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Colère des libraires, contre Pottermore ou Rowling l'infidèle
Vilaine !
Par Nicolas Gary,Le vendredi 24 juin 2011 à 09:27:00 - 2 commentaires
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Les Éditions Gallimard jeunesse nous avaient fait part hier de leur contrariété. « Nous ne savons absolument pas comment cela va se passer. Nous n'avons pas encore été contactés par l'agent de J.K. Rowling. Ce partenariat annoncé [NdR : entre Rowling et ses éditeurs historiques] est complètement mystérieux, et nous ignorons ce qui va en advenir. Et évidemment, l'exclusivité nous pose problème. » Mais les libraires l'ont encore plus mauvaise... (notre actualitté)
L'autoédition façon Rowling
Avec Pottermore, c'est un canal de vente unique que la maman d'Harry met en place : ce sera le seul endroit où l'on pourra acheter livres numériques et audio, à compter d'octobre. Et si son éditeur anglais, Bloomsbury, récupérera manifestement une partie des bénéfices, les libraires sont complètement exclus de la chaîne.

Chez Waterstone, libraire anglais, la réaction est vive. « Nous sommes déçus que, ayant été des facteurs-clefs dans la croissance du phénomène Harry Potter depuis la publication du premier livre, le marché soit effectivement exclu de la commercialisation de l'édition tant attendue des versions numériques. » (via The Bookseller)
Et la cloche résonne partout avec le même son. Pour WH Smith, c'est une décision « décevante », et l'on espère pouvoir profiter des ventes de livres physiques que ce nouveau lancement impliquera... peut-être. Et l'on se rassure comme on peut, en se disant que l'essor du numérique profitera peut-être au papier...
Pour Tom Hunt, libraire indépendant, du Children's Book Centre situé à Norfolk : « C'est une nouvelle folie du monde de l'édition numérique qui ne soutient pas les libraires ayant vendu les livres », quand ils étaient en format papier.
Le livre-web, ou le web-livre
Rappelons que Pottermore sera le plus grand livre augmenté du monde, finalement, puisque le site internet proposera de redécouvrir l'ensemble de l'aventure Potter, en incarnant un personnage, sous la forme d'un avatar, qui aura pour mission de rentrer dans l'une des maisons de l'école Poudlard. Projet large et ambitieux, évidemment.
C'est là, plus encore, que les libraires peuvent sentir sur leur échine, le tranchant de la guillotine. Si d'un côté, il leur est impossible de vendre des ebooks, ils ne toucheront pas le moindre denier non plus dans l'activité de Pottermore. Finalement, les éditeurs historiques de Rowling seront moins touchés encore que les libraires, pourtant défendus corps et âme par J.K. voilà encore quelques années.
L'élément Amazon
Ce que Rowling pourrait également bouleverser, c'est la politique commerciale d'un certain Amazon. Les fichiers numériques des livres seront commercialisés en EPUB et pour le lecteur ebook, Kindle. Sans qu'Amazon ne touche de commission sur la vente, puisque l'on ne passera pas du tout par la boutique du cybermarchand. Et que la marque Rowling, face à celle d'Amazon reste la plus puissante. Interdire la possibilité de lire les fichiers sur son appareil reviendrait, pour Amazon, à se tirer une balle dans le pied - en terme de charisme, Rowling dépasse allègrement Jeff Bezos. Alors, les rumeurs reviennent qui parlaient du support de l'EPUB - ce format presque miraculeux de l'ebook - pour le Kindle, chose jusqu'à lors impossible. On parlait dans un premier temps d'un accord en fin d'années entre les bibliothèques et Amazon, pour permettre de lire les fichiers empruntés, sur le Kindle. Avec la possibilité que ce soit enfin l'ouverture vers le format EPUB. (voir Paid Content)
Mais plus important encore, avec Harry Potter et ses 400 millions de livres vendus, c'est une nouvelle ère pour l'ebook qui commence. Peut-être qu'une fois de plus, Rowling va révolutionner l'édition...
Pour approfondir
Mots clés :
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ebooks
Publié par hoho
Je ne vois pas en quoi c'est un problème pour Amazon...
JKR est loin d'être représentative de l'ensemble des auteurs. Si elle peut se passer d'une plate-forme de distrib tierce, je doute fortement que ce soit le cas de tous les auteurs vendus sur Amazon.
Il suffit, de regarder ce qui se fait sur la branche commerce électronique. Dell ou Apple ont leurs propres boutiques online et pourraient se passer d'Amazon. Pas les fabricants plus petits.
Pourtant Dell et Apple on compris qu'ils pouvaient augmenter leurs ventes, en étant distribués sur Amazon.
Je mettrais ma main à couper que JKR, qui avait déclaré un NON ferme à l'ebook, finira par s'y trouver aussi.
Publié par Luche
Moi je me pose une question quant aux traductions.
La version numérique des livres que J.K. Rowling mettra sur son site sera forcément en anglais puisque ce sont généralement les maisons d'édition de chaque pays qui font traduire le livre dans leur langue. Donc Rowling ne détient pas ces traductions.
Or son livre est l'un des plus traduit au monde, si elle se limite au public anglo-saxon pour vendre ses livres numériques, Pottermore ne s'adresse alors qu'à une toute petite part des lecteurs d'Harry Potter.
Alors qu'est-ce que Rowling prévoit pour les versions traduites ?
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