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Beigbeder : le livre numérique, une catastrophe qui se profile

Et vive les réactionnaires conservateurs collectionneurs de papier, évidemment !

Par Nicolas Gary,Le lundi 07 mars 2011 à 12:17:48 - 8 commentaires

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On le sait assez peu chaud à l'égard du livre numérique, le père Beigbeder. A deux reprises, déjà, il a publié son avis sur la question dans le magazine Lire, faisant plutôt preuve d'un conservatisme suranné que de la vocation première de l'écrivain : explorer.

« O mon âme, n'aspire pas à la vie immortelle, mais épuise les champs du possible », clamait Pïndare qui n'avait pas d'avis sur le livre numérique, mais une verve assez fantastique. Qu'aurait-il pensé du conservatisme auquel aspire Frédéric Beigbeder, qui, drapé de son vêtement de croisé, lutte en bon dilettante contre l'arrivée de l'ebook ?

Vive les conservateurs (et les édulcorants?)

Dans une interview accordée au journal des aréoports de Paris, l'écrivain récidive : « Une nouvelle catastrophe se profile, le livre numérique, qui menace l’existence de l’objet livre, celui-là même inventé par Johannes Gutenberg il y a six siècles. Bret Easton Ellis prédit que le livre n’a plus que cinq ans d’existence devant lui. J’espère qu’il se trompe et qu’il y aura toujours des vieux réactionnaires pour collectionner les livres en papier. »

Assurant qu'il n'a rien contre la lecture sur écran qui permet de « vivre une véritable expérience de lecture multimédia » (les textes ne sont pas encore au rendez-vous...), autant que l'essor du numérique « donnera sans doute naissance à de nouvelles formes de littérature », Beigbeder confirme que c'est bien le changement qui le tétanise mollement. Prenant l'exemple de Don Quichotte ou de Proust, il estime que la lecture de ces oeuvres n'est pas possible sur iPad, par exemple. « Il n’y a que sur papier que l’on peut avancer, au bénéfice des pages qui se tournent, dans cette conscience enchevêtrée qui dissèque l’amour de façon si maniaque. »

Doit-on argumenter ? Probablement pas. Libre à chacun de faire son expérience de la lecture numérique et de l'adopter, en complément ou en substitut de la lecture sur papier, ou de la rejeter complètement. Et puis, liberté d'expression, et toutes ces sortes de choses, évidemment.

Mais il est amusant de constater combien les propos du Beig sont proches de ceux qui défendent ardemment la lecture numérique, tentant de faire en sorte qu'il leur soit possible de lire comme bon leur semble.

Droit de lire comme je veux ?

« Depuis toujours, je suis fasciné par la littérature, car le fait de lire donne accès, dans un effort de solitude, de silence, à quelque chose de supérieur que ne fournissent pas la consommation, l’immédiateté, la vitesse. Je persiste à penser que la littérature peut sauver le monde », précise Frédéric.

C'est là que le bât blesse : s'il n'y a pas d'extrémisme dans la lecture numérique (pas encore ?), il existe une levée de boucliers notable contre elle. Et alors même que dans un cas comme dans l'autre, on parle de littérature, il semble presque patent pour ses détracteurs que la seule véritable soit celle qui jouit de l'imprimé. Plutôt que d'entretenir le clivage - et avec, les inimitiés - ne serait-il pas préférable de permettre à chacun de lire comme bon lui semble ?

Parce que d'ici quelques années, en dépit des croyances de Frédéric Beigbder, le livre numérique occupera une place première. Et l'on découvrira toujours des livres.

Mais au fait... les livres de Beigbeder disponibles en ePub, cela ne le choque pas ? Ou est-ce à dire que ses livres ne sont pas de cette littérature ?

Retrouver les articles Beigbeder et l'ebook

Sources : , , ,

Pour approfondir

Mots clés :
beigbeder - ebook - numerique - catastrophe



Réactions

Publié par agnes

 

1) vous vous êtes téléporté dans le temps pour prédire que d'ici 5 ans le livre numérique aura supplanté le livre papier ?
(j'avais déjà entendu cette préidiction en 2000, nous sommes en 2011 et rien de tel ne s'est produit...).
2) Beigbeider ne dit pas qu'il est réfractaire au livre numérique, il dit qu'il est opposé à la disparition du livre papier ! j'imagine que cela ne le gêne pas du tout, bien au contraire, que ses propres romans soient également publiés sous format numérique !

