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Baromètre : mécontentement croissant des auteurs face aux éditeurs

La Scam et la SGDL, messagers d'un triste message

Par Adrien Aszerman ,Le lundi 12 mars 2012 à 17:34:34 - 0 commentaire

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Sur 1145 écrivains interrogés en partenariat avec la SGDL, la majorité exprime encore une satisfaction dans leurs relations avec les éditeurs. Mais le nombre de mécontents progresse.

  

Alors que 71 % des auteurs se déclaraient satisfaits de leurs éditeurs en 2011, ils ne sont plus que 61 % en 2012. 31 % se disent même insatisfaits, contre 22 % en 2011. 8 % vont jusqu'à estimer ces relations conflictuelles (6 % en 2011).

 

L'étude observe que le degré de satisfaction reste globalement plus élevé chez les auteurs de livres universitaires, professionnels ou scolaires et au plus bas chez les auteurs de littérature générale et de livres jeunesse.



 

Selon l'étape de la relation, le résultat de l'enquête va également différer : un peu plus de la moitié des auteurs sont satisfaits des contrats proposés par l'éditeur et de la collaboration sur le travail de création (55 % et 57 %), mais la majorité est également critique au sujet de l'exploitation commerciale par l'éditeur (63 %) et de la communication et de la promotion des livres effectuées par l'éditeur (66 %).

La note moyenne de satisfaction, toutes étapes confondues, tombe ainsi à 5,3 sur 10.

 

Concernant le taux de rémunération, il est majoritairement inférieur à 10 % du prix public HT, pour 60 % des auteurs interrogés. La fourchette de 8 % à 10 % concerne 54 % des auteurs. 31 % sont à 10 % pile, 9 % sont au-dessus et 13 % sont au-dessous de 5 %.

 

Alors que leur degré de satisfaction de leurs relations avec les éditeurs est inférieur à la moyenne, les auteurs de littérature générale ont pourtant le meilleur taux de rémunération, tandis que la rémunération est globalement moins élevée pour les livres universitaires et les livres illustrés.


 

Constat édifiant de l'étude, moins de la moitié des auteurs seulement reçoivent des redditions de comptes de la part de leurs éditeurs, malgré une obligation légale pour ces derniers. 49 % de ceux qui les reçoivent ne les trouvent pas claires et/ou pas complètes (55 %). 94 % sont donc favorables à la mise en place d'un système qui permettrait une reddition simple et exacte, fondée sur les sorties de caisse des librairies.

 

Tout aussi frappant, le fait qu'un seul auteur sur 4 a eu connaissance d'une traduction de ses livres à l'étranger sans en avoir été informé par l'éditeur, même si le chiffre est stable depuis 4 ans. Un auteur sur 4 (contre un sur 3 en 2011) n'a pas été informé de la mise au pilon d'un ou plusieurs de ses livres.

 

 

 

 

Après l'édifiant l'étonnant : selon le Baromètre SCAM/SGDL, 63 % des contrats ne comportent pas de clause numérique, et seuls 18 % des contrats anciens sont assortis d'un avenant. Le nombre de contrats spécifiquement numériques est qualifié « d'anecdotique ». Des chiffres démentis par Antoine Gallimard lors du débat, qui estime à 90 % le nombre de ses auteurs qui ont signé, pour la nouveauté, un avenant numérique.

La majorité des contrats ne comportent pas de clause numérique (63 %) et les éditeurs ne font guère signer d'avenants sur les contrats anciens (18 % des contrats seulement). Ces chiffres sont surprenants compte tenu du discours par ailleurs volontaire des éditeurs sur le numérique. Faut-il y voir un certain attentisme des éditeurs vis-à-vis du résultat des travaux actuels du CSPLA sur le contrat d'édition numérique ou une lecture trop rapide des contrats par les auteurs dans lesquels les éléments relatifs à l'édition numérique et à l'édition imprimée sont souvent mélangés ? Quant au pourcentage de contrats spécifiquement numériques, il est encore anecdotique aujourd'hui.
La rémunération pour l'exploitation numérique se situe majoritairement au-dessous de 15 % (60 % des réponses des auteurs), avec toutefois une proportion importante (19 %) présentant un taux de 50 %, mais sur une assiette qui n'est plus celle du prix public du livre.
De manière générale, les éditeurs proposent pour l'édition numérique un partage des droits équivalent à celui de l'édition imprimée.
La Scam et la SGDL dénoncent cette pratique, qui conduit à une baisse importante des revenus des auteurs (le prix du livre numérique
étant inférieur d'environ 35 % à celui du livre imprimé), et regrettent que la question n'ait pas pu être abordée dans les négociations entre auteurs et éditeurs. Elles appellent les auteurs à la vigilance sur ce point important du contrat numérique.

 

La SCAM et la SGDL appellent à une « vigilance renforcée » sur le « contrat numérique », appelé à se développer, mais qui pour l'heure prévoit un partage des droits équivalents à celui du livre imprimé alors que le prix du livre numérique lui est inférieur de 35 % en moyenne.

 

Une conférence présentant ce 4e baromètre des relations auteurs-éditeurs sera ouverte au Salon du livre de Paris, le vendredi 16 mars, à 11h, à Place des auteurs. Elle reprendra les conclusions rapportées ici. (à télécharger sur le site de la SCAM)

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