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Esotérisme et vampires au Cimetière du Père Lachaise

Par Julien Hemlinger,Le mercredi 14 novembre 2012 à 12:40:20 - 3 commentaires

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À l'occasion du centenaire de la disparition de Bram Stoker, auteur du cultissime Dracula, Actualitté s'est armé d'une bonne dose de sang froid assaisonnée d'une pointe d'ail, afin de suivre les traces de Jonathan Harker parmi le dédale des tombes du Cimetière du Père Lachaise. À la poursuite du célèbre suceur d'hémoglobine, et suivant le guide Jacques Sirgent, la rédaction a exploré la face mordante du plus grand cimetière de Paris. 

 

Le Cimetière du Père Lachaise, ouvert officiellement le 21 mai 1804, s'étend aujourd'hui sur une surface de près de 44 hectares. Au fil d'allées verdoyantes se succèdent des tombes de personnalités célèbres (d'Oscar Wilde à Guillaume Apollinaire en passant par Jim Morrison) parmi celles de défunts anonymes. Le lieu, havre de repos en pleine capitale, attire de nombreux touristes chaque année... mais aussi une faune étrange composée de romantiques et autres satanistes, comme nous le confie notre guide.

 

 

Jacques Sirgent, héritier de Van Helsing

 

Jacques Sirgent, notre éclaireur, est auteur et traducteur, spécialiste des thèmes liés à l'ésotérisme et plus particulièrement au vampirisme. Fondateur du musée des vampires et monstres de l'imaginaire, à Paris, il vient également de publier la première traduction intégrale du classique de Bram Stoker, aux éditions J'ai lu. Une parution qui célèbre l'anniversaire en restituant le texte original, tandis que les précédentes comportaient des « contresens et des passages coupés, car jugés obscènes ou trop humanistes, ou qu'ils contenaient des jeux de mots incompris ».

 

 

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La tombe supposée du plus célèbre des suceurs de sang

Crédit ActuaLitté (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

L'écrivain semble passionné par l'oeuvre de Bram Stoker. Il explique : « Dans Dracula, ce n'est pas l'épouvante qui compte. C'est tout le reste. » Avant de partir à l'aventure, Jacques Sirgent nous rappelle que les vampires sont présents dans les croyances populaires depuis l'Antiquité, voire la nuit des temps. Selon lui certains passages bibliques en seraient la preuve. Il cite notamment des extraits du Psaume 59, attribué à David : 

 

Délivre-moi des malfaiteurs, 
Et sauve-moi des hommes de sang ! 

 

Ils reviennent chaque soir, ils hurlent comme des chiens, 

Ils font le tour de la ville.

Voici, de leur bouche ils font jaillir le mal, 
Des glaives sont sur leurs lèvres.

Ils reviennent chaque soir, ils hurlent comme des chiens, 

Ils errent çà et là, cherchant leur nourriture, 
Et ils passent la nuit sans être rassasiés.

 

Les origines du Dracula de Bram Stoker

 

Et le guide nous présente certaines des inspirations du créateur de l'immortel aux dents longues. Il raconte que Bram Stoker avait un favori parmi les poètes, l'humaniste Walt Whitman, ainsi qu'une forte inclinaison pour la veine romantique de la littérature. Mais l'écrivain s'était également laissé marquer par une figure historique du XVe siècle, le voïvode valaque Vlad III de la dynastie des Basarab, surnommé Tepes (l'Empaleur), dont Dracula allait hériter certains traits.

 

 

Vlad Tepes serait né en Transylvanie, fils de Vlad Dracul (le Dragon) qui avait mérité ce surnom de par son appartenance à l'ordre de chevalerie du Dragon Renversé. Cette institution guerrière et très chrétienne avait pour mission de repousser les invasions ottomanes aux confins orientaux du Saint-Empire. Selon la légende, le prince était impitoyable et appliquait la peine de mort à tous ceux qui risquaient de menacer sa position sur le trône de Valachie qu'il avait conquise non sans la disputer âprement à ses rivaux.

 

Et son châtiment de prédilection, l'empalement, aurait nécessité tellement de bois que les forêts du pays en auraient été défrichées. Sa fin de vie aurait été tragique... finalement tombé sur un champ de bataille, son corps fut décapité et sa tête envoyée au sultan qui en orna un pieu afin de marquer les esprits. Son tombeau est sensé se trouver au monastère de Snagov, mais Jacques Sirgent a une autre théorie sur le sujet épineux.

 

 

Un vampire enterré au Père Lachaise 

 

Selon une rumeur qui circulerait dans le cercle hermétique des adorateurs de Satan, des adeptes auraient volé le corps de l'Empaleur au début du XXe siècle, afin de le déplacer dans une tombe du Cimetière du Père Lachaise. Le spécialiste des vampires nous emmène finalement à la découverte des indices l'ayant mené à la supposée sépulture de... Dracula.

 

Parmi les allées sillonnant le cimetière, l'une d'entre elles ne comporte plus la moindre croix. Le symbole chrétien s'en trouve banni, sous les coups du temps, mais parfois aussi sous ceux de la main de l'homme, un élément plus que suspect pour l'expert en ésotérisme. 