Écrit le 07/03/2011 à 12:48

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Publié par Manu

 

Le problème est plutôt : le livre numérique ne vas t il pas tuer le livre papier ?
La réponse, à mon sens est : non.

Écrit le 07/03/2011 à 14:22

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Publié par g@rp

 

Et on recommence : "livre papier", "livre numérique"... Bon sang, et le contenu ?
Il y a des daubes en papier (j ai les noms) et des daubes en numérique (j ai les noms aussi, mais on les voit et entend moins que leurs homologues de papier). Le soi-disant combat papier vs numérique est donc un faux combat. Que chacun s'attache au contenu, selon ses gouts de lecteur.
Pour le contenant, rien n'empêche de cumuler les deux pour une lecture sans interruption et avec confort.
Maintenant, si l'on souhaite expérimenter une nouvelle lecture, ou plutôt une nouvelle "mise en pages", il y a de belles prouesses techniques à découvrir.
Prouesses techniques.
Une fois ébloui, le lecteur va s'attacher à quoi ?
Au contenu.

PS @ Agnès : relisez l'interview. C'est le Beig qui cite B.E.Ellis a propos de la fin du livre papier. Pas l auteur de l article qui prédit.

Bonne journée

Écrit le 08/03/2011 à 05:32

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Publié par kilitout

 

C'est toujours la tempête dans un verre d'eau ! Petit rappel salutaire : le livre numérique, en France, représente à peine 1% du marché, et si un débat sans fin semble agiter le landerneau littéraire, c'est tout bêtement qu'il se trouve quelques monstres (Apple, Google, Sony, Amazon et consorts), qui aimeraient bien croquer la part des petits nains de la création : Albin Michel, Gallimard, Seuil, et autres. Autant d'archaïques conservateurs réactionnaires qui ne comprennent rien à la magie des machines qui transforment les aéroports en "aréoports". Le numérique, c'est l'avenir de la culture, la preuve !

Écrit le 08/03/2011 à 05:38

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Publié par Liliane GENIN-MUCHERY

 

Durée de vie de ce support numérique ??? Si l'on compapre la durée de vie des photos argentiques et les photos numériques depuis 25/30 ans, quelles sont les mieux conservées ??? C'est un support comme un autre ? Oh la belle bibliothèque en platique !

Écrit le 08/03/2011 à 10:17

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Publié par g@rp

 



Comme un autre, je n'irais pas jusque-là. Avez-vous essayé de transporter votre bibliothèque dans votre poche ? (exemple éculé, je sais, mais je le trouve parlant)
Durée de vie ?
Durée de vie d'un support papier ?
(autre débat éculé, je sais, mais a priori certains l'ignorent encore)
Arrêtons de taper sur l'un et l'autre des supports.
Qui aime lire (et j'en suis, et pas qu'un peu) trouve son bonheur dans ces deux supports, et peut donc lire davantage encore.
Et, curieux de nature, découvrir des auteurs autres que ce qui inonde les tables des grandes surfaces du livre. À croire que seuls les éditeurs indépendants (pour le support papier) et les éditeurs numériques sont les rares à encore oser dénicher de nouvelles voix.
Et mes yeux s'en réjouissent.

Écrit le 08/03/2011 à 20:41

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Publié par Arnonyme

 

Réfléchissez deux secondes avant de défendre aveuglèment le numérique. Les auteurs qui vivent de leur plume ne sont déjà pas légion. La situation empirera lorsque les oeuvres numérisées seront disponible au téléchargement et inévitablement... au piratage. Qui paiera pour un livre disponible gratuitement en torrent ou sur emule? Ce n'est pas la mort du livre papier qui se profile, c'est celle de l'écrivain professionnel.

Écrit le 09/03/2011 à 16:47

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Publié par JF

 

Beigbeder a précisé dans l'interview que ses livres ne sont pas dispo en numérique, sinon ce sont des versions pirates.

Écrit le 14/09/2011 à 18:12

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