitue en pourfendeur d'Amazon et en défenseur des bibliothèques. Et le Nook de Barnes & Noble pourrait être de la fête.

 

Waterstones a perdu son apostrophe (et gagné un logo pierre tombale). Dur. Il y a aussi les résultats en Irlande, qui « auraient enregistré une perte nette avant impôts de 13 millions €, après une perte de 7,9 millions € pour l'exercice 2010 ».

 

 

Bref, que des raisons de se réjouir pour le directeur général de Waterstones, James Daunt, débarqué en mai 2011 avec le nouveau grand patron Alexander Mamut, oligarque russe. Histoire de ne pas risquer une éjection, Daunt y va de sa petite pommade : « Contrairement à beaucoup de gens, je ne crois pas qu'il s'attendait à autre chose que la trajectoire que nous avons emprunté. Nous sommes dans un monde très dur, et nous avons beaucoup de travail à accomplir. Il ne s'attendait sûrement pas à des miracles »

 

Se réinventer, se moderniser, rafraîchir son image... C'est le défi de Waterstones. Daunt le concède, en tapant sur les prédécesseurs, ce qui est gratuit et efficace : « On travaille encore avec les systèmes archaïques de HMV (l'ancienne maison mère de Waterstones) et cela a considérablement ralenti notre progression ». Quant aux critiques qui sous-entendent que Waterstones ne vend des livres que dans les coins huppés d'Angleterre, Daunt les balaye avec des slogans à la hauteur du I like Ike présidentiel : « La vente au détail s'appuie sur le détail » (« Retail is about detail ») ou de la tautologie la plus savoureuse « Une bonne librairie est une bonne librairie ».

 

Plus croustillantes, on trouve dans l'interview quelques détails sur une possible entente avec Barnes & Noble pour la distribution du Nook. Tout en affirmant qu'il ne pouvait rien dévoiler à cause d'une « clause de non-divulgation », Daunt a confirmé l'information en soulignant qu'il est « évident que nous allons lancer une opération comme celle-ci avec quelqu'un ».

 

C'est une nouvelle idylle entre Waterstones et le livre numérique : « Nous devons vendre à nos clients un reader, avec une plateforme d'achat et des livres numériques, et nous pensons que tous ces achats peuvent se faire au sein d'une librairie ». Ce faisant, le directeur a fait un clin d'oeil à la structure de Barnes & Noble dont il dresse un éloge sincère. « Les classements sont bons, les lecteurs ebook sont bons, ils ont le WiFi, et si vous avez un Nook vous pouvez lire des extraits gratuitement, acheter en une seconde, et il y a toujours quelqu'un pour vous aider en cas de pépin » 

 

L'intérieur d'une librairie Barnes & Noble à Los Angeles (source: Wikipedia)

 

C'est donc le modèle des librairies Barnes & Noble qui est visé, mais James Daunt ne veut pas faire de Waterstones un simple revendeur de tablettes : « Nous voulons vendre à nos clients des e-books que nous fournissons ». Le journaliste de Publishing Perspectives suppute que Waterstones pourrait payer Barnes & Noble pour obtenir une version exclusive du Nook, avant de percevoir une commission sur chaque vente. Mais il dit aussi « On verra bien ».

 

Puis, il y a le moment que tout le monde attendait, celui où Daunt allait cracher au visage d'Amazon, ce « démon brutal et affamé d'argent ». Déception : Daunt a déploré les réductions de taxes dont bénéficiait le site de e-commerce, et sa propension à éviter les lois fiscales par des pirouettes légales. Mais il s'est surtout montré très concerné par l'avenir des bibliothèques, qu'il juge « plus importantes que Waterstones ». Il a même reconnu que « le Kindle n'était pas si mal », se corrigeant bien vite avec un « Je veux dire, c'est une expérience de lecture agréable ». Sur la défensive, on vous a dit.

Sources : Publishing Perspectives , Publishing Perspectives

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