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Autour des réseaux sociaux, des points de rencontre avec les livres

Quitte à chercher, autant trouver

Le lundi 26 mai 2014 à 16:07:46 - 0 commentaire

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ActuaLitté avait publié l'an passé un vaste dossier autour des réseaux sociaux du livre, que l'on peut retrouver ça et là sur la toile. Cette enquête de sociabilité démontrait tout l'attrait non seulement pour les internautes, de ces sources de recommandations de lecture, mais également pour les libraires et les éditeurs. « Pour un lecteur, le réseau social devient un nouvel espace de découverte, de prescription et d'échanges interlecteurs. Est-il possible que s'opère un effet de vases communicants entre recommandations de lecteurs et de libraire, comme le soutient Entrée Livre - qui a fait reposer son modèle sur ce principe ?  » Lettres numériques a sollicité Louis Wiart, formateur au PILEn, pour lequel il a dernièrement rédigé un article, et doctorant à l'Université Paris XIII où il prépare une thèse consacrée aux réseaux socio-numériques de lecteurs, nous en dit plus sur le sujet.

 


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Julien Lozelli, CC BY 2.0, sur Flickr

 

 

Avec Lettres numériques

Les réseaux sociaux de lecteurs ont de plus en plus de succès auprès des internautes. L'arrivée du livre numérique a-t-il eu un impact sur l'évolution de ces outils de prescription, véritables opportunités à saisir pour les professionnels du livre ?

Quelques éléments de réponse avec Louis Wiart.

 

Vous êtes formateur au PILEn. Selon vous, quels sont les acteurs du livre les plus demandeurs de ce genre de formations et comment réagissent-ils face à cette nouvelle forme de visibilité, de prescription qui émane des lecteurs ?

Ces formations intéressent surtout les maisons d'édition, que ce soit dans le domaine de la fiction ou dans la mise en place de réseaux spécialisés comme par exemple pour la BD. Les bibliothèques sont également présentes sur les réseaux de lecteurs car certains sites louent leur contenu, c'est-à-dire que lorsqu'une critique est postée, elle se retrouve aussi sur le catalogue de la bibliothèque. Les auteurs, quant à eux, agissent avant tout par le biais des éditeurs en proposant par exemple des séances de chat ou des interviews en ligne.

 

Concernant les libraires, c'est plutôt via des plateformes comme Amazon ou Decitre que la fonction de prescription est assurée. Les réseaux sociaux de lecteurs existent, pour certains, depuis une dizaine d'années déjà. Quelques acteurs du livre sont donc familiers de ces sites alors que d'autres sont curieux et désireux de prendre part au phénomène. D'autres encore restent méfiants.

 

 

Quels sont justement les risques de ces réseaux (commentaires négatifs, biaisés, etc.) ? N'y a-t-il pas des dérives ?

Selon les responsables de réseaux que j'ai pu rencontrer et interroger, les commentaires négatifs sont plus rares que les commentaires positifs. On a peut-être peu l'occasion de lire un livre qui nous déplaira totalement en raison de l'engagement et du temps que l'activité de lecture implique.

 

Quant à la question des commentaires biaisés, il ne fait aucun doute que les réseaux sociaux de lecteurs sont régulièrement confrontés à des tentatives d'autopromotion, c'est-à-dire à des personnes qui cherchent à mettre en avant leurs propres livres en rédigeant des critiques favorables. Je sais qu'il existe même des agences spécialisées dans la rédaction de faux commentaires, pratique plutôt courante dans le domaine de l'hôtellerie et de la restauration, mais dont l'existence était plus discrète dans le domaine culturel. Pour contourner ces difficultés, des mécanismes de modération sont mis en place.

 

 

Comment les professionnels du livre peuvent-ils concrètement prendre part à ce processus de plus en plus répandu ?

Un certain nombre de maisons d'édition possèdent leur propre réseau. MyBoox, qui est une sorte de magazine littéraire adossé à une communauté de lecteurs, est une initiative d'Hachette, tandis que dans le monde anglophone, Bookish, qui a récemment été revendu à la librairie numérique Zola Books, a été lancé au départ par Hachette, Penguin et Simon and Schuster.

 

C'est vraisemblablement dans le secteur de la littérature pour jeunes adultes que les initiatives d'éditeurs sont les plus nombreuses, sans doute en raison du profil du lectorat, par définition plus jeune et souvent plus engagé dans les médias numériques. Citons les cas de Lecture Academy (Hachette), Wiz (Albin Michel), A blog ouvert (Univers Poche), Lire en série (Michel Lafon), Livre attitude (Rageot), avec toujours l'idée d'organiser une communauté autour de son catalogue. 

 

Sinon, pour les autres, il y a des possibilités d'intervention au niveau de la publicité (affichage, concours, jeux, sponsoring, previews, etc.), du service presse (éditeur qui envoie des livres aux internautes pour qu'ils rédigent une critique) et des opérations spéciales (par exemple, « La Voie des indés » de Libfly qui est consacrée, à chaque rentrée littéraire, à la petite édition indépendante).

 

 

Quels genres sont les plus plébiscités sur les réseaux sociaux de lecteurs ?

Tout dépend du réseau que vous choisissez. Il y a d'un côté les réseaux généralistes qui se focalisent sur la littérature de fiction où les genres comme le polar, la science-fiction et la fantasy sont bien représentés mais également les classiques prescrits à l'école ou encore les livres liés à l'actualité littéraire. De l'autre, il y a des réseaux plus spécialisés par exemple dans les domaines de la BD, du manga (Manga Sanctuary) ou de la littérature pour jeunes adultes.

 

 

Le livre numérique a-t-il eu un impact sur ces réseaux ?

Les premiers réseaux sociaux de lecteurs sont apparus à partir de la fin des années 1990 et du début des années 2000, avant même qu'un marché du livre numérique commence à émerger (Critiques Libres, Zazieweb, BdGest, L'agora des livres, Coin BD). Au fur et à mesure, d'autres plateformes ont été lancées (Babelio, Sens Critique, Booknode, Livraddict, Entrée Livre, etc.), proposant des outils plus nombreux et plus complexes, le plus souvent articulés autour de systèmes de contacts.

 

Aujourd'hui, des passerelles entre réseaux sociaux de lecteurs et livres numériques sont développées. Certains sites web permettent de lire directement des livres numériques (Lecteurs, Goodreads) ou d'en acheter (MyBoox dispose d'un ebook store). Des contenus peuvent également circuler entre les plateformes (sur Shelfari, on retrouve les passages les plus surlignés dans le Kindle par exemple), tandis que des outils de lecture sur écran intègrent des fonctionnalités sociales, que celles-ci soient insérées dans des liseuses (Kobo, Kindle) ou dans des applications disponibles sur tablette ou smartphone.

 

Signalons que depuis son rachat par Amazon l'année dernière, Goodreads est maintenant directement accessible depuis le Kindle. Il existe aussi des plateformes comme Open Margin ou Book Shout qui organisent des communautés autour du livre numérique à partir d'outils qui permettent d'annoter et de surligner des ebooks, mais aussi de partager ces activités et de suivre celles d'autres membres.  Des points de rencontre se mettent donc en place entre commerce numérique, lecture numérique et prescription numérique, notamment sous l'impulsion d'acteurs qui sont présents à ces différents niveaux de la chaîne de valeur.

Pour approfondir

photo Lettres numériques

   

Toute l'actualité du livre numérique en Belgique francophone et ailleurs.

 

Mots clés :
réseaux sociaux - recommandations de lecture - connexions entre lecteurs - fiches de livres



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