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Salon du livre de Londres : des auteurs bannis, des livres censurés

Avec comme invité d'honneur la Chine, c'est business avant tout...

Par Nathalie Gentaz,Le lundi 26 mars 2012 à 15:41:22 - 1 commentaire

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Des auteurs bannis, des livres censurés… Est-ce bien le sort du Salon du livre de Londres de cette année réservé par ses organisateurs ?  De nombreux auteurs chinois forcés à l'exil se sont indignés que le salon n'ait invité aucun auteur jugé dissident par le parti communiste chinois. Mais à leur absence s'ajoute bien une censure de toute cette littérature indépendante, dont se rend complice le salon (notre actualitté).

 

Car cette année, l'invité d'honneur est la Chine, et il semblerait que les affaires priment sur la liberté d'expression, selon le poète chinois Bei Ling, qui relance un appel à la communauté internationale dans une tribune publiée sur le site du Guardian. « Ces trois dernières décennies, au moins cent livres ont été censurés  par le gouvernement chinois » explique-t-il, « tout ça sous l'autorité du General Administration of Press and Publication (Gapp) », l'organisme qui co-organise le salon avec Londres.

 

 

 

Quelle littérature découvriront donc les visiteurs du salon à Londres ? Les critères du Gapp pour être publié en Chine sont les suivants :

  •  L'écrivain ne doit pas être considéré comme un dissident, qui critique ouvertement le gouvernement et le système politique
  •  L'écrivain ne doit pas parler de sujets interdits par le parti communiste, tels que le massacre de Tian An Men.

 

Si le livre ne respecte pas l'un de ses critères, il ne sera pas publié. Ainsi, seront absentes les œuvres de Gao Xingjian, Liao Yiwu, Ma Jian, Tsering Woeser ou encore Liu Xiabao, Nobel de la paix 2010, toujours derrière les barreaux.  Si cela semble évident, Bei Ling le rappelle : la plupart des Chinois n'ont pas accès à ces livres, ou peut-être une poignée, clandestinement, en Chine.

 

« Dans 20 ans, les noms de ces auteurs, tout comme leurs livres, seront complètement oubliés », déplore Bei Ling, « Heureusement, ces livres censurés ne sont pas laissés à l'abandon. Les écrivains figurant sur la liste noire peuvent jouir de la liberté d'expression à Taïwan ou à Hong-Kong. Des pays où ils sont publiés comme des auteurs chinois, des classiques  ».

 

Qu'en est-il de la Grande-Bretagne, dans ce cas ? Après s'être plaint auprès des organisateurs, Bei Ling a reçu une réponse : la coopération du salon du livre avec le Gapp est l'occasion pour les deux pays de créer, et saisir de grandes opportunités commerciales. C'est tout. 

 

« Je comprends que l'argent, c'est important. Mais dans le milieu du livre, ne devrait-il pas y avoir plus que les affaires ? C'est du capitalisme britannique par excellence. Quand il s'agit d'affaires, la liberté d'expression est mise de côté », a-t-il conclu. 

Pour approfondir



Réactions

Publié par philippe

 

Lamentable...

Écrit le 27/03/2012 à 10:16

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