 

C'est justement dans cette allée qu'une tombe a attiré son attention. La sépulture est attribuée à un certain Leduc, ce qui n'est pas sans évoquer un certain titre de noblesse, un rang équivalent à celui du voïvode en Roumanie. Et là, sur la grille rouillée et puis dans la pierre : parmi des traces qui ressemblent autant à de simples effets d'usure qu'à des gravures relevant d'un amateurisme primitif, pour le simple profane, Jacques Sirgent a vu la représentation de trois chauve-souris.

 

Pour l'expert, les faits sont loin d'être anodins, mais les coïncidences ne s'arrêtent pas à ces détails. La grille de fer, arbore un symbole évoquant certains mythes germaniques, un chaudron courbe qui représenterait la renaissance du Phénix. Et si l'on fait le tour du tombeau, l'on peut apercevoir un tunnel qui aurait possiblement été creusé pour se glisser à l'intérieur, ou, y glisser quelque chose. Jacques Sirgent a alors mené une enquête plus approfondie sur le monument mortuaire. 

 

Selon son investigation, le dénommé Leduc, occupant officiel de la tombe, aurait eu pour épouse une certaine dame née Waldbillig... en allemand : du bois bon marché, l'allusion à la forêt de pals ne serait peut-être pas innocente pour Jacques Sirgent. Et plus surprenant encore, des habitués du cimetière lui auraient rapporté qu'un chat momifié aurait été découvert un beau jour dans la tombe de monsieur Leduc... mystérieux.

 

 

Evènements étranges et pratiques ésotériques

 

Mais pour Jacques Sirgent la quête des traces ésotériques dans le cimetière parisien ne s'arrête pas à cette seule légende de sépulture de Dracula. Selon lui, des rituels sataniques et autres offices vaudou seraient toujours pratiqués lorsque la nuit recouvre le Père Lachaise, et notamment lors des jours de pleine lune ou de solstice. Notre guide affirme avoir lui-même découvert à plusieurs reprises des cadavres d'animaux en décomposition.

 

 

 

 

Les tombes de bébés morts en bas âge seraient molestées par des superstitieux qui espéreraient ainsi conjurer quelques mauvais sorts. Une vingtaine de croix de pierre, dont le bras droit a été volontairement cassé, évoqueraient l'un des innombrables chefs d'inculpation imputés autrefois à Gilles de Retz, alors accusé d'avoir voulu empêcher toute communication entre ses victimes et dieu en leur amputant le même bras.

 

Par ailleurs, il ne serait pas rare de découvrir sur certains tombeaux des traces de cire blanche, ou de latex, matériaux qui auraient la propriété de chasser les mauvais esprits.

 

Et autre fait cocasse que les observateurs même cartésiens auraient pu remarquer, dans le placement des tombes du Père Lachaise, il n'est pas rare de constater des proximités entre noms évoquant littéralement un même thème... pour Jacques Sirgent il s'agirait de la symbolique du vampirisme, représentée par l'eau, le sang, le cheval, la pierre ou encore le feu. Ainsi, madame Massacrée côtoie de près monsieur Couteau, tandis que la famille Robinet repose à portée des défunts Vittel et Perrier... et tant d'autres.

 

Pour ceux dont la soif n'aura pas été étanchée par l'exposé, les visites en compagnie de Jacques Sirgent se font sur réservation.

 



Réactions

Publié par Père Lachaise

 

Je ne vois pas l'intérêt de regrouper dans un seul article un tel ramassis de bêtises, et de faire la promotion d'un tel charlatan !

Écrit le 14/11/2012 à 14:41

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Publié par Susan McCrann

 

Les histoires racontées par sa mère au sujet de la Grande Famine qui endeuilla l'Irlande dans les années 1845 ont beaucoup marqué le jeune Bram Stoker. Dans l'ouest du pays, des familles entières dormaient dans les cimetières toute la journée se levant la nuit comme des morts vivants pour saigner les animaux.
L'auteur s'est également inspiré de l'oeuvre de son compatriote Sheridan Le Fanu (1814-1873)

Écrit le 15/11/2012 à 09:34

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Publié par Ludovic BIAIS

 

Cela fait déjà quelques années que le nom de Jacques Sirgent hante la littérature vampirique, pour le meilleur et surtout le pire. Je précise que je suis historien et que j'ai une prédilection pour le personnage de Dracula que j'étudie depuis une bonne douzaine d'année. Il y a des auteurs sérieux qui se sont spécialisés sur le sujet: Alain Pozzuoli, Jean Marigny, Matei Cazacu ou encore Jacques Finné à qui on doit, à mon humble avis, la meilleure traduction du roman de Stoker (et complète). Je n'ai pas lu la traduction de M. Sirgent mais à ce qu'on m'en a dit, il détourne le texte original pour mieux faire coller le roman à ses propres théories. En revanche j'ai bien lu son "livre des vampires" et tout ce que je puis dire c'est que si le désordre de cet oeuvre reflète ce que son auteur à dans son esprit, il n'y a rien d'étonnant à le voir traquer la tombe de Dracula au Père Lachaise!

Écrit le 24/02/2013 à 18:39

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