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'Chacun d'entre nous a une dette envers les livres' (Hollande)

Le président de la République s'adressait aux acteurs du monde du livre.

Le mardi 19 mars 2013 à 19:06:32 - 5 commentaires

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Ce soir, le Président François Hollande recevait les acteurs du monde du livre pour une conférence spéciale, liminaire à l'inauguration du Salon du livre de Paris. « Chacune et chacun d'entre nous a une dette envers les livres », explique-t-il en forme d'introduction. Affirmant que les livres sont les prophètes des crises « avant qu'elles ne surviennent », le président a fait une véritable déclaration d'amour... à la profession.

 

Le président aura déployé l'argumentaire classique, pour séduire le parterre de professionnels réunis : de la barbarie qui brûle les livres en passant par « notre devoir à tous de rendre accessibles les livres », il n'a pas raté sa cible. Mais en termes de mesures, tout le monde restera sur sa faim. Évoquent le « rapport particulier de la France » avec le livre, terre de liberté, le résident tient cependant à rassurer : « je connais vos inquiétudes », promet-il.

 

 

 

 

Et d'assurer que si le papier n'est plus le mode unique de lecture, il ne faut pour autant pas avoir peur du numérique. Un format qui aujourd'hui reçoit les mêmes critiques que le livre de poche en son temps, rappelle-t-il. « Le livre numérique peut aussi être une chance.» On n'en saura pas plus sur le fond de sa pensée cela dit.

 

Le président soulignera également l'incidence de la loi Lang et l'aide qu'elle a apportée au secteur : « Elle a sauvé pour un temps le monde du livre. » Ce modèle, la loi fixant par le truchement de l'éditeur un prix unique de vente des livres, sans remise possible, possède d'ailleurs son pendant pour le livre numérique ajoute le président. Mais quand il parle de la contestation de l'Europe, on se demande s'il ne confond pas prix unique du livre et taux réduit de TVA, point sur lequel la Commission européenne a lancé une procédure d'infraction contre la France et le Luxembourg. 

 

Le président salue également le succès de la mission Sirinelli, qui a permis de faire aboutir les négociations entre le SNE et le CPE, sur le contrat d'édition. À ce titre, rendez-vous est donné demain dans les locaux de la rue de Valois : les représentants des associations professionnelles s'y retrouveront pour signer officiellement les accords.

 

 

 

 

Parmi les faits plus concrets, le Président soulignera l'engagement d'Aurelie Filippetti en faveur d'un rapprochement entre librairies et bibliothèques. Des bibliothèques saluées pour leur travail et leur rôle de « premier passeur » dans le monde du livre.

 

Pour la librairie, pas d'annonce foudroyante, et pas d'annonce du tout en fait. Si « la grande distribution ne doit pas être opposée à la librairie indépendante », le président souhaite malgré tout lutter contre « toutes formes de concurrence déloyale. Que les prédateurs ne bénéficient pas d'une fiscalité avantageuse ». Il faudra s'en contenter pour l'heure sachant que selon les derniers bruits de couloir, le fameux plan pour les librairies de la ministre de la Culture pourrait ne pas être intégralement présenté au Salon du Livre de Paris.

 

Reste que la politique globale doit aller « bien au-delà d'une politique du livre. La lecture est une discipline et donc un apprentissage qui se transmet ». La lecture, cette « école de patience et de silence, des vertus rares dans notre monde contemporain », que double d'une responsabilité forte,  un « devoir que de donner aux enfants envie de lire ».

 

Les arguments ne manqueraient pas, pour inciter à lire. Et de citer Michel Tournier : « lisez, lisez, cela rend intelligent. »

Pour approfondir

photo Gary Nicolas

   

Directeur de la publication de ActuaLitté. Homme de la situation.

 

Mots clés :
François - Hollande - discours - livre



Réactions

Publié par Julien

 

Peu de décisions semble-t-il, mais tout de même, un président qui salue le rôle du livre, même si c'est en termes convenus, cela change du mépris de son prédécesseur !

Écrit le 20/03/2013 à 07:50

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Publié par ACA75

 

Oui "président", lisez, lisez, ça rend intelligent. Y a du boulot au sommet de l'Etat.

Écrit le 20/03/2013 à 09:23

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Publié par Aldus

 

On semble bien loin des voeux pieux de la campagne présidentielle pour la valorisation de la librairie indépendante...
http://www.actualitte.com/librairies/francois-hollande-s-engage-avec-les-libraires-independants-30731.htm

Écrit le 20/03/2013 à 09:26

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Publié par nomades

en réponse à Julien  

Julien @ Vous avez tout faux, car vous semblez, volontairement avoir oublié que, lors de la campagne présidentielle, FH s'est vanté de n'avoir pas le temps de lire, et surtout jamais de littérature, ceci dit avec une certaine désinvolture, limite méprisante vis à vis de la littérature en générale. En outre son prédécesseur avait un ministre de la culture d'un autre calibre, hautement plus compétent en la matière. Qu'on se le dise !!!

Écrit le 20/03/2013 à 10:11

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Publié par Ouliposucion

 

Evidemment, un discours présidentiel suscite le démarrage d'un article. Pourtant qu'y a-t-il de pire que les vaines phrases de Hollande, ses promesses transparentes et aussitôt oubliées que dites, et surtout ceux qu'il méprise de son silence bonhomme, les auteurs.
Après son laïus au Crif pour soutenir le pire de la politique US, il a continué sur sa lancée.

On peine, à trouver quelque semblant de critique, dans cet article. Comme, par exemple, rappeler que dans l'accord SNE/SCAM la rémunération des auteurs papier ou num n'est jamais mentionné. Tout ça doit rester le fait du Prince, un accord contractuel entre l'éditeur et l'auteur en position de quémandeur, alors que c'est lui qui fait le plus dur, le plus long et l'essentiel.
Il ne viendrait à personne l'idée de proposer une loi qui fixerait par exemple à 10% le tarif de rémunération minimal obligatoire des auteurs papier, et 40% pour le num. Il ne viendrait pas non plus à l'idée de cette faune éditeurs/politique de taxer les produits fournis par les multinationales - Amazon et autres - étrangères. Il ne viendrait pas non plus à l'idée de ces gens de fric de taxer les grosses cavaleries éditoriales, les grands machine à papier et à fric pour soutenir la petite édition.
Il ne viendrait enfin pas à l'idée de Gary et autres journalisses de proposer des idées qui réglementent ainsi cette situation anarchique tout à fait jouissive pour les machines du marché et cette pseudo-élite qui s'engraissent et nous ment.

Écrit le 21/03/2013 à 09:59

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