Patrimoine et éducation > Ressources pédagogiques > Actualité

Le cours qui apprend avec vous, grâce au Big Data

Big Data, grandes questions

Le mercredi 31 juillet 2013 à 10:30:00 - 0 commentaire

Zoom moins Zoom plus Signaler erreur Imprimer Envoyer à un(e) ami(e)

12

Les Big Data sont partout, ou du moins, partout où il est possible de les « récolter ». Et aux États-Unis, terres où science et quantification s'immiscent à peu près partout, elles pourraient faire leur entrée à l'université. Une nouvelle donnée à prendre en compte dans la création d'outils pédagogiques innovants, peut-être pour plus d'efficacité alors que les budgets des universités. Mais qui pose aussi de nouvelles questions, notamment sur les tenants éthiques d'une telle technologie.

 


SciFoo 2012

jurvetson, CC BY 2.0

 

 

La dernière rentrée de l'université d'Arizona a vu le nombre d'élèves atteindre des cimes rarement côtoyées : près de 70.000 étudiants s'inscrivaient alors, tandis que la part de l'État dans le budget de l'établissement était à nouveau réduite. Le désengagement de l'État est à la mesure des difficultés économiques qu'il a rencontrées depuis près de 5 ans : depuis 2008, près de 50 % des fonds alloués ont été purement et simplement supprimés. 

 

« Il y a un nouveau flux d'individus à éduquer, qui n'avait jamais fait partie des effectifs à éduquer que nous avions auparavant » explique Al Boggess, directeur du département mathématique de l'université. Une hausse des études supérieures qui ne peut que réjouir un enseignant, mais voilà : « Les politiques nous disent "Éduquez-les. Comment ? À vous de trouver. Ah, et vos rentrées d'argent diminuent, aussi" », poursuit-il, amer.

 

Du coup, les premiers cours informatisés et surtout, évolutifs, ont été mis en place, auprès de 4.700 étudiants pour une première phase d'évaluation. Basé sur la solution proposée par la société Knewton, un système de cours en ligne a permis l'année dernière à quelque 7.600 élèves de suivre les apprentissages et indications d'une cinquantaine de professeurs. Des apprentissages évolutifs, qui, en s'appuyant sur un certain nombre de données (rapidité d'exécution, taux d'erreur, temps passé à lire les instructions...), peuvent adapter les conditions d'un exercice.

 

Quels intérêts, si ce n'est économiques ?

 

C'est autour de cette question que s'organise le débat, outre-Atlantique : pourquoi ne pas engager des professeurs, ou améliorer leur formation, plutôt que recourir à des machines pour réaliser un travail si délicat qu'il semble réservé aux humains ? Les cours ont beau être au stade d'expérimentations, leur adaptativité ne déplaît pas forcément aux étudiants, tout comme les possibilités de travail à distance qu'ils permettent. Le professeur, de son côté, s'étonne de la pertinence des informations fournies par le logiciel de traitement et son tableau de bord, qui lui permet d'être alerté le plus rapidement possible du décrochage d'un élève.

 

D'année en année, les données des étudiants pourront les suivre, et être revues à la mesure de leur réussite : un profil qui permet indéniablement de réduire les différences de traitement d'une année sur l'autre, voire même de rattraper des lacunes et de visualiser un véritable progrès. Chose plutôt rare dans l'enseignement supérieur, en raison du nombre global d'élèves, ou de leur présence en cours. 

 

Toutefois, ce type de programme, encore une fois en raison des budgets réduits des établissements, est généralement externe aux universités : « En recherchant désespérément des taxes fédérales, les législateurs nous ont désavoués en vendant les étudiants à des sociétés privées comme Pearson Education » souligne Gerald J. Conti, professeur de sciences sociales à Syracuse. Effectivement, même si les cours évolutifs présentent des avantages indéniables en terme d'individualisation des étudiants, l'effet contraire s'exerce sur les exercices des professeurs, qui doivent se plier à un certain cadre pris en compte par le programme.

 

Les contraintes imposées aux professeurs sont de nature et d'envergure diverses, mais aboutissent souvent à une notation calculée par le logiciel lui-même, ce qui ne manque de gêner la plupart des représentants du corps enseignant. À ces réticences, il faut ajouter l'avenir réservé aux données, et le cadre de leur utilisation : un étudiant mauvais dans telle ou telle matières se verra-t-il proposer l'achat d'un manuel Pearson ? La confidentialité est également au centre des inquiétudes : si un étudiant préfère passer son temps à autre chose qu'à ses révisions, pas dit que son professeur doive impérativement être au courant...

 

(via Scientific American)

Pour approfondir

photo Oury Antoine

   

Rédacteur en chef adjoint. Créateur du Juke-Books littéraire. Sensible aux questions sociales. A l'écoute sur http://www.coupdoreille.fr

 

Mots clés :
cours évolutifs - big data - données personnelles - informatique pédagogique



Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

Suivez-nous

Désinscription

Les blogs de la rédaction

La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie Carton

Présentation de l'éditeur : Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne...

Dessins littéraires

Croquis de mémoire définit bien les textes de Jean Cau de ce volume : ce sont des souvenirs esquissés, sans souci de date, de...

La logique du grain de sable: Galtier-Boissière (1891-1966) ou de l'utilité des ensablés dans les commémorations, de Carl Aderhold

Les commémorations ont ceci de paradoxal que bien loin de nous ramener à l'événement commémoré, elle nous renforce...

Livre numérique gratuit

Sondage

Les éditeurs et la promotion des livres : paroles d'auteur

 

 

 

 

 

 

 

Voir les résultats

 

© 2007 - 2014 - actualitté.com